Bien mais bon, il faudrait quand
même arrêter avec ce préjugé : « pour être à l’abri des tentations,
il faut être à l’abri des besoins ». La corruption est une affaire d’éthique
personnelle. Je vous assure que vous pouvez me proposer tout l’or du monde, ce
n’est pas cela qui influencera ma décision. Je choisis déjà les entreprises
avec lesquelles je travaille. Et fort heureusement, il existe encore d’autres
personnes incorruptibles. De moins en moins, certes, car il est vrai que l’argent
est élevé au rang de valeur ultime pour beaucoup. Généralement ceux qui en ont
déjà beaucoup. Je dirai donc qu’au contraire quelqu’un qui est l’abri du besoin
est plus sujet à la tentation. Car le besoin appelle le besoin, comme une
drogue. Qu’en pensez-vous ?
Maintenant, à quoi sert un député
aujourd’hui ? Il faudrait peut-être se poser la question, non ? Les
décisions majeures ne se prennent-elles pas à Bruxelles ? Quand Sarkozy
dicte, tous les députés UMP écrivent. On ajoute sans arrêt des centres de
décision sans jamais en ôter une seule. Au final, tout cela coûte cher et
paralyse le pays. L’Etat, les politiques et les banques captent toute la valeur
ajoutée. Les voilà les responsables de la situation actuelle.
Alors, voici une idée. Des
députés temporaires sont tirés au sort parmi le peuple. Ils ont pour mission d’étudier
une loi proposée par une initiative populaire. Ils sont encadrés par des
juristes et reçoivent une formation contradictoire de plusieurs experts. Le
temps qu’ils étudient cette proposition de loi, ils sont mis à l’écart, comme
les jurés d’assise. Ils ne peuvent avoir de contact avec les lobbys. Au total :
corruption impossible, des lois qui collent à la volonté du peuple, une
participation de tous à la vie de la cité ; impossibilité pour des
associations (bilderberg and co) d’infiltrer les milieux politiques grâce au
tirage au sort. Et des citoyens qui gagnent bien leur vie pendant un petit
moment. Aux sceptiques, je dirai que quand David Douillet est député, tout le
monde peut le devenir. Quand on voit la tête de vainqueurs de nos
parlementaires, on se dit que tout le monde peut y arriver.
Pour un autre monde, osons la
pensée latérale (dixit Edward de Bono), que la démocratie représentative, celle
des représentants corrompus, prenne fin. Vivent les citoyens décomplexés.