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Commentaire de finael

sur Les forçats de la terre


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finael finael 19 décembre 2009 12:22

L’une de mes soeurs a commencé par être agricultrice. En Bretagne (mariée à un breton), productrice de lait.

Puis sont venus les quotas laitiers.

Après 10 ans de labeur acharné, endettée jusqu’au cou (les 40 ha avaient été achetés grâce à un prêt du Crédit Agricole), la ferme a fait faillite (et rachetée à très bas prix par le même Crédit Agricole).

C’était, tous les jours, levée à 5 heures. Pas de dimanches et fêtes ni de vacances quand on est éleveur !

Elle a repris des études, devenue « technicienne agricole » (4 départements à couvrir, sans paiement des déplacements). Puis elle a enseigné dans les lycées agricoles.

A 51 ans elle est physiquement détruite ... et pratiquement sans ressources.

Que ne raconte-t-on pas sur le « monde agricole » qui n’existe pas : Il y a un fossé entre les grands céréaliers ou bettraviers et les « petits paysans », toujours moins nombreux (les enfants ne veulent pas de cette vie).

Attardés ces derniers ? Ils communiquent presque tous par Internet, tentent de « nouvelles cultures » spécialisées, développent le « bio », tentent de préserver la nature dans laquelle et par laquelle ils survivent.

Quant aux anciens ... aucun ne fait partie des fortunes acquises par le marché noir (pratiqué par toute la population), par contre les commerçants ...

Il ne faut pas oublier les réquisitions - et le pillage !

Ma mère, et elle n’est pas la seule, a dû la vie au fait d’être cachée par des paysans, je te conseille, Guy, de revoir « le chagrin et la pitié » qui remet bien les choses à leur place.

Quand je parcours ce fil, je ne lis qu’idées reçues, clichés et âneries de gens ne connaissant strictement rien du monde agricole, de gens qui n’ont jamais mis les pieds dans une ferme, et qui n’y ont encore moins travaillé !


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