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Accueil du site > Actualités > Société > Les forçats de la terre

Les forçats de la terre

Qui s’intéresse encore à eux, à ces paysans si loin de la grande consommation, du luxe, de la fringue et du spectacle ? De « tout ce qui fait le monde » pour reprendre un air à la mode….
 Eux, par définition, si loin de ce parisianisme qui les ignore quand il ne le méprise pas, de cette « élite » avec sa vérité autoproclamée qui domine tous les discours « autorisés » à partir de leurs tribunes au « Monde », au « Figaro » ou à « Libération » desquelles le monde rural est toujours absent. Eux, les travailleurs pauvres qui ne hantent pas les villes. Car la plupart d’entre eux vivent et travaillent dans les marges de la précarité. Ils ne sont pas SDF et ne couchent pas sur les trottoirs. Invisibles donc, comme exilés par les médias dans ce destin obscur des bois et des champs.
 Et si on leur donne un visage, encore faut-il recourir aux vieux clichés jaunis de l’homme à la gitane maïs vissé à la lèvre, le kil de rouge à portée de main, la maladresse des mots dans la bouche… Cette impossibilité qu’on leur prête à appartenir à la modernité donc au monde. A peine s’ils existent, sauf quand il s’agit de se rassurer sur notre identité nationale, quand, par miracle, on fait corps avec notre passé.
Comme si leur réalité révélait une vérité sur les autres - vérité dérangeante pour ceux qui se sont coupés de la terre et des saisons, de l’espace et du temps, mais qui prétendent néanmoins imposer à chacun des leçons de réalité avec des impératifs moraux.
Flatté par une droite qui le méprise, peu aimé d’une gauche trop élitiste dont l’histoire s’est construite en parallèle avec l’industrialisation, le paysan est suspect. Attaché à la terre, enfermé dans ce droit du sol, forcément archaïque, ancré dans les profondeurs ténébreuses de l’Histoire, accroché à cette mission si triviale qui consiste à nous nourrir, on le destine à cette culpabilité qu’il traîne comme lui, autrefois, les bras de sa charrette.
Quant aux verts, ils ne les aiment guère plus, ceux-là qu’on accuse d’être responsables des algues tueuses, de l’eau contaminée, de l’usage des pesticides… La faux reste l’emblème de la Mort.
José Bové ? Allons, un peu de sérieux ! Ce fils de chercheurs de l’Université de Berkeley quand il était enfant et dont le père était membre de l’Académie des Sciences n’a jamais été rien d’autre qu’un activiste politique. Celui qui se prétend paysan n’est que gérant de la Société Civile des Terres du Larzac. Quand on parle au nom des agriculteurs, c’est toujours et encore pour évoquer les plus forts, les grandes exploitations détenues par exemple par le Prince de Monaco, ou bien ces paysans introuvables, ceux qui aimeraient la culture bio si on leur en donnait les moyens plutôt que de les accuser.
Les agriculteurs, eux, on ne les entend jamais.
 D’ailleurs il n’y a à peu près qu’à TF1 chez Pernaut qu’on en parle. Mais Justement pour entretenir dans la population ce mythe d’une intemporalité, celle d’une France rurale ancrée à jamais dans le passé de la terre et des petits métiers. Une France avec ses bons pauvres, ceux qui ont la décence de ne pas dormir sur les trottoirs, de ne pas faire bruit dans les HLM. Certes on leur attribuera un teint rougeaud mais ils sont blancs, tellement blancs. Ce sont les bons pauvres. Ceux qui ne parlent pas et dont on ne parle qu’au passé.
Exclus du champ médiatique, ils sont bons à trimer dans leurs champs pour rembourser les dettes auxquelles la productivité les condamnés. Car les banques ne les oublient pas. Les paysans sont encore plus soumis aux banques qu’à la terre qu’ils travaillent. La banque plus visible dans leur tête que le clocher du village.
Et depuis le début des années 90, leurs revenus baissent. En 2009 ils auront chuté de 34%. Parmi toutes les catégories sociales, c’est dans le monde agricole que le taux de suicide est le plus important. Mais c’est moins médiatique que France Télécom. On n’en parle pas. 16% des ménages agricoles, selon l’INSEE, vivent au-dessous du seuil de pauvreté. Des gens qui travaillent, mais qui sont exclus de tout et même des Restos du Cœur limités aux villes.
 Mais des gens qui ont le bon goût de ne pas exposer leur pauvreté, de ne pas la crier.
Sur Internet, on n’en parle pas : internet c’est la ville encore, les réseaux, la vitesse.
 Alors justement il faut en parler, briser ce tabou qui condamne celui qui dans nos têtes doit rester cet être soumis, ce chouan responsable de ses malheurs parce que se courbant devant la terre et les forts. Coupable de se taire alors qu’on ne lui donne pas la parole, d’être le serf qui serre les dents sans se battre…
Ce n’est pas médiatique ? Raison de plus pour leur dire de parler, nous, bloggeurs, journalistes ou autres qui, trop souvent, parlons au nom des autres…
 

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32 réactions à cet article    


  • Massaliote 18 décembre 2009 12:54

    « José Bové .. Ce fils de chercheurs de l’Université de Berkeley quand il était enfant et dont le père était membre de l’Académie des Sciences n’a jamais été rien d’autre qu’un activiste politique. Celui qui se prétend paysan n’est que gérant de la Société Civile des Terres du Larzac. »
    Merci du renseignement, ce ne sont pas nos merdias qui le diffuseront. Et merci pour l’article. Je ne pourrais jamais avoir sur les paysans le regard des bobos, j’ai trop vu dans ma petite enfance les efforts et les souffrances des paysans de la vallée alpine où je passais mes vacances. L’enfant que j’étais ne voyait que le décor magnifique. Mais lorsque j’y repense, quel héroïsme, le mot n’est pas trop fort, pour arracher à ces terres ingrates le seul droit de survivre ! Je les aimais et maintenant, je vénère leur souvenir. Ils m’ont donné des leçons de courage, des exemples parfaits de dignité. Gens de la terre, je vous salue.


    • Massaliote 18 décembre 2009 12:57

      « Une France avec ses bons pauvres, ceux qui ont la décence de ne pas dormir sur les trottoirs, de ne pas faire bruit dans les HLM. Certes on leur attribuera un teint rougeaud mais ils sont blancs, tellement blancs. Ce sont les bons pauvres. Ceux qui ne parlent pas et dont on ne parle qu’au passé. » Avec un tribun de votre qualité, on pourra, je l’espère, faire entendre leur voix. Mille mercis.


      • rocla (haddock) rocla (haddock) 18 décembre 2009 13:28

        Mais oui .

        Très bon article .

        Il arrivera un jour où personne se souviendra que ce que nous mangeons c ’est les paysans qui le produisent .

        Quelle bêtise de croire que nous avons besoin de la grande distribution qui assassine ses fournisseurs à coups de lance-pierre .

        Charléouard avec sa tronche en biais et son sourire made in marketing s’ en met plein les fouilles , ses vendeuses gagnent des misères et il fait le coq avec les oeufs de poule à 3 euros la douzaine . Pendant que d’anciens fontionnaires bien au chaud dans leurs bureaux se suicident passe qu’ il faut se remettre en question .

        Et  les zotes imbibés au lieu de transporter les gens les laissent au bord de la route par grand froid .

        On est un pays de salopards en tout genre .


        • Alpo47 Alpo47 18 décembre 2009 13:37

          Il semble, au vu de l’évolution de ces deux dernières décennies, que « le Système » laisse ses agriculteurs péricliter et leur nombre se réduire.
          Dans une logique capitaliste, ce pourrait être afin de parvenir, à terme, à racheter toutes leurs terres pour créer d’immenses propriétés, aux mains notamment des banquiers, avec des salariés soumis.
          Cela parait être l’objectif, mais il n’est pas encore atteint. Les paysans ont encore une grande capacité de révolte et de nuisance. Ils pourraient bien être le ferment de « la révolte à venir ».

          Nous sommes le peuple. Nous sommes le Droit.


          • liink 18 décembre 2009 15:34

            Que voulez vous dénoncez en fait ?
            Taxer de parisianisme tous les citadins c’est aussi facile que de taxer tous le paysans bouseux. Et si la réalité était beaucoup simple que cela, inutile de créer des catégories de population et de les enfermer sous des étiquettes clichés.

            Il y a des citadins qui sont pauvres.
            Il y a des paysans qui sont riches.
            Il y a des parigots qui savent ce qu’est la terre, et le travail de la terre
            Il y a des franciliens qui connaissent ce qu’est la vie a Paris
            Il y a des des « forçats » du BTP qui connaissent une mortalité plus élevé parmi les travailleurs (plus que les militaires, et les paysans)

            D’ailleurs, creusons un peu plus :
            Il y a des paysans pauvres selon les indicateurs financiers mesurés et qui le ne sont pas
            Il y a des paysans riches selon les indicateurs financiers mesurés et qui ne le sont pas non plus

             


            • Massaliote 18 décembre 2009 15:59

              Plus que de pauvreté ou de richesse, c’est de respect qu’il s’agit.

              J’ai souvent entendu dénigrer les paysans par quelques petits fonctionnaires qui voulaient oublier que leur père était ouvrier (un paysan déchu) et que le père de celui-ci était ... paysan. Que de mépris dans leurs commentaires imbéciles ! Ils se croyaient tellement supérieurs !

              D’ailleurs, dans les pays de l’Est, j’ai été très surprise de constater la connotation péjorative du mot « paysan ».


            • foufouille foufouille 18 décembre 2009 16:23

              les paysans sont peu nombreux
              et loin d’etre sdf

              il faut plutot dire agriculteur ou chef d’entreprise agroalimentaire


              • foufouille foufouille 19 décembre 2009 13:26

                ben voyons
                il y a une grosse difference entre le petit paysan qui a herite de quelques hectares et qui vit bien avec le smic plus autoproduction
                le jeune agriculteur avec son credit a 2% et qui met tout dans les charges
                avec l’autaumatisation totale
                bete nourrie par tapis roulant machine pour distribuer le foin, etc
                pour les heures, ils sont souvent maire en plus ..............


              • elec 42 elec 42 18 décembre 2009 17:35

                qui s’intéressent à ceut qui travaillent ?a par les taxer,personne ne s’interessent plus à eux,meme les socialistes ne savent meme plus prononcer le mot ouvrié.


                • Marc Bruxman 18 décembre 2009 17:57

                  Le problème c’est que l’on a maintenu la profession agricole à coup de subventions plutot que de favoriser les grandes exploitations comme c’est le cas ailleurs. Le sens de l’histoire c’est d’avoir très peu de paysans et cette réduction en nombre permettra à ceux qui resteront de bien gagner leur vie.

                  De même que nous aurons dans un futur proche très peu d’ouvriers.

                  L’homme monte en grade dans ce qu’il produit c’est tout. La ou toute l’énergie devait être consacrée à l’agriculture, elle a été consacrée à l’industrie, puis elle est maintenant consacrée aux services.

                  Et forcément, l’agriculture, si loin des villes devient invisible pour les citadins. C’est un peu triste. Les enfants ne savent plus d’ou vient ce qu’ils bouffent.

                  @Massallotte
                  Dans les pays de l’est, le mépris pour les paysans est directement lié à l’organisation communiste de la société. La seule chose qui comptait pour les staliniens c’était l’industrie lourde. Le service, le commerce ou l’agriculture c’était de la merde. Et cela a occasionné de belles famines. C’est le gros défaut de la planification en donnant des objectifs de production plutot qu’en laissant le marché faire son boulot on a crée des désastres sans précédent. Ou l’on envoyait des paysans à l’usine sans penser qu’il fallait peut être déja construire la mécanique pour les libérer de leurs terres.


                  • foufouille foufouille 18 décembre 2009 20:25

                    comme ca ca fera plus de chomeurs ......... de travailleur dans les prisons bruxmans


                  • liink 18 décembre 2009 19:17

                    Oui bon point de vu.

                    Mais le problème aujourd’hui c’est qu’on dénigre tout et n’importe qui, a tel point que la notion de respect n’existe plus vraiment.
                    Tant de métiers sont dénigrés, et bien plus que le métier de « paysan », et pourtant tant de ces métiers sont essentiels et même indispensable à notre mode de vie.

                    A noter que l’inverse existe aussi, certains paysans dénigrant les citadins qui oseraient sortir de leur milieu...


                    • logo22 18 décembre 2009 21:02

                      bel effort de condescendance !

                      il faut donc que vous les méprisiez tant vous aussi pour en parler avec un art digne de la charité chrétienne. A vous lire on a presque envie de leur faire l’aumone.

                      en vérité il faut bien mal connaitre le monde paysan pour en parler ainsi. Confondre l’activité économique agricole avec le monde rural, tout en laissant transpirer votre nostalgie d’un monde que votre mode de vie autrefois citadin et desormais BoBo a condamné aux oubliettes de la société « moderne », c’est mentir à vos lecteur au moins autant que Jean Pierre Pernault se complait à faire l’éloge d’un monde définitivement disparu.
                      On peut certes le regretter, mais commencez donc par vous demander si les paysans eux même le regrettent !


                      • décurion 18 décembre 2009 21:06

                        Le dernier paysan que j’ai connu, est un ouvrier de la terre.
                        Coincé entre les crédits et la coopérative, sa liberté d’initiative se résume à taper la coinche au bistrot le dimanche.
                        Le seul avantage, c’est lorsque les produits ne correspondent aux normes imposées par la coopérative, il est quand même payé, pour son labeur. Trois jous après, il passe la herse, et recommence.
                        Le revers de la médaile, c’est que ce paysan ne possède plus que sa ferme et dépendances, ses tracteurs à crédit, et plus un seul terrain qui lui appartienne. Et aussi l’immense gaspillage de carottes, de choux, d’épinard, etc....Les petites pommes de terres, les plus chères en magasin, qui pourissent sur place, parce que trop petites pour la trieuse, et les grosses qu’ils faut jeter parce que coupées en deux par la machine. Et l’arrosage automatique qui fonctionne au dela du raisonnable, parce qu’il n’y a personne pour arrêter la pompe.etc.....etc.......
                        Des forçats coincés par un système, comme tant d’autres.


                        • rocla (haddock) rocla (haddock) 18 décembre 2009 21:24

                          Zarbi ,


                          Sur des sujets comme celui-là y a pas les grands sachant tout d’ Ago .

                          Préfèrent expliquer en quoi la grève est salvatrice , Sarko un Hongrois et les sionistes des sionistes .


                          • Cosmic Dancer Cosmic Dancer 18 décembre 2009 21:36

                             smiley

                            Mitou, Capt’ain.


                          • rocla (haddock) rocla (haddock) 19 décembre 2009 08:02

                            Salut Charlotte et salut Ranta ,

                            Couché tôt j’ a pas répondu .

                            Bonne journée à vous .


                          • miwari miwari 19 décembre 2009 15:12

                            Faut dire que les sionistes attitrés sont tous sur un autre article, à part apparemment les deux ci-dessus qui se sont perdus.

                            Ah cette engeance on n’arrivera jamais a sans débarrasser smiley


                          • rocla (haddock) rocla (haddock) 19 décembre 2009 08:08

                            Quand on mange des poireaux on mange pas un bulletin de vote ni un préau de cour d’ école .

                            A lire certains faudrait que des gens crèvent parce qu’ ils votent pas comme eux .

                            Le stade terminal du début du commencement ...


                            • L'enfoiré L’enfoiré 19 décembre 2009 09:54

                              En fait, il y a deux sortes de travailleurs de la terre : les anciens et les nouveaux.
                              Les anciens qui ont profité du marché noir pendant la guerre et se sont organisés.
                              Les nouveaux qui ne parviennent pas à nouer les deux bouts dans les investissements pour les machines agricoles.
                              J’attends vos réactions.


                              • finael finael 19 décembre 2009 12:22

                                L’une de mes soeurs a commencé par être agricultrice. En Bretagne (mariée à un breton), productrice de lait.

                                Puis sont venus les quotas laitiers.

                                Après 10 ans de labeur acharné, endettée jusqu’au cou (les 40 ha avaient été achetés grâce à un prêt du Crédit Agricole), la ferme a fait faillite (et rachetée à très bas prix par le même Crédit Agricole).

                                C’était, tous les jours, levée à 5 heures. Pas de dimanches et fêtes ni de vacances quand on est éleveur !

                                Elle a repris des études, devenue « technicienne agricole » (4 départements à couvrir, sans paiement des déplacements). Puis elle a enseigné dans les lycées agricoles.

                                A 51 ans elle est physiquement détruite ... et pratiquement sans ressources.

                                Que ne raconte-t-on pas sur le « monde agricole » qui n’existe pas : Il y a un fossé entre les grands céréaliers ou bettraviers et les « petits paysans », toujours moins nombreux (les enfants ne veulent pas de cette vie).

                                Attardés ces derniers ? Ils communiquent presque tous par Internet, tentent de « nouvelles cultures » spécialisées, développent le « bio », tentent de préserver la nature dans laquelle et par laquelle ils survivent.

                                Quant aux anciens ... aucun ne fait partie des fortunes acquises par le marché noir (pratiqué par toute la population), par contre les commerçants ...

                                Il ne faut pas oublier les réquisitions - et le pillage !

                                Ma mère, et elle n’est pas la seule, a dû la vie au fait d’être cachée par des paysans, je te conseille, Guy, de revoir « le chagrin et la pitié » qui remet bien les choses à leur place.

                                Quand je parcours ce fil, je ne lis qu’idées reçues, clichés et âneries de gens ne connaissant strictement rien du monde agricole, de gens qui n’ont jamais mis les pieds dans une ferme, et qui n’y ont encore moins travaillé !


                              • L'enfoiré L’enfoiré 19 décembre 2009 14:34

                                Merci, Finael, pour ce témoignage.
                                J’adore ta probité. J’espère qu’elle est commune à tous.
                                Tu dis les choses que j’aime entendre.
                                Tu te rends compte que c’était de la provoc que je lançais. Moi qui ai généralement des commentaires bien plus long, mon « j’attends vos réactions » était là pour recevoir le maximum de commentaires.
                                Les jeunes qui s’intéressent à la terre, c’est un véritable sacerdoce et je les admire.
                                Pas de vacances, quand il y a des animaux. Pas d’heures non plus.
                                Il faut vraiment aimer cette terre.
                                Pour faire une exploitation rentable, il faut avoir des hectares à labourer.
                                Il y a peut-être idées reçues. Je n’y étais pas, mais on m’avait raconté.
                                Merci, encore.


                              • L'enfoiré L’enfoiré 19 décembre 2009 14:35

                                Je répète, je suis un citadin, mais je sais encore d’où vient le lait.


                              • finael finael 19 décembre 2009 14:54

                                Re bonjour « l’enfoiré »

                                Une anecdote vécue.

                                L’une des dernières fermes de Chevreuse, ou peut-être la dernière, je ne sais pas, s’était reconvertie en « ferme modèle » que des élèves d’écoles citadines venaient visiter (et continuait à vendre ses produits « en direct », j’y étais pour cela).

                                Aucun des jeunes visiteurs ne savaient que le lait était produit par des vaches !

                                La plupart ont été dégoutés de voir que les oeufs « sortaient du cul des poules », tous l’ignoraient.

                                Je ne sais pas si ces enfants continuent à consommer des produits laitiers ou à manger des oeufs !


                              • ZEN ZEN 19 décembre 2009 15:00

                                Finaël, bonjour

                                Fils d’agriculteurs de montagne, je connais un peu le problème
                                Mes parents vivaient avec 6 enfants sur 10 hectares de terre médiocre, avec 7 ou 8 vaches:polyagriculture, fromages...
                                Ce n’était pas la misère, mais on vivait (bien)de peu et en quasi -autosubsistance
                                Puis sont venues les années 60 avec la modernisation, le Crédit agricole, la Pac,l’euphorie de la modernisation prêchée par la JAC, Pisani, qui voulait industrialiser les campagnes ...
                                Il reste 1 Gaec dans le village de mille habitants. Mais ce sont des industriels fermiers mécanisés à outrance. Le paysage est à l’abandon..
                                Aucune nostalgie , mais il serait temps de revoir la politique de la Pac, inspiré du modèle us, pour redonner vie à nos campagnes et produire autrement et autre chose...


                              • ZEN ZEN 19 décembre 2009 15:05

                                L’essentiel du problème est là : l’OMC et ses règles néfastes


                              • ZEN ZEN 19 décembre 2009 16:10

                                Pour prendre un peu de hauteur , avant que ne disparaisent les derniers paysans, si...

                                L’OMC en question
                                La faim n’est pas une fatalité
                                -"C’est plutôt sur la question, très délicate, de la coordination des institutions internationales que la réunion romaine pourrait se révéler utile. En clair, comment faire pour que les institutions internationales parlent à l’unisson face à la crise alimentaire ? Pour l’heure, entre la FAO, qui milite inlassablement pour la défense de l’agriculture familiale, et l’Organisation mondiale du commerce, qui ne jure que par la disparition des tarifs douaniers, c’est le grand écart. « Le plus efficace, face à la crise, serait d’autoriser les Etats du Sud à mettre des droits de douane sur les produits vivriers, comme l’Europe l’a fait au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Ce qui permettrait de fixer des prix sur le marché intérieur »( Bruno Parmentier). Sauf que l’OMC dit tout le contraire, et bloque toute avancée" (L.L.)

                                -Invité de France inter le 31/05/2008, Edgar Pisani, qui fut Ministre de l’agriculture de 1961 à 1966, proposait les pistes suivantes : déposséder l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) de son monopole comme instance de règlement des problèmes commerciaux, lier de façon rigoureuse politique agricole et politique alimentaire, considérer que le problème de la faim est l’un des plus dangereux pour la sécurité mondiale, organiser le monde en zones les plus homogènes possibles ayant des règles internes correspondant à leur réalité et des règles externes d’échange prenant en compte l’équilibre du monde .L’urgence est là : selon la FAO, la « flambée des prix des denrées alimentaires provoque d’immenses souffrances et privations : elle peut avoir des effets dévastateurs sur les 800 millions d’êtres humains déjà victimes de sous-alimentation chronique. Déjà leur nombre se grossit de plusieurs autres millions de pauvres qui ne sont plus en mesure d’aujourd’hui de se procurer la nourriture dont leur famille a besoin pour mener une vie saine  »

                                -FAO : les chefs d’Etat se mettent à table, le monde a toujours faim | Mediapart :


                              • L'enfoiré L’enfoiré 19 décembre 2009 19:25

                                Bonsoir Finael,
                                 Je n’en doute aucunement de cette histoire.
                                 Comme tu as lu un peu mon histoire, dans un des chapitres (L’école du réveil), je parlais de mon expérience. J’étais en 3ème année primaire. J’ai tout découvert de la ferme lors d’une invitation de mon instituteur de l’époque dans la ferme de ses parents. Affaire de 1963-4.
                                 Aujourd’hui, c’est peut-être pire. Un citadin va tout acheter à la grande surface ou dans de plus petits magasins.
                                 Comme quoi...


                              • L'enfoiré L’enfoiré 19 décembre 2009 19:43

                                Zen,
                                 Merci aussi pour ce témoignage.
                                 La vie de campagne a toujours été frustre. On vivait de peu, pas cher. J’ose espérer qu’il y avait l’entraide. La modernité a bouleversé tout cela. Les règles de l’OMC et aussi l’Europe qui a suivi.
                                Dernièrement la descente des agriculteurs sur Bruxelles avec le problème du lait et surtout de son prix maintenu en dessous du prix coutant alors qu’il est interdit de vendre à perte.
                                Serait)il possible encore de retourner en autarcie dans les campagne ? En autosuffisance ? Obligés de vendre aux grandes exploitations ou admettre des prix en dessous de la ceinture pour les grandes surfaces qui ratissent ceux qui vendrons au meilleur prix.
                                Je suppose que le modèle US est aussi présent chez eux. Les USA, ce sont des cowboys avec des surfaces énormes. L’Europe doit se contenter de plus petites parcelles. Aujourd’hui, le problème est devenu qu’on arriverait à choisir la rentabilité dans les produits pour remplacer le pétrole. Manger ou conduire ?
                                Mais j’espère me tromper.


                              • finael finael 19 décembre 2009 23:02

                                Merci Zen, merci oncle Archibald !

                                Je suis complètement d’accord avec Zen pour dénoncer les méfaitsde la Pac : le plus gros va au plus gros !

                                Merci les bureaucrates !

                                Et oncle Archibald nous montre bien ce que font les paysans aujourd’hui pour tenter de s’en sortir et la solidarité de ce monde.

                                Le Crédit Agricole est une véritable sangsue !

                                Je n’ai pas passé moi-même suffisament de temps à la ferme pour réellement participer, j’ai vécu des choses, j’ai vu, c’est tout.


                              • L'enfoiré L’enfoiré 20 décembre 2009 12:20

                                Finael,
                                 Nous avons chez nous, le Boerenbond et le GIMV
                                 Encore une fois, communautaire, chacun lance des investissements de son côté.
                                 Seule la Bourse s’y retrouve.


                              • L'enfoiré L’enfoiré 20 décembre 2009 12:24

                                Oncle Archibald,
                                 Le vin, tout un chapitre à part, d’après moi.
                                 Je ne suis pas un fan, excusez m’en. Mon article sur le sujet va devoir vous appuyer ou vous détrôner. J’ai appris que le Champagne, on le trouve désormais dans les grandes surfaces à 10 euros. Effet de crise ?

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