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Commentaire de docdory

sur Le transsexualisme n'est plus une maladie mentale en France, décrète l'Etat : le retour de la « science officielle » !


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docdory docdory 3 mars 2010 23:15

@KammyKammy

Merci pour votre commentaire constructif, même si nos points de vue sont divergents sur un certain nombre de points . Je suis en particulier d’accord sur le fait que certains commentaires sont de très bas étage, ce qui est malheureusement habituel dès que l’on aborde un sujet controversé, mais néanmoins , la liberté d’expression des opinions , quelque désagréables qu’elles puissent être, reste un principe sur lequel l’on ne peut pas transiger . Faut-il s’interdire de parler de sujet polémiques ? Mais alors personne ne se dit plus rien ...

Trois points méritent quand-même un développement :

1°) Ne trouvez-vous toutefois pas bizarre que le Ministre de la Santé Roselyne Bachelot, trouve que soit « stigmatisant » le fait d’être atteint d’une affection psychiatrique de longue durée ? 

A ce que je sache , les malades mentaux sont des malades comme les autres , il n’est pas plus stigmatisant d’être en affection de longue durée pour un motif psychiatriques que pour une maladie cardiaque , sauf à considérer qu’il y ait des maladies honteuses .

Il m’arrive de temps en temps d’avoir à annoncer à certains de mes patients qu’ils sont atteints d’un début de schizophrénie ( 24 ans de pratique médicale m’ont prouvé qu’il faut toujours donner son diagnostic au patient , qu’il soit schizophrène ou cancéreux ) . Lorsque je fait cette annonce de ce diagnostic à ces patients , je n’ai pas du tout l’impression d’exercer à leur encontre une quelconque « stigmatisation » . Je leur parle de leur désordre mental , j’en explique honnêtement les traitements ainsi que les évolutions possibles de leur trouble. Pour moi , il s’agit d’une maladie comme une autre , sans le moindre caractère infamant , et je regrette que le Ministre parle des affections mentales comme étant de nature stigmatisante .

2°) Je n’ai personnellement jamais eu a diagnostiquer de cas de transsexualisme, qui est une affection très rare. Mais je ne sous-estime pas la gravité des problèmes déontologiques posés à la médecine par cette maladie. En effet , il est du devoir du médecin d’appliquer, autant que faire se peut, l’adage « primum non nocere » . Il est par ailleurs interdit au médecin de priver un patient d’un organe sans nécessité médicale absolue.

Il est également du devoir du médecin d’agir dans l’intérêt du malade. 

Dans le cas du patient transsexuel, le médecin est devant un conflit de devoirs qu’on aurait tort de voulour passer sous silence. Il peut légitimement considérer que l’intérêt du malade est de conserver l’intégrité de son organisme et de sa fonction de reproduction, et que les traitements chirurgicaux et hormonaux sont fort risqués , longs et très douloureux. et donc il peut décider en son âme et conscience qu’il faut convaincre par tous les moyens de persuader le malade de rester dans son sexe biologique. Il peut tout aussi légitimement considérer que l’intérêt du malade est de se faire opérer et de prendre des hormones , en raison d’un risque de suicide élevé en cas d’abstention thérapeutique. 

Ce que je veux dire , c’est que la médecine n’est pas , et ne sera jamais une science exacte . C’est une science probabiliste, et aussi un art, dans l’exercice duquel on doit mettre en balance le pour et le contre des décisions. 

Il serait donc abusif et « stigmatisant » de désigner comme « atteints de transphobie » et « discriminateurs » ceux des médecins qui choisiraient ou préconiseraient , en leur âme et conscience, l’abstention thérapeutique. 

Les médecins sont également des êtres humains , et non des pions dans une politique de santé, et leur philosophie de l’existence peut avoir une influence sur leurs décisions dans un certain nombre de cas. Ils sont aussi, pour la plupart d’entre eux, très individualistes et ont horreur de se voir imposer une opinion médicale « normalisée » par leur ministère de tutelle !

3°) Enfin , il peut y avoir un problème d’aiguillage du patient : s’ils y a quelques spécialistes qui s’occupent de ce problème à Paris , je serais personnellement incapable de trouver quelqu’un de qualifié dans ma ville, qui est pourtant une capitale régionale. Je n’ai jamais entendu dire que quelque confrère que ce soit s’occupait, dans ma région, de ces problèmes .


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