Ca dépend bien sûr de la définition qu’on donne au mot « culture »... il y en a plusieurs.
On peut considérer que la culture est l’usage de la Raison, qu’elle est ouverte par définition et qu’il s’agit de la marque de la vie sur le processus cognitif qui nous fait raisonner. Ou préférer la définition de la fin du 19è siècle mise en place par Wagner et ses amis qui débouche sur l’approche « traditionnelle et nationale » de Goebbels avec pour horizon le choc de « cultures » faites d’usages et de règles morales arbitraires. Le multiculturalisme devient alors la coexistence de communautés plus ou moins hétérogènes dont l’objectif commun est utilitaire et non plus social.
De n’importe quel bout qu’on le prenne le problème reste l’articulation individu/société et on peut imaginer des structures centralisées, en nid d’abeilles ou concurrentielles, ça ne règlera pas le problème. Finalement les solutions trouvées en Europe sont historiques et on peut imaginer que sans histoire on ne peut instaurer une telle organisation (d’ailleurs dure-t-elle ?) ; aussi je pose la question : quels sont nos objectifs et quels sont les meilleurs moyens pour y arriver sans dépense d’énergie inconsidérée à court terme tout en permettant l’instauration d’un système suffisamment stable à long terme ? Il me semble que l’imposition de la force ne peut être utilisée que si le projet à long terme est cohérent avec un projet de société interne comme la Chine au Tibet (où hélas tout semble joué).
La paix, comme la démocratie, est rarement en soi un objectif. La construction européenne à ce niveau peut être étudiée : où l’énergie de base a été la paix et où maintenant que les populations éprouvent des problématiques moins abstraites il est urgent de trouver un projet plus en rapport avec notre époque. On peut aussi étudier la Révolution française, une époque marquée par un grand désir d’universalisme, l’instauration d’un ordre nouveau défini théoriquement et débouchant sur de grandes violences à travers l’Europe et une épuration interne très dure mais qui était due avant tout à l’échec d’une organisation monarchique incapable de se réformer et où la « démocratie » (et avec elle une politique hygiéniste très couteuse) est apparue comme une solution.