C’est
à mopnj sens cette opposition entre mono-culturalisme et multi-culturalisme qu’il faudrait interroger : Toute culture est le résultat momentané d’un bricolage temporaire entre des influences diverses, voire en conflit. Seule une volonté politico-religieuse organisée centralement, plus ou moins totalitaire et fermée sur l’extérieur, peut prétendre définir une culture durablement pure ou monolithique incontestable.
Or précisément la démocratie se veut (sans toujours l’être) une conception pluraliste de la culture et de la religion : elle n’a donc pas la possibilité d’imposer un mono-culturalisme sauf sous la forme faible du respect des droits de l’homme et des règles formelles du pluralisme libéral et égalitaire en droit.
Je doute que, dans les conditions de la démocratie politique, le mono-culturalisme puisse longtemps prévaloir sauf à titre de fantasme ethnique particuliers et non généralisables, et donc sauf à contester dans ses principes, la démocratie elle-même. Si le refus de confondre la religion et la politique est au coeur de toute vie démocratique pluraliste, il n’y a aucune raison que le mono-culturalisme anti-pluraliste l’emporte.
Reste une question de fond comment ceux qui se reconnaissent dans un religion théocratique anti-individualiste et exclusive peuvent-ils admettre la démocratie politique ? la réponse est qu’ils ne le peuvent pas.
Comment alors traiter le phénomène de l’intégrisme politico-religieux ? Je n’ai d’autre réponse que celle qui consiste à faire de l’éducation critique la condition de l’esprit démocratique et de la philosophie rationnelle critique (voire sceptique à l’égard de toute idéologie sacralisée) le noyau de l’éducation des futurs citoyens.
Le problème donc de la pérennité de la démocratie, non pas multi-culturelle, mais pluraliste, réside dans l’éducation à la laïcité politique et à l’obligation de penser par soi-même, c’est à dire de désacraliser toute idéologie à prétention monolithique.