Il n’y a pas que l’acte gratuit qui influence la politique à la petite semaine.
Vous « parlez » de monstres. Le monstre est très pratique.
Il n’est pas comme nous
Il n’a pas de logique
donc il ne sert à rien de réfléchir sur les causes de ses actes
ou alors, si vous cherchez les causes, c’est que vous souhaitez le protéger. « Et les victimes, vous y pesez aux victimes ? », ce bon vieux poncif.
Cette façon d’analyser la violence est évidemment très pratique puisqu’elle évite fondamentalement de se remettre en cause, soi, son mode de vie, son mode de pensée.
Elle est de plus rapide, buzzesque même, et possède l’incomparable avantage de n’avoir pas à faire l’effort de réfléchir.
La violence est complexe, difficile à cerner, demande beaucoup d’efforts pour en connaître l’origine... ouh la la, comme il est bien plus simple de se dire que « nous » sommes les gentils et qu’il suffit de « nettoyer au K....r » pour remettre de « l’ordre ».
La prison est une école de la délinquance ou de la criminalité ? L’enfermement maximal est un générateur d’insécurité ? Les peines planchers sont un accélérateur de destructuration sociale ? Tous ces concepts restent hors du temps de cerveau disponible. Il est tellement plus rassurant d’écouter un bon politicien bien habillé ressasser les mêmes rengaines inutiles : « inacceptable » « honteux » « les coupables seront punis avec une sévérité exemplaire » « il faut terroriser les terroristes »...
Enfin, n’oublions pas non plus le grand marché de l’insécurité : armes de maintien de l’ordre, caméras de vidéo flicage et tout ce qui va autour : salles de surveillance, infrastructures de cablage, sans oublier, à une moindre mesure, le jackpot des radars automatisés.
Dire que la violence est complexe est déjà si compliqué.