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Commentaire de finael

sur 10 mai 1940 : La campagne de France a eu lieu


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finael finael 8 mai 2010 11:53

Les allemands eux-mêmes ne s’attendaient pas à une victoire aussi rapide et écrasante.

Les deux armées étaient à peu près équivalentes en nombre, en canons et en blindés. Par contre les allemands possédaient plusieurs points forts.

- Une supériorité aérienne jamais démentie (il faut faire un sort au mythe des 1000 victoires des pilotes français, les estimations les plus récentes les situent entre 500 et 600, ce qui est déjà pas mal). Et même si les pilotes combattirent courageusement nous n’avions pas d’avions d’attaque au sol digne de ce nom (les Br-693 se firent massacrer) et trop peu de bombardiers. Enfin l’aviation fut employée de façon désordonnée, par petits paquets, souvent au mauvais endroit.

- Une très large supériorité dans le domaine des communications, basées sur la radio alors que les français utilisaient le téléphone de campagne, très vite bouleversé et inutilisable sous les coups des bombardiers en piqué allemands : Alors que la Meuse fut franchie le 13 mai au soir (enfin, un début de franchissement), le haut-commandement ne pris conscience de la présence de troupes allemandes « sur la meuse » que le 14 au soir alors que les 10ème et 7ème Pz division commençaient à exploiter la percée.

- Surtout une doctrine qui laissait aux chefs de corps une large liberté d’action et d’initiative, ce qui permit aux allemands d’exploiter toutes les occasions, au contraire de la doctrine française rigide, basée sur la notion de « bataille préparée ».

- Si le sacrifice des cadets de Saumur ne fut qu’une action symbolique, la bataille de Gembloux (où la 1ère DM (Division Marocaine) arrêta les 3ème et 4ème Pz Div du 13 au 15 mai, déjà ralenties par les actions des 2ème et 3ème DLM (Divisions Légères Mécaniques) du 11 au 13 est beaucoup plus significatives. De même la défense de Lille (où s’illustrèrent les généraux Juin et Molinié).

- La « reconnaissance en force » de Montcornet, le 17 mai comme sa tentative de résorption de la poche d’Abbeville le 19 mais par la 4ème DCR du colonel de Gaulle ne furent pas de grandes victoires par manque de moyens, absence de communications et de soutien aérien et insuffisances des chars français (consommation délirante) mais furent à peu près les seules actions offensives de la campagne.

Etc, etc ...

Les causes de la défaite sont à rechercher dans l’ineptie et le manque d’imagination du haut-commandement français, la rigidité de l’organisation de l’armée, le mauvais emploi des « armes nouvelles » : chars et aviation mais certainement pas dans un « relachement moral » des français ou une psychologie « défaitiste ».

Excellents ouvrages sur la question :

« La campagne de 1940 » : éditions « Taillandier » ouvrage collectif compte-rendu d’un colloque réunissant militaires et historiens, appuyé de très nombreuses archives.

« Mai-Juin 1940 » éditions « Autrement », ou la campagne vue par des historiens et militaires allemands.

« Guderian perce à Sedan » revue « Militaria » hors-série N°4.

...

Il existe aussi des documentaires comme :

« La bataille de Dunkerque » de « Fortitude/TF1 ».
« Mai 40 les 30 jours du désastre ».
"Mai-Juin 40 l’impensable défaite.


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