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Accueil du site > Tribune Libre > 10 mai 1940 : La campagne de France a eu lieu

10 mai 1940 : La campagne de France a eu lieu

70 ans déjà, le 10 mai 1940 les nazis enfonçaient les lignes de défenses françaises dans une Blitzkrieg qui allait connaître le tragique dénouement du 22 juin 1940 : la capitulation de la France.
Cette « campagne de France » ainsi nommée, laisse un goût de cendre dans la bouche et une honte au point qu’il est décent de ne l’évoquer qu’à mots couverts que ce soit dans les discours officiels où dans les manuels scolaires.
Comme disait Simone de Beauvoir dans la « force des chose » « la honte de vivre cédait à la honte de survivre ».

Sur les causes de cette déroute tout a été dit dans "L’étrange défaite" par l’historien, le témoin et résistant Marc Bloch fusillé par les allemands en 1944.
 
Mais l’armée française constituée de paysans, d’ouvriers et d’intellectuels, malgré les erreurs de ses dirigeants et de l’état major, n’a pas démérité dans les combats meurtriers qu’elle livra à une armée allemande fanatisée, dirigée par des officiers supérieurs initiés à la guerre de mouvement où l’arme blindée utilisée massivement constituait une stratégie qui allait leur assurer une victoire décisive.
 
Il faut rappeler que ces français résistèrent héroïquement infligeant des pertes sévères aux envahisseurs tant en matériel qu’en soldats.
 
Dans la poche de Dunkerque, toute une division française fut taillée en pièces en disputant chaque pouce de terrain à un ennemi quatre fois supérieur en nombre permettant au corps expéditionnaire anglais de rembarquer pour l’Angleterre. L’écrivain, ami et condisciple de JP Sartre, Paul Nizan fut tué dans cette nasse.
 
Dans la région de Laon, Charles de Gaulle repoussa les allemands avec sa division blindée détruisant des dizaines de panzers et capturant des centaines d’allemands.
 
Il y eut aussi, les cadets de la cavalerie de Saumur qui engagèrent un combat désespéré sur la Loire contre un ennemi surarmé. Surprises et admiratives du courage sans limites dont ils firent preuve, les autorités allemandes après l’armistice permirent à ces hommes de regagner la ligne de démarcation avec armes et leurs blessés : plus de 200 d’entre eux avaient perdu la vie.
 
L’aviation et la DCA française jouèrent un rôle aux conséquences non négligeables sur leurs adversaires, détruisant près de mille de leurs aéronefs.
 
Dans "Pilote de guerre" Saint Exupéry, abattu en 1944 au large de la Corse, témoigne de sa douloureuse expérience à bord d’un avion d’observation dans le nord du pays.
 
Enfin, comment oublier ces soldats de la Ligne Maginot qui résistèrent jusqu’au bout et ne se rendirent que sur l’ injonction de l’état major.
 
Oui ce 10 mai, nous devons rendre hommage au 100 mille soldats français tués (autant que les pertes des "poilus" au cours des premières semaines du conflit), au 2 millions de prisonniers condamnés à demeurer 5 ans dans les stalags allemands, loins de leurs familles.
 
Le devoir de mémoire c’est se souvenir de tous ces jeunes morts avant leur temps et faire un sort à cette terrible sentence "Malheur aux vaincus".

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40 réactions à cet article    


  • finael finael 8 mai 2010 11:53

    Les allemands eux-mêmes ne s’attendaient pas à une victoire aussi rapide et écrasante.

    Les deux armées étaient à peu près équivalentes en nombre, en canons et en blindés. Par contre les allemands possédaient plusieurs points forts.

    - Une supériorité aérienne jamais démentie (il faut faire un sort au mythe des 1000 victoires des pilotes français, les estimations les plus récentes les situent entre 500 et 600, ce qui est déjà pas mal). Et même si les pilotes combattirent courageusement nous n’avions pas d’avions d’attaque au sol digne de ce nom (les Br-693 se firent massacrer) et trop peu de bombardiers. Enfin l’aviation fut employée de façon désordonnée, par petits paquets, souvent au mauvais endroit.

    - Une très large supériorité dans le domaine des communications, basées sur la radio alors que les français utilisaient le téléphone de campagne, très vite bouleversé et inutilisable sous les coups des bombardiers en piqué allemands : Alors que la Meuse fut franchie le 13 mai au soir (enfin, un début de franchissement), le haut-commandement ne pris conscience de la présence de troupes allemandes « sur la meuse » que le 14 au soir alors que les 10ème et 7ème Pz division commençaient à exploiter la percée.

    - Surtout une doctrine qui laissait aux chefs de corps une large liberté d’action et d’initiative, ce qui permit aux allemands d’exploiter toutes les occasions, au contraire de la doctrine française rigide, basée sur la notion de « bataille préparée ».

    - Si le sacrifice des cadets de Saumur ne fut qu’une action symbolique, la bataille de Gembloux (où la 1ère DM (Division Marocaine) arrêta les 3ème et 4ème Pz Div du 13 au 15 mai, déjà ralenties par les actions des 2ème et 3ème DLM (Divisions Légères Mécaniques) du 11 au 13 est beaucoup plus significatives. De même la défense de Lille (où s’illustrèrent les généraux Juin et Molinié).

    - La « reconnaissance en force » de Montcornet, le 17 mai comme sa tentative de résorption de la poche d’Abbeville le 19 mais par la 4ème DCR du colonel de Gaulle ne furent pas de grandes victoires par manque de moyens, absence de communications et de soutien aérien et insuffisances des chars français (consommation délirante) mais furent à peu près les seules actions offensives de la campagne.

    Etc, etc ...

    Les causes de la défaite sont à rechercher dans l’ineptie et le manque d’imagination du haut-commandement français, la rigidité de l’organisation de l’armée, le mauvais emploi des « armes nouvelles » : chars et aviation mais certainement pas dans un « relachement moral » des français ou une psychologie « défaitiste ».

    Excellents ouvrages sur la question :

    « La campagne de 1940 » : éditions « Taillandier » ouvrage collectif compte-rendu d’un colloque réunissant militaires et historiens, appuyé de très nombreuses archives.

    « Mai-Juin 1940 » éditions « Autrement », ou la campagne vue par des historiens et militaires allemands.

    « Guderian perce à Sedan » revue « Militaria » hors-série N°4.

    ...

    Il existe aussi des documentaires comme :

    « La bataille de Dunkerque » de « Fortitude/TF1 ».
    « Mai 40 les 30 jours du désastre ».
    "Mai-Juin 40 l’impensable défaite.


    • finael finael 8 mai 2010 12:03

      Détail : j’ai bien connu Henriette Nizan, la veuve de Paul Nizan que vous citez dans votre article.


      • kitamissa kitamissa 8 mai 2010 12:17

        nous avons malheureusement un état major en retard d’une guerre......qui préferait la tactique défensive ( ligne Maginot) alors que nous aurions pu attaquer les premiers ....

        pour la petite histoire l’électricité de la ligne Maginot avait été faite par Siemens entreprise Allemande qui s’est empressée de communiquer les plans aux états major Allemands ..

        en fait il aurait fallu adopter la tactique Allemande....bombardement,ou tirs d’artillerie intensifs,puis les blindés suivis de l’infanterie pour nettoyer le terrain ....

        la suite on la connait,déculottée maison malgré des résistances heroiques de nos soldats ,conséquence d’incapables qui en étaient restés à 14/18 .


        • finael finael 8 mai 2010 14:45

          Ce n’est pas si simple.

          Le France avait décidé qu’elle ne serait pas l’agresseur et les Allemands eux-mêmes reconnaissent que l’idée d’attendre à l’abri d’une défense solide l’arrivée en force des alliés (dont les américains) et la sortie d’un plus grand nombre de matériels modernes permettant de ré-équiper l’aviation (Dewoitine D-551, Bloch-155, Arsenal VG-33 pour les chasseurs, Bloch-354,55,et 56 pour les bombardiers, ...) , compléter l’équipement des divisions de « série B », comme la malheureuse 18ème DI qui subit le choc à Sedan et à les entrainer était bonne : le temps travaillait contre les allemands dont l’approvisionnement en métaux et autres était largement inférieur au notre.

          La ligne Maginot a eu comme défaut de ne pas être prolongée jusqu’à la mer pour des raisons politiques : pour ne pas « froisser » les Belges. Elle n’était pas faite pour être totalement invulnérable mais les « avions canons » et les DCR (Divisions Cuirassées de Réserve) devaient colmater les brèches. Les allemands n’ont jamais imaginé l’attaquer par ailleurs.

          Nos blindés, contrairement à ceux des allemands étaient lents et destinés à appuyer l’infanterie (à par les Somua des DLM et DLC).

          Nous n’avons pas utilisé la drôle de guerre« pour entrainer nos troupes et nos blindés à coopérer, ni pour renforcer les positions défensives, ni même entrainer correctement les divisions de »série B« .. Dans les deux attaques montées par De Gaulle l’infanterie n’a pas suivi.

          Les politiques français, obéissant à l’influence anglaise, pensaient qu’on pourrait »s’arranger« avec Hitler.

          Notre état-major n’était pas »en retard d’une guerre« , mais englué dans une doctrine rigide de »bataille préparée« et Le commandement ne brillait pas par son imagination ni sa capacité à prendre des décisions par lui-même.

          Ceci étant, il aurait été sans doute possible de lancer une attaque dès septembre 40 avec les divisions de »série A" sur le front ouest allemand seulement tenu par des réservistes. Mais il y a une autre défaillance que je n’ai pas citée : l’insuffisance du renseignement. Et d’autre part nos chefs, politiques comme militaires, vivaient dans le souvenir de l’énormité des pertes des offensives de la guerre précédente.

          Sur ce point il est intéressant de noter que les allemands on quand même perdu 30 000 hommes et le tiers de leurs blindés dans la bataille de France (il ne restait que 30 chars en état de combattre à la 7ème Pz de Rommel lors de l’armistice).

          Pour les Allemands, ils considèrent à postériori que la chance a joué un grand rôle (sources citées dans ma précédente intervention).


        • morice morice 8 mai 2010 14:59

          en fait il aurait fallu adopter la tactique Allemande....bombardement,ou tirs d’artillerie intensifs,puis les blindés suivis de l’infanterie pour nettoyer le terrain ....


          BlitzKrieg : devenue « Shock and Awe ».... mais la seconde appellation vous ne la reconnaissez pas comme étant une BlitzKrieg... la guerre éclair que les américains ont conduit pareil en 2003...

          Une campagne de bombardement limitée commence le 19 mars 2003 par des tentatives infructueuses de tuer Saddam Hussein. Elle se poursuit par le bombardement d’un petit nombre de cibles jusqu’au 21 mars, date à laquelle commencent, à 17h00, les principaux bombardements des forces de la Coalition rassemblée sous l’égide des États-Unis. Ses forces font environ 1700 sorties aériennes (dont 504 utilisent des missiles de croisière).12. Les forces terrestres de la Coalition commencent leur offensive sur Bagdad les jours suivants, avant de prendre la ville le 5 avril, et les États-Unis s’annoncent victorieux le 14 avril.

          Dans ce contexte, l’opération Choc et effroi fait référence au début de la campagne irakienne, et non à l’insurrection qui a suivi.


          aux commandes de cette première vague, cet homme :

          et de ça, bizarrement, c’est pas Navis qui va nous en parler ici...

        • finael finael 8 mai 2010 16:28

          Septembre 39 évidemment, faute d’inattention !


        • Philou017 Philou017 8 mai 2010 13:00

          Puisqu’on est sur le sujet, parlons de la bataille de Belgique, où l’armée Française s’est fort bien comportée.
          Contrairement à ce qu’on croit, l’état major savait très bien que l’armée Allemande attaquerait en Belgique.
          Des unités parmi les meilleures de l’armée étaient cantonnées à Lille et alentour pour se porter au soutien de l’armée Belge, des le déclenchement des hostilités. C’est ce qu’on a appelé la « manœuvre Dyle ». Malgré un mauvais plan et des problèmes logistiques, l’armée a opéré la manœuvre de façon convenable. L’armée Française à donc affronté l’armée Allemande sur la position Dyle-Breda, en Belgique, avec le corps Anglais sur sa gauche.
          Là, les militaires Français se comporteront souvent de façon héroïque, repoussant les allemands, et gagnant au passage le plus grande bataille de chars de la campagne de France, qui se déroule à Gembloux (d’une autre importance que l’action de De Gaulle plus tard). Et ceci malgré l’omniprésence de l’armée de l’air Allemande.
          Plus tard, obligés de se replier suite à la percée Allemande à Sedan, l’armée Française se battra souvent avec courage et volonté, particulièrement autour de Lille et le long de la frontiere Française, pris à revers par la manœuvre Allemande.

          La faiblesse du fantassin Français, s’enfuyant à la moindre escarmouche, est une légende propagée par la suite, pour faire oublier le scandale de cette défaite, et les trahisons qui l’ont accompagnée.
          Pierre Porthault, sans son livre « l’armée du sacrifice », décrira tres bien cette campagne d’une armée sacrifiée. Un livre écrit par un combattant qui a participé au cœur des combats, d’une autre valeur que les historiens en chambre qui ont souvent réécrit l’histoire.

          L’armée Française a été trahie de toute part :
          - par la Belgique et ses marchands qui a refusé l’entrée de l’armée Française avant le 10 Mai pour continuer à commercer avec le Reich jusqu’au dernier moment. Obligeant l’armée Française à une manœuvre difficile et hors de propos en Belgique.
          - par l’armée Anglaise qui a refusé le combat la plupart du temps et a passé sont temps à battre en retraite en laissant les Français subir le pire des combats.
          - par l’état-major incapable d’organiser la défense convenablement, alors qu’il avait eu les huit mois supplémentaires de la drôle de guerre pour le faire.
          - et surtout pas la cinquième colonne, composée d’industriels, de financiers et de politiques favorables aux nazis, qui ont fait beaucoup pour affaiblir l’armée Française, notamment par des décisions iniques au niveau de l’organisation de l’armement, qui ont fait que beaucoup de régiments n’avaient pas leur dotation normale en Mai 40.
          Je soupçonne aussi cette 5eme colonne d’avoir fait en sorte qu’une partie de l’armée de l’air se fasse bousiller au sol, en interdisant aux commandements de base d’organiser la protection de leurs avions, et surtout d’avoir désamorcé toute possibilité de résistance en limogeant Gamelin au moment où il se préparait à lancer la contre-offensive contre la percée Allemande. Le lire d’Annie Lacroix Riz est édifiant sur ces trahisons.

          La défaite des soldats Français sera consumée par Pétain, qui finira de démoraliser les troupes et s’opposera au repli des troupes restantes en Afrique du Nord.
          Je rappelle que l’armée Allemande a subi les plus lourdes pertes pendant le mois 1/2 de la campagne de France que pendant n’importe quelle période similaire de la guerre. Quand à l’armée Française, les pertes furent encore plus lourdes.

          Si les récits qu’on peut lire sur cette époque ne peuvent que faire haïr la guerre, force est de constater que les soldats Français ont été sacrifiés, puis abaissés sans remords pour cause d’intérêt supérieur (?).


          • finael finael 8 mai 2010 15:08

            Il n’y a jamais eu de « cinquième colonne », cela est reconnu dans les ouvrages que j’ai cité et dans les nombreuses références en provenance des services de renseignement, des RG, de la police et la gendarmerie, etc ...

            La remise sur pied de l’industrie de guerre a été entreprise tout d’abord par le Front Populaire et réorganisée par les nationalisations. Mais dès 38, les changements continuels de gouvernement et la multiplication des « plans de production » ont ralenti considérablement cet effort. Durant la période 39-40 la production de guerre a fait un bond énorme, mais le matériel n’était souvent pas « bon de guerre », les sous-traitants ayant été oubliés.

            L’armée de l’air n’a pratiquement pas subi de pertes au sol.

            Il était plus que temps de limoger Gamelin : son refus du regroupement des blindés, son incompréhension (et sa défiance) de l’emploi de l’aviation, sa véritable « allergie » au mouvement, sa décision de laisser plus de 200 000 hommes derrière la ligne maginot sont des causes majeures de la défaite.

            Et le 19 mai 40 l’armée française n’avait plus de quoi lancer la moindre contre-offensive majeure. Le principal corps de bataille étant encerclé en Belgique. Ce furent les journées du 12 au 16 mai qui furent décisives.

            Quant à Pétain, non seulement il était proche des fascistes, mais il a décidé d’un armistice (politique) au lieu d’une capitulation (militaire) engageant ainsi le gouvernement français dans la voie de la collaboration.

            Quant aux pertes subies, là encore les recherches récentes montrent que si elles furent très fortes, elles n’ont pas été aussi terribles qu’à Stalingrad, à Koursk, dans la bataille de Falaise.
            Il ne faut pas tomber d’un mythe à l’autre.


          • Philou017 Philou017 8 mai 2010 19:09

            Il n’y a jamais eu de « cinquième colonne », cela est reconnu dans les ouvrages que j’ai cité et dans les nombreuses références en provenance des services de renseignement, des RG, de la police et la gendarmerie, etc ...

            Jusqu’à présent, les historiens ont privilégié cette version bien tranquillisante, sans faire beaucoup d’efforts. ll est tellement plus facile de mettre tout sur le compte de l’incompétence, sans réellement enquêter. C’est tellement plus confortable. Pourtant quand on lit des récits d’époque, les accusations de 5eme colonne sont partout. Rien que cela montrerait une autre réalité. Mme Lacroix-Riz a démontré l’existence de complots, et elle n’a pas été contredite.

            La remise sur pied de l’industrie de guerre a été entreprise tout d’abord par le Front Populaire et réorganisée par les nationalisations. Mais dès 38, les changements continuels de gouvernement et la multiplication des « plans de production » ont ralenti considérablement cet effort.

            Les nationalisations n’ont pu que faciliter l’effort de guerre. Quand on prépare la guerre, on ne fait pas n’importe quoi. Or c’est bien du n’importe quoi auquel on a assisté. La France à continuer à exporter des matériels de guerre pendant cette période, des matériels qui ont manqué cruellement à nos soldats . L’incompétence a bon dos. Certaines décisions sont tellement grossières qu’elles ne peuvent être que du sabotage.

            De Gaulle à la Libération préfèrera oublier tout cela pour cause de réconciliation nationale.

            Durant la période 39-40 la production de guerre a fait un bond énorme, mais le matériel n’était souvent pas « bon de guerre », les sous-traitants ayant été oubliés.

            De nombreux matériels étaient entreposés dans des usines ou des entrepots sans être distribués à l’armée. Comme les Dewoitine 520 à Toulouse, des pièces anti-char, etc

            Il y a avait des réaffectations incroyablement fréquentes dans les unités, ce qui a handicapé nombre d’entre elles. Des milliers de sapeurs étaient inutilement affectés dans une caserne à l’arrière, ils manqueront durement lors des combats. etc,etc,etc

            Après on trouve toujours une explication technique ou un prétexte pour justifier l’injustifiable.

            L’armée de l’air n’a pratiquement pas subi de pertes au sol.

            C’est faux. Les bombardiers Allemands larguaient leurs bombes sur les terrains, puis faisaient des passes à la mitrailleuse pour allumer les zincs alignés sur les pistes, vu la faible DCA, et l’absence de chasseurs en l’air, conformément aux instructions.

            Il était plus que temps de limoger Gamelin : son refus du regroupement des blindés, son incompréhension (et sa défiance) de l’emploi de l’aviation, sa véritable « allergie » au mouvement, sa décision de laisser plus de 200 000 hommes derrière la ligne maginot sont des causes majeures de la défaite.

            C’est le plus mauvais moment pour le limoger. Il ne pouvait pas y avoir pire, le temps que Weygand arrive (il est au moyen Orient !), estime la situation, monte les plans d’une contre-attaque, c’est terminé. 

            On aurait pu faire venir Weygand pour qu’il prenne connaissance de la situation avant d’envisager son remplacement. Mais, non, la pire solution qui soit est prise au pire moment. Quand aux soi-disants insuffisances de Gamelin, elles ne me paraissent pas si importantes que cela. En tous cas, on ne lui a pas laissé le temps de faire ses preuves.

             L’absence d’une réserve derrière les lignes il est vrai a été complètement irresponsable. Mais c’est quand même pas très dur de traverser la moitié de la France. En 14, on avait bien amené les soldats sur la Marne. Mais surtout il a manqué un chef et un plan de bataille aux moments cruciaux.

            Et le 19 mai 40 l’armée française n’avait plus de quoi lancer la moindre contre-offensive majeure. Le principal corps de bataille étant encerclé en Belgique. Ce furent les journées du 12 au 16 mai qui furent décisives.

            C’est faux. Il y a des forces en réserve dans leurs cantonnements, relativement loin du champ de bataille, mais pas trop loin quand même. Y compris des unités de char de haut niveau. Ces unités vont monter au front dans la pagaille et sans coordination, et elles seront balayées, ce qu’on peut imputer aussi au manque de commandement.

            Si les réserves étaient trop loin, on pouvait les coordonner, et agir en relation avec la 1ere armée. Le changement de commandement sera catastrophique. Le 16 Mai, il y a encore des forces importantes, et des unités d’élites, qui sont opérationnelles autour de lille et Lens. La 1ere armée est prête au combat, malgré des pertes en hommes et matériel. Les troupes se sont repliée en assez bon ordre depuis la Dyle et sont prêtes au combat. Elles ne demandent qu’à agir en coordination avec le haut-commandement, pour briser l’encerclement. Les ordres et contre-ordres se succèdent. Finalement elles se contenteront de défendre, avant d’être contraintes à la reddition, faute de munitions notamment.

            Quant à Pétain, non seulement il était proche des fascistes, mais il a décidé d’un armistice (politique) au lieu d’une capitulation (militaire) engageant ainsi le gouvernement français dans la voie de la collaboration.

            On est d’accord là-dessus.

            Quant aux pertes subies, là encore les recherches récentes montrent que si elles furent très fortes, elles n’ont pas été aussi terribles qu’à Stalingrad, à Koursk, dans la bataille de Falaise.
            Il ne faut pas tomber d’un mythe à l’autre.

            Relisez ce que j’ai écrit exactement. Pas question de mythe, mais d’informations précises.


          • finael finael 8 mai 2010 22:22

            Justement, vous n’avez aucune référence précise sauf un ouvrage.

            Des chiffres ? aucun.
            Des preuves ? aucune.

            Vous exprimez une opinion celle d’Annie Lacroix Riz
            , je vous cite des documents, des archives du Service Historique des Armées, les mémoires de différents généraux, je pourrais y ajouter « Les dossiers de la France Contemporaine » de Claude Paillat T3 et 4, « De Gaulle et ses blindés » de Paul Huard. La série des Docavia sur le Dewoitine D-520, sur « le Léo 45, l’Amiot 350 et autres B4 », avec les chiffres des appareils construits, pris en compte par l’armée, remis aux unités, ... « Les blindés français de 1920 à 1940 », « La guerre de 1940 : la défaite » de Paul Rocolle et d’innombrables revues et articles.

            Alors « vous soupçonnez », vous affirmez, mais vos connaissances sont vraiment sommaires. Et je ne parle pas de vos connaissances stratégiques !


          • Philou017 Philou017 9 mai 2010 01:30

            Vous exprimez une opinion celle d’Annie Lacroix Riz
            Ce n’est pas seulement son opinion, mais des faits dûment répertoriés et documentés. Et du reste j’ai fait mes propres recherches moi-même.

            , je vous cite des documents, des archives du Service Historique des Armées, les mémoires de différents généraux,

            Et alors ? Des tonnes de citations ne font pas raisonnement.
            on peut faire dire ce que l’on veut aux chiffres. Moi je cite des faits précis, même s’il n’y a pas de lien sur Internet. (je n’ai pas envie de passer du temps à chercher non plus vu votre parti-pris et votre refus d’ouverture à d’autres hypothèses que les vôtres)

            Alors « vous soupçonnez », vous affirmez, mais vos connaissances sont vraiment sommaires. Et je ne parle pas de vos connaissances stratégiques !

            Affirmation gratuite. Vous n’avez pas contesté une seule des affirmations que j’avance. Quand à mes connaissances stratégiques, j’attend là aussi vos arguments.


          • Philou017 Philou017 9 mai 2010 01:50

            GC II/5 : 6h00 du matin. Reveil en fanfare ! Les sirènes de la ville hurlent à l’unisson. Des avions remplissent le ciel.
            Bombardiers Heinkel111. Dornier 17 et 215, protégés par une multitude de chasseurs Messerschmitt 109 et 110 survolent notre terrain.
            Curieusement, la ville a donné l’alerte mais nous n’avons pas eu un coup de téléphone de l’état major ou de qui que ce soit. Les lignes de guet n’ont pas fonctionné. Des chapelets de bombes creusent d’énormes cratères. Le Mordan a du bon. Ses murailles épaisses sont une protection efficace contre ce déluge d’acier. Seul le sol tremble et de larges plaques de ciment s’écrasent au sol.
            Nos avions, judicieusement répartis en bordure du terrain et bien camouflés par les mécanos, sont intacts. Sidérés, les pilotes des patrouilles d’alerte sont aux premières loges. La formation ennemie, son chargement largué, fait demi-tour.
            Chacun se précipite pour évaluer les dégats. Ils sont pratiquement nuls, si l’on excepte les trous de bombe qui parsèment le terrain. Seule, une large bande le long de la route est utilisable pour le décollage.
            Les cratères sont aussitôt balisés afin qu’un avion, en roulage, ne capote dedans.Nous sommes déjà dans les carlingues, attendant un ordre de décollage qui ne saurait tarder, espérons-nous.
            Le commandant Hugues, au contraire, reçoit des directives formelles qui le laissent pantois.
            -Interdiction de décoller. Attendez mes ordres. Soyez prêts, intime le commandant de la ZOE.
            -Attendre quoi ! hurle Hugues dans le combiné. Nous sommes prêts depuis longtemps ! Il y a trois minutes, les fritz étaient sur notre tête ! Que font les transmissions ? Notre terrain a été bombardé. De quoi ai-je l’air, je vous le demande, mon général !
            Jamis nous n’avons vu notre chef dans une telle colère !
            -Silence, Hugues ! Je sais ce que je fais !
            -Je n’en suis pas si sûr !
            Ulcéré, Hugues raccroche. Il murmure entre ses dents, pour lui-même :
            -Même dans les coups les plus durs, en 17, je n’ai vu une telle incurie
            .(21)
            Vers 15h00, une douzaine de He111 ont bombardé le terrain du Mordan et la gare de Toul, sans qu’aucun ordre de décollage ne soit donné. Dendant ce temps, Nancy était sérieusement bombardée pour la troisième fois de la journée.
            Vers 17h00, arrive enfin un ordre de décollage pour une mission de destruction sur le Luxembourg, qui a donné lieu à un combat avec une vingtaine de Me109. L’Adjt le Montgolfier réclame un chasseur adverse.(38)

            GC II/6 : Langlure-Vouarces.
            Les bombardiers allemands passent sur le terrain et arrosent.... les champs environnants ! Les avions décollent toute la journée en protection de terrain mais ne voient pas un seul appareil ennemi.

            GC II/7 : Luxeuil Saint-Sauveur
            “ Les pilotes d’alerte de la troisième escadrille ont été surpris au lever du jour et le chef de patrouille, alors qu’il courrait vers son avion, a même été blessé gravement par le mitrailleur d’un bombardier ennemi arrivant au ras du sol.
            Quelques minutes après, les deux autres décollent. L’un d’eux est presqu’immédiatement abattu ( Commandant Clicquot de Mentque) et l’autre poursuit des avions qui lui échappent. C’est terminé pour la réaction aérienne.
            Les trois ou quatre canons de 25 mm qui défendent le terrain ne tirent pas tout de suite. Lorsqu’ils ouvrent le feu, les servant sont immédiatement aveuglés par les gaz de poudre car il manque une pièce essentielle à la bouche de leurs armes.Les allemands eux les repèrent et les attaquent aussitôt. Un coup au but sur l’un des emplacements de tir met quasiment fin à la réaction de notre DCA légère.
            Les Heinkel 111 font alors ce qu’ils veulent, dans un ciel où personne ne s’oppose plus à eux.
            Sans se presser, comme au champ de tir, ils passent sur le terrain à basse altitude et bombardent et mitraillent tout ce qui leur semble interressant, à commencer par les avions. Il faut croire qu’ils ne sont pas très adroits puisqu’ils me ratent d’ailleurs de peu, détruisent un ou deux avions voisins, et endommagent légèrement nos installations. Enfin, à bout de munition, ils s’en vont sans problème
            .”(ICARE n°145 témoignage de Pierre Boillot)
            Dans la matinée, une patrouille commandée par le Cne Hugo a attaqué et abattu un He111 qui s’est posé sur le ventre près de Belfort.
            Dans l’après-midi, des bombardiers sont signalés en direction du terrain et deux escadrilles (3ème et 4ème) décollent pour les intercepter.En fait, il s’agit de Bf110, qui surprennent les MS406 : un pilote tué (Sous-Lieutenant Collens), un autre gravement blessé à l’oeil, un avion détruit , plusieurs autres endommagés !(9)

            GC II/8 : “ A l’aube , je commande la patrouillle d’alerte. Il fait encore nuit quand les bombardiers allemands attaquent le terrain de Calais. Les bombes commencent à tomber et je donne l’ordre de mettre en route mon avion et celui de mon équipier.
            Je mets précipitamment mon parachute lorsqu’un mécanicien vient me dire : ‘ Mon lieutenant, vous pouvez l’enlever car ils ont fait la vidange’. Cela signifie que mon avion est pulvérisé et , hélas, l’adjudant qui se trouvait dans la carlingue pour effectuer la mise en route de même que le soldat qui tournait la manivelle sont tués tous les deux.
            Mon équipier, le sergent Honorat, plus chanceux, réussit à décoller en slalomant à travers les trous criblant le terrain.
            Il revient en annonçant qu’il a descendu un He111.
            Première victoire et premiers tués.”
            (ICARE n°156 ; Colonel Dutey-Harispe)
            Trois MB152 ont été détruits, neuf autres ont été endommagés.Le S/C Honorat a abattu un He111 en collaboraton avec le Sgt Durand du III/1.(44)
            Recupéré ici.


          • chuppa 9 mai 2010 07:24

            Facile de trouver des trahisons , faut arrêter de fumer la moquette !!!


          • finael finael 9 mai 2010 12:37

            C’est amusant comme votre récit tiré de la revue « Icare » (que j’ai également) confirme ce que je dis et contredit vos affirmations : Comme vous le verrez si vous vous relisez, pratiquement aucun avion n’est détruit au sol.

            On y retrouve aussi la rigidité de la doctrine française où les commandants attendent les ordres ... qui bien souvent ne viennent pas ou trop tard.

            En fait cette recopie d’une revue ne fait que confirmer mon point de vue.


          • finael finael 8 mai 2010 16:57

            Non, c’était possible. L’offensive telle qu’elle a eu lieu n’a été décidée qu’en février 40 à la suite de la capture des plans allemands qui prévoyaient jusque là une répétition de la manoeuvre d’août 14. Et c’est à cette manoeuvre que s’était préparée l’armée française.

            Qui plus est le terme « blitzkrieg » ne semble pas avoir été utilisé dans les plans allemands, son emploi est venu après coup. Tous les généraux allemands s’attendaient à une guerre longue et difficile et ont eux-mêmes été surpris par la rapidité de leur victoire. En fait Hitler leur avait assuré que la France et l’Angleterre ne déclareraient pas la guerre pour défendre la Pologne.


          • Philou017 Philou017 8 mai 2010 20:00

            Non, c’était possible. L’offensive telle qu’elle a eu lieu n’a été décidée qu’en février 40 à la suite de la capture des plans allemands qui prévoyaient jusque là une répétition de la manoeuvre d’août 14. Et c’est à cette manœuvre que s’était préparée l’armée française.

            L’attaque allemande a fait l(objet d’un exercice en 1938, où la faiblesse du front sur la Meuse a été démontrée. Mais l’état-major curieusement n’en a pas tenu compte.

            Qui plus est le terme « blitzkrieg » ne semble pas avoir été utilisé dans les plans allemands, son emploi est venu après coup. Tous les généraux allemands s’attendaient à une guerre longue et difficile et ont eux-mêmes été surpris par la rapidité de leur victoire.
            Bien sur que non. Ils ont attaqué en force pour s’assurer d’une guerre courte. A mon avis, ils n’avaient pas la logistique pour mener une guerre supérieure à six mois.

            En fait Hitler leur avait assuré que la France et l’Angleterre ne déclareraient pas la guerre pour défendre la Pologne.

            Hitler savait qu’on lui déclarerait la guerre. Comment peut-il l’ignorer ? Mais il savait qu’il ne serait pas attaqué pendant qu’il faisait le ménage en Pologne. L’attaque Française sur la Ruhr à ce moment a fait 20kms en avant, avant de se replier,.... devant le manque de résistance.
            Si les Français avaient poussé leur attaque, ils occupaient la Ruhr et la guerre était finie.


          • finael finael 8 mai 2010 22:05

            J’ai cité l’exercice d’état major de 1938 et les conclusions qui en ont été tirées.

            Quant à « Hitler qui ne pouvait ignorer que ... » vous y étiez ?
            Parce que l’ensemble des témoins de l’époque vous contredisent.


          • Philou017 Philou017 9 mai 2010 01:32

            Quant à « Hitler qui ne pouvait ignorer que ... » vous y étiez ?
            Parce que l’ensemble des témoins de l’époque vous contredisent.

            Quels témoins, et qui se basent sur quoi ?


          • finael finael 9 mai 2010 12:30

            Les témoins : les généraux et officiers de la wehrmacht, le secrétaire de Hitler, entre autres ...


          • kitamissa kitamissa 8 mai 2010 13:27

            je voudrais juste faire une petite remarque sur l’article de l’auteur ...

            « le 10 Mai,les nazis enfonçaient les lignes de défense Françaises »....

            c’est la Verhmacht qui s’est engagée dans l’invasion,donc l’armée régulière composée de la conscription ,souvent des soldats bien entrainés certes,mais pas obligatoirement inscrits au Parti National Socialiste ....

            donc ce ne sont pas les Nazis,mais l’armée Allemande ..nuance .


            • finael finael 8 mai 2010 16:47

              @ chanteclec

              L’état-major français ne croit pas, en 39-40 à la possibilité d’une traversée des Ardennes par des divisions blindées ou motorisées. Lors d’un exercice d’état-major en mai-juin 38 le général Prételat effectue cette manoeuvre mais est disqualifié en raison de son « impossibilité » (SHAT, « Sedan 1940 », Vincennes pp 24-63).

              Il est à noter que Guderian lui-même considèrait cette manoeuvre comme très risquée (« Panzer Leader », New York, Ballantine Books, 1956, pp 83-84).

              Mais le plus grave est que dès le 10 mai des reconnaissances aériennes montrent une importante concentration de blindés dans les Ardennes. L’état-major ne les prend pas en compte. Si l’aviation était intervenue elle aurait fait un massacre (contrairement à Tongres et à Maastricht la « flak » ne pouvait pas se déployer).


            • kitamissa kitamissa 8 mai 2010 17:16

              Chantecler...

              il n’y a pas de gentille Verhmarcht ni de gentille Luftwaffe ,il y a des soldats ou des aviateurs auxquels on a transmis des ordres comme à n’importe quelle armée ....

              l’ennemi est désigné,on frappe et ça dans n’importe quel camp ...

              d’autre part lors des grands rassemblements de l’armée Allemande devant Hitler lors des meetings,je crois que comme n’importe quel bidasse il n’y a pas trop le choix,on obéit aux ordres,point barre .....


            • LADY75 LADY75 8 mai 2010 19:44

              Lady Paname dit :

              Mr Gelone, sur d’autres sujets... comme en ces débats tournant autour de la hiérarchisation des races, notion qui à vos yeux, est d’une importance primordiale, vous faites souvent moins que l’auteur de cet article, preuve de rigueur sémantique !

              Je vous renvoie à l’examen de vos propos passés.. ce qui ne devrait guère constituer pour vous une fastidieuse recherche !


            • brieli67 8 mai 2010 20:52

              La France n’a pas été désarmée au sortir de ww2, à l’inverse elle s’est retrouvée ( pour soigner la giffle de la drôle de guerre ?)

              La politique de décolonization du Commenwealth continuait « pacifiquement » son bonhomme de chemin engagé dans l’entre deux guerres. Avec le raté de la Palestine en 47... 

              Au demeurant , la IV République s’est elle donnée les moyens ou se contentait d’éloigner le Miltaire de la Cité de peur d’un coup d’Etat.... 
              1958 : Coup d’Etat ou pas. A l’instar du « despotisme éclairé », un régime « éclairé » pour se relever des décombres 



            • morice morice 8 mai 2010 15:02

              donc ce ne sont pas les Nazis,mais l’armée Allemande ..nuance .


              c’est exact, et on peut aussi saluer pour une fois Sarko... 


              à mettre en relation avec ça

              • morice morice 8 mai 2010 15:03

                Quand on est approximatif sur un point aussi important et que je peux vérifier, qu’en est-il de la crédibilité des autres détails, de moindre importance et que je ne pourrais vérifier qu’au prix de recherches plus ou moins longues ?


                Gelone n’étant pas approximatif sur le nombre de minarets bien sûr....

                • Darius 8 mai 2010 16:31

                  Oui ce fut une défaite mais pas du tout la déroute qu’on nous a inculquée ensuite.
                  L’armée française s’est battue, courageusement et vaillament, c’est un fait.
                  Alors pourquoi toujours cette légende, d’une armée française nullissime ? de soldats français défaitistes ? d’un équipement inexistant ? d’une quasi absence de combats ?
                  C’est simple, dans l’imaginaire collectif des Français, c’est comme si la représentation qui subsiste de la campagne de France était toute droite issue de la propagande du III Reich !
                  La raison majeure de cette imposture historique (qu’il faut dénoncer sans relache !) tient au changement de régime, la III république a disparu avec la défaite et tout nouveau régime (celui de Vichy en l’occurence) est en quête de légitimité et a intérêt pour se faire à discréditer le régime précédent, même au prix de la diffamation !
                  Donc harro sur la III république, le front populaire, ses politiques et son armée, la France à cette époque ne connaissait que la chienlit .. mouais .. un peu rapide, on peut même dire que c’est faux, il n’empêche, vu le traumatisme de la défaite, la légende est tenace ..
                  Ensuite la IV puis la V république ne chercheront pas à revisiter l’histoire et à faire un peu mieux la part des choses, non une III république incapable, c’est plus commode pour eux, dont acte !
                  Résultat : 70 ans après le Français de base voit toujours la défaite de 1940 sous l’angle d’un documentaire de propagande nazie, c’est-y pas beau cette persistance ?

                  J’oubliais, les docs de Finael sont très pertinents, une mine


                  • finael finael 8 mai 2010 17:07

                    Il semble que le choc psychologique provoqué par l’effondrement rapide de la France ait été très profond, aussi bien dans le pays qu’à l’étranger.

                    C’est ce qu’écrit robert Frank dans « La hantise du déclin » Paris, Belin 1994 ainsi que dans « La mémoire empoisonnée ».

                    De même que Stanley Hoffmann dans « Le trauma de 40 » Editions du seuil, 1993.

                    Ces ouvrages expliquent la montée de la « déclinologie » en France par ce traumatisme puissant et jamais remis en cause, contrairement à celui de Vichy et des « années noires ».


                  • frédéric lyon 8 mai 2010 17:34

                    Cessons de réécrire l’Histoire, la France ne pouvait pas lutter seule contre l’Allemagne en 1940, et elle s’est écroulée si rapidement que personne n’a pu venir l’aider efficacement.


                    N’oublions pas qu’elle avait déjà eu beaucoup de mal pendant la première guerre mondiale et qu’il avait fallu que les British et les Américains viennent massivement à son secours. 

                    En 1917, l’Allemagne, qui s’était débarrassé de son front russe grâce à la révolution bolchévique, nous aurait écrasé (ainsi que les Anglais, qui étaient eux aussi sur le fil du rasoir) si les Américains n’étaient pas venus à toute vapeur.

                    Et n’oublions pas qu’en 1870, elle s’était déjà écroulée en quelques semaines.

                    Comment une France de quarante millions d’habitants avec une industrie trop faible et dans un état de désordre politique complet aurait-elle pu lutter contre l’Allemagne ?

                    Les causes du déclin de la France sont lointaines. Le déclin de la France remonte en fait à 1810, date de l’apogée économique, démographique, politique et militaire de notre pays.

                    Ces causes sont démographiques, la France subit effondrement de sa démographie au cours du 19 siècle, et aussi économiques avec la fin de la domination de la société rurale et de l’Agriculture comme créatrice de richesse dans l’économie. 

                    La France est un pays rural qui prendra mal le virage de la première révolution industrielle au 19ème siècle, qui prendra mal le virage de la seconde révolution industrielle au début du 20ème siècle et qui prend mal le virage de la troisième révolution industrielle aujourd’hui.

                    Dès que l’Agriculture a cessé d’être le moteur de l’économie, vers 1850, la France a commencé à décliner rapidement.

                    Et le répit des trente glorieuses est terminé. 



                    • lemouton lemouton 8 mai 2010 18:25
                      "N’oublions pas qu’elle avait déjà eu beaucoup de mal pendant la première guerre mondiale et qu’il avait fallu que les British et les Américains viennent massivement à son secours. 

                      En 1917, l’Allemagne, qui s’était débarrassé de son front russe grâce à la révolution bolchévique, nous aurait écrasé (ainsi que les Anglais, qui étaient eux aussi sur le fil du rasoir) si les Américains n’étaient pas venus à toute vapeur."

                      D’accord pour l’action des anglais en 14/18, mais les américains sont arrivés en fin de deuxième mi-temps et ils n’ont pas changé le cours de la guerre, ils ont accéléré la fin et permis d’économiser des vies.. 


                    • finael finael 8 mai 2010 18:36

                      Voila bien une réécriture de l’histoire vue par un déclinologue.

                      Les américains, bien que les premiers soient effectivement arrivés en 1917 n’ont pas du tout été engagés cette année là, et seulement marginalement en 1918. C’est bien l’armée française qui a gagné cette guerre car c’est elle qui a supporté le plus gros du poids de la bataille. elle y a d’ailleurs gagné sa réputation de « première armée du monde » et ce malgré l’incompétence sanglante de beaucoup de ses chefs.

                      Le désastre de 1870 - 71 n’a pas pris « quelques semaines » mais 6 mois (19 juillet 1870 - 29 janvier 1871) et les parisiens, après un siège de 4 mois n’ont pas été battus, d’où le ressentiment contre les « capitulards » et la Commune de Paris.

                      La France de 40 millions d’habitants avait une industrie puissante, récemment réorganisée et capable de produire plus d’armes que l’Allemagne en 1940 (en fait elle disposait de plus d’avions en juin 40 qu’au 10 mai, contrairement à l’Allemagne.

                      Il n’y a pas eu « d’effondrement » démographique, vous devriez revoir vos sources, mais une baisse de la natalité commencée au XVIIIème siècle mais plus lente que dans les pays voisins. l’Allemagen reste le seul pays d’Europe plus peuplé que la France mais au rythme actuel cela ne va pas durer.

                      Si par « désordre politique » vous voulez parler de l’instabilité gouvernementale c’est sans doute exact, mais c’est le seul point.

                      Quant à dire que la France a mal pris les différents virages de la révolution industrielle, c’est faire peu de cas de la réalité. Bien sûr la France a une agriculture très puissante, mais c’est une force et non une faiblesse.

                      Pour le reste je vous signale que depuis les années 60 jusqu’aux années 90 le produit industriel brut de la France a augmenté plus rapidement que celui des USA. Ce n’est pas à proprement parler un « mauvais virage ».

                      Vos propos déclinologique ne sont pas basés sur des faits
                      , mais des convictions et des opinions, c’est assez différent.


                    • brieli67 8 mai 2010 20:12

                      SUR 1916 _1917 sur un ancien article archivé 

                      on oublie trop souvent que les allemands dans la bataille des tranchées avaient marqué le dessus.... et Paris était plus que menacé.

                      Le Chancelier de la Prusse Théo von Bethmann_Hollweg 
                      sur wiki allemand un excellent article sur ce pacifiste réhabilité
                      http://de.wikipedia.org/wiki/Theoba...

                      soutenu par son Parlement renforce son action diplomatique pour stopper la guerre....
                      statu quo en orient : 
                      construction d’une ligne de chemin de fer Berlin_Bagdad et exploitation prussienne
                      au nord les territoires de l’Empire Ottoman reviennent aux français au sud aux anglais 
                      statu quo de la politique « expansionnisme colonialiste allemande »

                      Les industriels belligérants des deux bords voulaient continuer de fabriquer et de vendre....
                      Résultat des courses après une campagne de rumeurs et de dénigrement
                      le Chancelier connu comme homosexuel se faisait traiter de « sans couilles » etc...
                      une dictature militaire en Allemagne avec Hintenburg et surtout Luddendorf _voir le mensonge du « couteau dans le dos » son soutien après 18 aux nazis et la secte crée par son épouse 

                      Pendant dix mois, l’Allemagne cherchait une solution diplomatique au conflit en attendant la réélection du démocrate Woodrow Wilson en novembre ( sic) et ce laps de temps restait militairement dans la guerre de positionnement.

                      Les industriels avec certaines têtes brûlées ont gagné .....

                      --------------------------------------------------------------------------


                      C’est devenu complètement illisible :
                      des disparus des exclus
                      une hécatombe ! A qui profite le crime !

                      Et ce n’est pas le seul fil « historique » en tel piteux état !
                      On préfère le story_telling made Reader’s Digest.

                      J’aurai bien voulu lire du Colonel Emile Mourrey,au lieu de sa saga bourguignonne, ses impressions persos des 6o dernières années, sa traversée du siècle.
                      Des historiens_enseignants Morice, LeFurtif certes autre chose !
                      Des débatteurs de la « chose militaire » ont disparu ou se font rares
                      vous voulez des noms ?


                    • finael finael 8 mai 2010 22:35

                      Les offensives allemandes du printemps 1918 sont un « suprême effort » pour changer le cours de la guerre. Malgré une forte poussée initiale en avril - mai elles sont contenues en juin puis repoussées en juillet. Les allemands sont à bout de forces et de ressources, la population et même les troupes ont faim, les soldats sont épuisés, ils n’ont plus assez de munitions. Le blocus a fait son oeuvre et la situation n’a plus rien à voir avec celle de 1914. Une brigade des marines américain est engagée à Bois-Belleau.

                      La contre-offensive est irrésistible, les alliés disposent de plus de mille chars et de centaines d’avions.


                    • Cogno2 8 mai 2010 20:11

                      Le Blitzkieg c’est :

                      - Deux percées avec engouffrement de divisions mécanisées à fond les gamelles.
                      Objectif :encercler l’armée ennemie.
                      Une colonne de reconnaissance légère repérée pleine balle sur un route à 30km derrière la ligne de front à vite fait de devenir dans les rapports : « l’ennemi est sur nos arrières » -> débandade morale -> défaite.
                      - Jonction des deux percées initiale et encerlement de l’armée ennemi.
                      - Anéantissement de l’armée isolée.

                      Le but est l’anéantissement en une bataille de l’armée ennemie.
                      Ceci échouera en URSS pour trois raisons :

                      - La profondeur du champ de bataille.
                      - La sous estimations délirante des effectifs de l’armée rouge. Les pertes subies par l’URSS au début de l’offensive Allemande pulvérisent les estimations des effectifs totaux de l’armée rouge.
                      - La tactique de replis des Soviétique, rendue possible par l’immensité du territoire, qui fait que quand la percée ennemie perds son élan, un nouveau front est déjà formé, et tout est à refaire.

                      Ces trois raisons mettent en évidence la faiblesse de cette stratégie éclair, à savoir la portée limitée des machoires de la tenailles.


                      • Cogno2 8 mai 2010 21:35

                        J’ai oublié la météo, mais ce un impondérable indépendant de la stratégie employée, et contre lequel il est très difficile d’agir, même de nos jours.

                        Pour la campagne de France, le but était quand même l’encerclement et l’anéantissement des divisions d’élites massées près de la Belgique.
                        En clair anéantir d’un coup le potentiel offensif de l’armée ennemie.
                        Quand le mouvement tournant s’est engagé, il ne s’est arrêté qu’a la mer ; malgré les ordres.


                      • Cogno2 8 mai 2010 21:37

                        Mais enfin Kiev a été ratiboisé et Leningrad 2,5 années de blocus et plus d’un million de morts de faim.

                        L’URSS était tout simplement un morceau trop gros pour l’armée Allemande, situation aggravée par l’absence totale d’aviation stratégique.


                      • Cogno2 8 mai 2010 21:44

                        en fait il aurait fallu adopter la tactique Allemande....bombardement,ou tirs d’artillerie intensifs,puis les blindés suivis de l’infanterie pour nettoyer le terrain ....

                        Mon premier post était surtout pour corriger la phrase cité ci dessus, et bien préciser le pourquoi de ce nom de « Blitzkgieg ».
                        La phrase citée concerne la préparation des percées pour les machoires de la tenaille, après, les blindés avancent sanas s’arrêter, sans perdre de temps à nettoyer quoi que ce soit, il faut avant tout refermer la nasse avant que l’ennemi n’ai eu le temps de réagir.


                      • titi titi 9 mai 2010 00:00


                        @Cogno2

                        Votre parallèle entre la campagne de France est celle de Russie est intéressante, car comme vous le soulignez, l’absence de profondeur stratégique est déterminante.

                        Mais ce parallèle mérite d’être approfondit... en effet nous savons tous que les Allemands ont finalement été arrêter lors des sièges des grandes villes Russes : stalingrad mais aussi Leningrad et Moscou.
                        Mais pourquoi n’y a-t-il pas eu de « siège » pendant la campagne de France ?
                        Tout simplement parceque le gouvernement Francais a déclaré les villes francaises « ouvertes ». Or cette décision est bien une décision politique et pas militaire.
                        Le rejet des responsabilités sur l’armée ou je ne sais pas quoi, masque la carence de nos politiques. Or ces mêmes politiques sont ceux qui reviendront en 1945. Ce sont donc eux qui vont écrire l’histoire.
                        En particulier on ne parle pratiquement jamais :
                        - des villes ouvertes : c’est particulièrement le cas de Nantes qui a été « livrée » alors même que des unités tentaient de défendre les ponts sur la Loire en amont... des soldats morts pour rien..
                        - la non prolongation de la ligne maginot sur la frontière belges, décision diplomatique...
                        - les sabotages sur le matériel en sortie d’usine (mon grand père avait été retiré du front pour aller garder des avions dans leurs usines) sur instructions de ce qui deviendra le « parti des fusillés ».


                        Mais ce n’est pas la première fois que cela arrive dans notre histoire...
                        Plus haut de ce forum certains évoquent la guerre de 1870. On rabache que cette débacle c’est bien entendu la faute de Napoléon III... Mais jamais on évoque le rejet de la loi Niel (http://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_Niel) par les républicains. Ces mêmes républicains qui prendrons le pouvoir en 1871 et auront donc la tâche d’écrire l’histoire.


                      • Gui Hottine Gui Hottine 8 mai 2010 21:28

                        @l’auteur : « Cette »campagne de France" ainsi nommée, laisse un goût de cendre dans la bouche et une honte au point qu’il est décent de ne l’évoquer qu’à mots couverts que ce soit dans les discours officiels où dans les manuels scolaires.« 

                        Effectivement, on ne parle pas beaucoup de cette échec militaire français. Je ne pense pas que ça soit par »honte« . On a surtout plus de mal à parler de la »collaboration" du gouvernement Vichy, et d’une partie de la population française.

                        Toutefois, qui sommes nous pour juger ? Comment peut on juger de quelque chose qu’on n’a pas vécu. Je n’ai jamais vécu la colonisation de mon pays. Qu’aurais-je fait dans ces circonstances ? Je ne sais pas. Pas plus qu’aucun lecteurs d’Agoravox non plus.


                        • Spip Spip 9 mai 2010 14:31

                          Les légendes sur la défaite éclair de 40 sont encore tenaces au point de réapparaître de-ci de-là dans les médias, ce qui ne manque pas de me faire râler à chaque fois !

                          - Le Front Populaire aurait désarmé la France : Faux, c’est le gouvernement de Daladier au pouvoir depuis 1938 qui a mené une politique pacifiste « d’arrangements raisonnables » avec l’Allemagne, trahissant au passage ses traités d’assistance (Tchécoslovaquie) On le paiera plus tard (voir ci-dessous) La Gauche, elle, avait commencé à réarmer, notamment avec le plan de Pierre Cot, Ministre de l’Air.

                          - L’aviation française absente du ciel (aux yeux des combattants à terre) : Faux, mais la plupart des combats aériens se déroulant vers 5 000 m, les fantassins n’en ont pas vu grand chose. Par contre, les Stuka qui étaient arrivés à passer, ils les ont vus de près, c’est sûr.

                          - La supériorité des chars allemands : Faux en nombre. Nous en avions plus qu’eux (de qualité inégale) et si nous n’avions pas trahis les Tchèques, les Allemands n’auraient pas pu se servir tranquillement dans leurs arsenaux. Skoda fabriquait d’excellentes armes dont le meilleur canon anti-char du moment et les chars Modèle TNPH 35 et 38 qui équipèrent majoritairement la « division fantôme » de Rommel passant au travers de la forêt des Ardennes.

                          C’était bien la doctrine d’emploi qui datait et les moyens qui vont avec. Pas assez de radios, pas de couverture DCA moderne, pas d’emploi binôme char/avion, pas d’exploitation rapide d’une percée possible. Bref pas de vraies divisions blindées, l’unité de De Gaulle étant un prototype considéré avec méfiance, voire hostilité par l’État-Major.

                          Je ne vais pas reprendre tout ce qui a été déjà dit ici, juste quelques souvenirs d’un fantassin du 42ème Régiment d’Infanterie de Forteresse garnissant la Ligne Maginot à Neu-Brisach. Mon père...

                          - Les Allemands nous surplombaient depuis l’autre rive du Rhin, on ne pouvait pas bouger sans se faire arroser, il fallait être très prudents dans les déplacements - Le mouchard (Fiesler Storch d’observation) passe, on ne va pas tarder à prendre encore des obus - Pas vu d’avions français - Comme DCA on n’a que des FM Reibel dans les coupoles blindées, pas de quoi faire beaucoup de mal - Les Allemands savent qu’en tirant toujours au même endroit sur un blockhaus avec leur 88 m/m il leur faudra exactement 8 obus pour percer. Ils s’étaient entraînés sur les fortifications tchèques, prises sans combat, faites par les mêmes ingénieurs que ceux de la Ligne Maginot -

                          Quand ça a vraiment commencé, on n’avait plus d’artillerie lourde pour riposter, il paraît qu’on l’avait envoyée à l’armée Corap - Pas dormi de 3 jours, épuisé je m’étais endormi malgré le bruit sur le sol d’une casemate qui tirait à feu continu avec son 47 m/m sur rail et sa mitrailleuse lourde. Les gaz dégagés par la poudre avaient commencé à m’intoxiquer, on m’a sorti à temps -

                          La débandade ? On a fini par se faire coincer après de dur combats à reculons dans la forêt, par une colonne blindée passée dans notre dos. L’officier allemand a tenu à nous féliciter « Messieurs, nous comptions passer en 24 heures, nous avons mis 3 jours » Accessoirement, il nous a aussi sauvé la peau quand un convoi de camions rempli de blessés que nous avions fait est passé. Ils voulaient se venger...

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