Ce n’est pas si simple.
Le France avait décidé qu’elle ne serait pas l’agresseur et les Allemands eux-mêmes reconnaissent que l’idée d’attendre à l’abri d’une défense solide l’arrivée en force des alliés (dont les américains) et la sortie d’un plus grand nombre de matériels modernes permettant de ré-équiper l’aviation (Dewoitine D-551, Bloch-155, Arsenal VG-33 pour les chasseurs, Bloch-354,55,et 56 pour les bombardiers, ...) , compléter l’équipement des divisions de « série B », comme la malheureuse 18ème DI qui subit le choc à Sedan et à les entrainer était bonne : le temps travaillait contre les allemands dont l’approvisionnement en métaux et autres était largement inférieur au notre.
La ligne Maginot a eu comme défaut de ne pas être prolongée jusqu’à la mer pour des raisons politiques : pour ne pas « froisser » les Belges. Elle n’était pas faite pour être totalement invulnérable mais les « avions canons » et les DCR (Divisions Cuirassées de Réserve) devaient colmater les brèches. Les allemands n’ont jamais imaginé l’attaquer par ailleurs.
Nos blindés, contrairement à ceux des allemands étaient lents et destinés à appuyer l’infanterie (à par les Somua des DLM et DLC).
Nous n’avons pas utilisé la drôle de guerre« pour entrainer nos troupes et nos blindés à coopérer, ni pour renforcer les positions défensives, ni même entrainer correctement les divisions de »série B« .. Dans les deux attaques montées par De Gaulle l’infanterie n’a pas suivi.
Les politiques français, obéissant à l’influence anglaise, pensaient qu’on pourrait »s’arranger« avec Hitler.
Notre état-major n’était pas »en retard d’une guerre« , mais englué dans une doctrine rigide de »bataille préparée« et Le commandement ne brillait pas par son imagination ni sa capacité à prendre des décisions par lui-même.
Ceci étant, il aurait été sans doute possible de lancer une attaque dès septembre 40 avec les divisions de »série A" sur le front ouest allemand seulement tenu par des réservistes. Mais il y a une autre défaillance que je n’ai pas citée : l’insuffisance du renseignement. Et d’autre part nos chefs, politiques comme militaires, vivaient dans le souvenir de l’énormité des pertes des offensives de la guerre précédente.
Sur ce point il est intéressant de noter que les allemands on quand même perdu 30 000 hommes et le tiers de leurs blindés dans la bataille de France (il ne restait que 30 chars en état de combattre à la 7ème Pz de Rommel lors de l’armistice).
Pour les Allemands, ils considèrent à postériori que la chance a joué un grand rôle (sources citées dans ma précédente intervention).