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Commentaire de Spip

sur 10 mai 1940 : La campagne de France a eu lieu


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Spip Spip 9 mai 2010 14:31

Les légendes sur la défaite éclair de 40 sont encore tenaces au point de réapparaître de-ci de-là dans les médias, ce qui ne manque pas de me faire râler à chaque fois !

- Le Front Populaire aurait désarmé la France : Faux, c’est le gouvernement de Daladier au pouvoir depuis 1938 qui a mené une politique pacifiste « d’arrangements raisonnables » avec l’Allemagne, trahissant au passage ses traités d’assistance (Tchécoslovaquie) On le paiera plus tard (voir ci-dessous) La Gauche, elle, avait commencé à réarmer, notamment avec le plan de Pierre Cot, Ministre de l’Air.

- L’aviation française absente du ciel (aux yeux des combattants à terre) : Faux, mais la plupart des combats aériens se déroulant vers 5 000 m, les fantassins n’en ont pas vu grand chose. Par contre, les Stuka qui étaient arrivés à passer, ils les ont vus de près, c’est sûr.

- La supériorité des chars allemands : Faux en nombre. Nous en avions plus qu’eux (de qualité inégale) et si nous n’avions pas trahis les Tchèques, les Allemands n’auraient pas pu se servir tranquillement dans leurs arsenaux. Skoda fabriquait d’excellentes armes dont le meilleur canon anti-char du moment et les chars Modèle TNPH 35 et 38 qui équipèrent majoritairement la « division fantôme » de Rommel passant au travers de la forêt des Ardennes.

C’était bien la doctrine d’emploi qui datait et les moyens qui vont avec. Pas assez de radios, pas de couverture DCA moderne, pas d’emploi binôme char/avion, pas d’exploitation rapide d’une percée possible. Bref pas de vraies divisions blindées, l’unité de De Gaulle étant un prototype considéré avec méfiance, voire hostilité par l’État-Major.

Je ne vais pas reprendre tout ce qui a été déjà dit ici, juste quelques souvenirs d’un fantassin du 42ème Régiment d’Infanterie de Forteresse garnissant la Ligne Maginot à Neu-Brisach. Mon père...

- Les Allemands nous surplombaient depuis l’autre rive du Rhin, on ne pouvait pas bouger sans se faire arroser, il fallait être très prudents dans les déplacements - Le mouchard (Fiesler Storch d’observation) passe, on ne va pas tarder à prendre encore des obus - Pas vu d’avions français - Comme DCA on n’a que des FM Reibel dans les coupoles blindées, pas de quoi faire beaucoup de mal - Les Allemands savent qu’en tirant toujours au même endroit sur un blockhaus avec leur 88 m/m il leur faudra exactement 8 obus pour percer. Ils s’étaient entraînés sur les fortifications tchèques, prises sans combat, faites par les mêmes ingénieurs que ceux de la Ligne Maginot -

Quand ça a vraiment commencé, on n’avait plus d’artillerie lourde pour riposter, il paraît qu’on l’avait envoyée à l’armée Corap - Pas dormi de 3 jours, épuisé je m’étais endormi malgré le bruit sur le sol d’une casemate qui tirait à feu continu avec son 47 m/m sur rail et sa mitrailleuse lourde. Les gaz dégagés par la poudre avaient commencé à m’intoxiquer, on m’a sorti à temps -

La débandade ? On a fini par se faire coincer après de dur combats à reculons dans la forêt, par une colonne blindée passée dans notre dos. L’officier allemand a tenu à nous féliciter « Messieurs, nous comptions passer en 24 heures, nous avons mis 3 jours » Accessoirement, il nous a aussi sauvé la peau quand un convoi de camions rempli de blessés que nous avions fait est passé. Ils voulaient se venger...


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