La psychanalyse n’a, effectivement, strictement rien d’un « absolu », puisqu’au contraire, elle a toujours été posée pour démythifier et dénoncer les dogmes ; tant religieux que sociaux.
En revanche, sur la délirante théorie d’Onfray sur l’antisémitisme de Freud, ceci :
Le raisonnement est simple : accusant Freud d’avoir théorisé la notion de pulsion de mort et de l’avoir inscrite au cœur de l’histoire humaine, Onfray en vient à affirmer que puisque les nazis ont mené à son terme le plus barbare l’accomplissement de cette pulsion, cela signifie bien que Freud serait le précurseur de cette barbarie et aussi un représentant des anti-Lumières, animé par la « haine de soi juive » (« Crépuscule », p. 228 et 476). Mais il aurait fait pire encore : en publiant, en 1939, « L’homme Moïse et la religion monothéiste », c’est-à-dire en faisant de Moïse un Egyptien et du meurtre du père l’un des principes de l’avènement des sociétés humaines, il aurait assassiné le père de la Loi judaïque, favorisant ainsi l’extermination par les nazis de son propre peuple (« Crépuscule », p. 226-227). Il serait donc, de nouveau par anticipation, un persécuteur de Juif, qui, ne pouvant pas s’avouer national-socialiste parce qu’il est juif, aurait transféré sa ferveur envers Hitler en une admiration pour Mussolini, au point de les imiter dans « Psychologie des masses et analyse du moi », ouvrage publié en 1921 et qui ne traite pas de ce sujet : « A l’évidence, Freud, en tant que Juif, ne peut rien sauver du national-socialisme. En revanche, le césarisme autoritaire de Mussolini et l’austro-fascisme de Dollfuss illustrent à merveille les thèses de ’’Psychologie des masses et analyse du moi’’. »