En fait, pour synthétiser et conceptualiser la chose, l’important dans une lutte, comme dans la varappe ou le judo, est d’avoir une prise. Celui qui n’a pas prise est impuissant ! La prise des travailleurs est le travail, la prise du patronat est le salaire. Les travailleurs menacent de cesser le travail, les patrons de licencier ou de délocaliser (privant les travailleurs de revenus).
Que se passerait-il si, demain, les travailleurs argumentaient qu’étant donné que, tôt ou tard, ils se retrouveront sans emploi et sans salaire, ça ne leur fait ni chaud ni froid que celà se produise tout de suite ? Les patrons peuvent essayer de retrouver une prise en décidant de les menacer de les licencier immédiatement. Que se passe-t’il si les travailleurs ripostent en abandonnant illico leur emploi, sans même démissionner ou se mettre en congé maladie, juste en partant ?
En fait, le vainqueur est celui qui ignore la peur, celui qui, lorsque l’on menace d’abattre ses enfants, les abat lui même et les mange devant son tortionnaire en lui proposant même de partager son repas.
Comme je l’ai dit hier, c’est utopique car excessif mais le concept est une piste de réflexion pour les luttes à venir.