Cher Rony, on est en train de discuter de ce qui fait qu’une révolution a lieu (et à ce qui fait qu’elle n’a pas lieu)
Les gens de 1789 avaient faim (et ceux de 1871, assiégés par les Prussiens aussi). Ceux de Léningrad aussi.
S’il y avait en France et aujourd’hui, une proportion de gens affamés (regardant d’autres se goinfrer) comme celle de 1789, il y aurait une révolution.
Ce n’est pas parce qu’ici ou là, on pourrait trouver quelques dizaines de personnes (sans doute trop isolées) qui ont faim (dont quelques anorexiques) qu’on arriverait à trouver une masse.
Et puisqu’il est notoire que les Restos du coeur aident 800 000 personne par jour (j’y ai participé) je n’ai pas forcément tort de dire que Coluche est de ceux qui ont fait qu’il n’y a pas une énorme masse d’affamés.
Par ailleurs, si le fait que des gens en France souffrent de la faim, si leur nombre est tel que ça vaut scandale, quid du fait que dans d’autres pays ils en meurent par millions.
Mais attention l’ami, quand tu te poses en alerteur de faim au sujet de celle de certains Français, quand tu prétends -sur un sujet où l’on fait référence aux famines de 1789, qu’en ce moment il y a de telles famines, tu devrais être capable de citer des noms, une grande masse de noms. On irait alors voir ces gens de ta liste et on leur demanderait s’ils ont vraiment faim et comment ça s’est goupillé pour qu’ils en soient là. On verrait alors autre chose que le spectre que toi et d’autres agitez sans cesse pour culpabiliser et ressortir comme de bonnes sentinelles. On verrait autant de cas de figure qu’il y a de gens.
Tu sais l’ami, c’est comme cette histoire de gens qui n’ont pas de toit. A regarder ça dans le détail, ce que j’ai fait, on découvre des tas de cas différents dont des cas de gens qui boudent tout (pour des raisons psys complexes). Il est vrai, que dans le souci de d’élever une protestation claire, on a tendance à simplifier, à trouver voire à inventer les dénominateurs communs de ces misères mais c’est de la com. Sur le terrain, quand on va au cas par cas, on voit de tout et c’est à y perdre son latin, c’est à désespérer de rendre un rapport synthétique qui déterminerait la vraie, la bonne, l’unique cause de ces misères.
Du reste, l’Abbé Pierre, soeur Thérésa, l’armée du salut, n’ont jamais désigné une cause. Ils ont seulement appelé à l’aide, au secours, à la générosité ou à la solidarité.