Je croyais que le sujet était le réchauffement climatique.
Le climat est une mécanique d’une extrême complexité que personne n’a réussi à modéliser.
Prévoir est un exercice difficile qui suppose d’avoir bien compris le passé avant de pouvoir faire des extrapolations sur l’avenir.
Demander à des experts de se prononcer sur l’avenir de quelque chose qu’ils ne parviennent pas à expliquer et leur demander (tant qu’ils y sont) de faire des prédictions d’impacts sur l’activité humaine future qu’ils pourraient imaginer relève de l’hérésie scientifique la plus totale.
Donner à tout un chacun l’occasion d’apporter son point de vue sur un sujet que les experts (des gens qui consacrent leur vie entière au sujet) ne parviennent pas à expliquer, encore moins à prévoir et peut être jamais à corréler positivement ou négativement avec l’activité humaine c’est laisser le champ libre à toutes les peurs et leur cortège de démagogie.
Sur un sujet où l’humilité devrait être la règle (tout ce que nous savons c’est que nous ne savons rien) chacun y va déjà de sa solution. Beaucoup en profitent pour faire passer des messages idéologiques sans aucun rapport direct sur la compréhension que nous avons du climat.
Aussi quand Nicolas Hulot s’aventure sans rappel sur la paroi vertigineuse du gouffre de notre ignorance pour apporter ses soins à un alpiniste dont personne ne peut dire s’il est malade, il emporte avec lui toute la cordée ou presque (87%) dans les bas fonds de la pensée unique.
Dire qu’il faut consacrer du temps et des moyens à la compréhension des phénomènes climatiques pour pouvoir un jour espérer les comprendre, c’est là une démarche légitime. User de sa notoriété pour poser la question de l’utilisation qui est faîte des ressources limitées dont nous disposons sur cette planète apparaît plus crédible car dans ce domaine les prévisions sont aujourd’hui possibles. Mettre le doigt sur une remise en cause envisageable de nos modes de vie face à aux risques mesurables associés à ces pénuries c’est donner un avis qui mérite d’être débattu.
Encore faut-il dans ce cas laisser de côté la question du réchauffement climatique à laquelle personne ne peut répondre avec un degré de certitude acceptable pour éviter un flot ininterrompu de papiers hors sujet dans les colonnes d’Agoravox ou d’ailleurs.