Je profite de mon abonnement à Marianne pour vous faire part des extraits les plus croustillants de l’interview incendiaire de Michel Rocard à propos de cette affaire nauséabonde (évoqués au JT de France 2 lundi soir et, donc, dans l’édition du 7 août de Marianne toujours en kiosque) . Je dois avouer que les propos de l’ancien premier ministre, réputé pour sa modération et sa mollesse, respecté par « la droite républicaine » et la gauche « convenable », m’ont surpris par leur virulence.
Marianne : Approuvez-vous le discours de Grenoble où le président de la République déclare son intention de déchoir de la nationalité française les citoyens d’origine étrangère qui attenteraient à la vie d’un détenteur de l’autorité publique ?
Michel Rocard : Non, je ne l’approuve pas. (...) C’est une question extrêmement grave. (...) Si on veut en faire une loi, il faudra passer par le Conseil d’Etat et le Conseil Constitutionnel. Ils casseront forcément un texte contraire au droit.
Votre opposition paraît même plus virulente que celle du PS.
M.R. : Je n’aime pas exacerber les tensions. Autrement c’est la guerre civile ! La démocratie exige de nous des comportements mesurés. (...) Cette loi ne verra jamais le jour. (...) Mais ça ne change rien aux intentions, et les intentions, je vous le dis comme je le pense, les intentions sont scandaleuses.
(...)
Vous dites que le président cherche la guerre civile, qu’il veut faire descendre les gens dans la rue...
M.R. : Je dis qu’il le paiera et qu’il l’aura mérité. (...) J’ai contribué à concevoir la police de proximité, qui décrispe les relations avec les populations des quartiers difficiles. La prévention des crimes et des délits était notre priorité. Avoir supprimé la police de proximité, c’est dramatique ! Et on le paie. La délinquance augmente et augmente. (...) C’est exécrable, scandaleux.
C’est une indignation morale ?
M.R. : Je serai sec et sans bavure : c’est inadmissible. Mais le pire c’est que ça ne marche pas. Il n’y a d’amélioration ni sur le plan de la sécurité ni sur celui de l’immigration. (...) Les discours changent en fonction des gens auxquels on s’adresse. (...) La loi sur les mineurs délinquants passe de la responsabilité individuelle à la responsabilité collective ! On avait pas vu ça depuis Vichy, on avait pas vu ça depuis les nazis. (...) C’est une politique de guerre civile.
NDRL : Pour une fois Rocard m’a agréablement étonné.