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Commentaire de sisyphe

sur Un provocateur peut-il être de gauche de nos jours ?


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sisyphe sisyphe 10 août 2010 11:16

sinistre ?? 

 et « bolchevik » ? smiley 

Ce que vous ne comprenez pas, Yang, ou du moins que vous n’avez pas assimilé, c’est que la provocation n’est utile (et jouissive, comme vous dites) que lorsqu’elle s’attaque à un ordre établi, qu’elle bouscule les conventions, les dogmes d’une société figée sur des valeurs « morales » ; pas lorsqu’elle n’est le fait que d’un cynisme qui ne fait qu’entériner la domination de ceux qui ont les moyens de se la jouer perso....

Toute la différence entre le cynisme et l’iconoclastie. 

La provoc pour la provoc, ce n’est qu’une pantomime, un effet d’image, un acte proprement narcissique, et ça ne gène en rien les tenants de l’ordre moral.
Gainsbourg était un personnage brillant, mais un dandy, qui n’a fait que surfer sur son personnage, pour en tirer un profit personnel ; il n’a jamais, en quoi que ce soit, dérangé l’ordre établi : il s’en est servi à son usage. 

Wilde était aussi un dandy, mais son homosexualité, affichée et revendiquée, était un acte d’iconoclastie, qui dérangeait les conventions, la « bonne société » 

Céline fut un écrivain particulièrement génial, ; novateur, mais sa haine du monde, des juifs, l’a confiné dans un rejet global, qui ne pouvait en aucun cas perturber les tenants de l’ordre moral..

Les vrais iconoclastes ; comme Clovis Trouille, les dadaistes, les surréalistes, tous ceux qui se sont attaqués aux piliers de l’ordre moral, par l’antimilitarisme, l’anticléricalisme, l’antimoralisme, ne le faisaient pas dans un but de gloire personnelle, mais pour dénoncer des dogmes, et ont réussi, eux, à faire progresser l’esprit critique, les moeurs, la liberté...
On peut également citer (dans le désordre) Vian, Brel, Brassens, Ferré, Fellini, Bunuel, Ferreri, Vigo, Blier, et bien d’autres, pour qui la provocation ne fut pas une posture, mais un engagement pour affirmer des notions de liberté, de transgression, de brisure des carcans moraux et societaux. 
Tous ces gens là étaient, assurément, de gauche ; c’est toujours la gauche qui a permis une évolution des moeurs, à travers la dénonciation des privilèges, des conventions, des outils de la domination des nomenklaturas , quelles qu’elles soient. 

A cet égard, quelle plus belle libération des moeurs, dans l’époque moderne, que celle qu’a engendré 68 ? 

Vous, vous ne faites qu’entretenir la confusion entre la provoc pour la provoc ; inutile, narcissique, gratuite, sans effet, 
et la véritable iconoclastie, qui bouscule l’ordre moral et sociétal instauré par les dominants, et permet une évolution des moeurs, et de la liberté. 

Votre provoc n’est qu’une posture, qui, au final, ne dérange rien ni personne, une fois les maigres clameurs tues
quand la véritable iconoclastie demande beaucoup plus de courage, de force de caractère, de volonté, et un réel désir de s’attaquer à l’ordre établi. 

Quant à moi, ne vous inquiétez pas, je n’ai rien de sinistre, ni de bolchevik ; j’ai toujours été du côté de la rebellion, et de la joyeuse révolte ; mais me défiant de tout cynisme, qui n’est qu’un haïssable et narcissique sentiment de supériorité.

La gauche est iconoclaste, quand la droite est cynique ; c’est toute la différence. 


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