Il y a longtemps, très longtemps, que je ne prends plus comme argent comptant ce qui se dit sur l’Algérie de la part des Kabyles. Quand on se présente dans n’importe quelle institution de l’Etat, on voit qu’ils sont omniprésents, et ils se plaignent d’être opprimés. N’est-ce pas M. le Premier ministre et MM. la moitié des membres de votre gouvernement. Le plus gros milliardaire du pays est Kabyle. Ils constituent les deux-tiers des officiers supérieurs du pays, les quatre-cinquièmes des commerçants d’Alger, et 99,99% des effectifs de l’entreprise de transport de la capitale et des requins qui détroussent les automobilistes qui essayent de trouver une place de stationnement. Et ils sont opprimés. Les jeunes parmi eux se shootent, indistinctement à la zatla marocaine, au henné salafiste ou au sanglier laïco-assimilationniste et ils sont opprimés. D’autres jeunes estiment qu’ils peuvent se mettre en compétition culturelle avec l’arabe. C’est bien. Mais avant de sombrer dans la décadence, faites comme tout le monde, y compris comme les Arabes au Moyen-âge, commencer par créer une civilisation. On rediscutera dans quelques milliers d’années. Et un petit conseil pour commencer : que celui qui veut la créer, cette civilisation, qu’il commence par aimer son prochain. Et qu’il ne tire pas sur tout ce qui bouge. Son voisin dont la villa l’empêche de voir Marseille à l’horizon, sa soeur qui veut avoir une part d’héritage, son frangin - ce feignant qui ne se bouge pas pour chercher un visa français au consulat - et ce « pouvoir assassin » qui ne pense même pas à censurer l’Internet alors qu’il n’existe pas un blog et pas une réaction d’internaute en français, en anglais, en tamazight ou en tibétain, qui ne l’insulte systématiquement. Aux dernières nouvelles, l’Algérie est un pays peuplé majoritairement de Musulmans. Depuis déjà quatorze siècles, déjà ? Zut ! Trop tard pour aller dans une madrassa. Le mois prochain je pars en retraite. En attendant, MM. les journalistes, qu’attendez-vous pour aller voir in situ combien ces Kabyles sont opprimés. Bougie est à peine à 2 heures de vol de Paris. Et pour avoir des éléments de comparaison, allez aussi du côté de l’Ouarsenis, des Aurès, de la Saoura ou des Hauts-Plateaux pour voir comment leurs oppresseurs - arrivés ce matin du Hedjaz - se vautrent dans le stupre et la volupté.