Cher Nometon,
désolé de n’avoir pas pu répondre rapidement à votre question. Week-end et vie de famille obligent.
Cette citation est un morceau de dialogue entre Mazarin et Colbert au temps du jeune Roi Louis XIV qu’un Mazarin vieillissant avait entrepris de former aux affaires de l’Etat.
Dialogue que restitue la pièce de théâtre d’ Antoine RAULT (Le Diable rouge) jouée par Claude Rich, Geneviève Casile... à partir de 2008.
En copie, ici, Le post qui m’a inspiré la citation : "
01/02/2010 à 15h50 - mis à jour le 01/02/2010 à 16h04 | 1458 vues | 0 réactions
C’est la trouvaille d’un internaute ce jour, d’un texte trouvé dans « Le
Diable rouge » et qui correspond si bien à ce que nous vivons
socialement, nous, le bas peuple, qu’il est intéressant de le livrer à
la connaissance du lecteur ; comme quoi, même pour le Trésorier de la
République, « c’est dans les vieilles casseroles qu’on fait les
meilleurs plats ». A l’heure ou certains experts voient en Nicolas
Sarkozy Bonaparte (du temps où Dominique de Villepin écrivait sur
Napoléon), pas une seule comparaison avec Mazarin. C’est chose réparée.
Voici donc l’extrait d’une conversation entre Colbert et Mazarin sous
Louis XIV :
« Colbert : Pour trouver de l’argent, il arrive un moment où tripoter ne suffit plus. J’aimerais que Monsieur le Surintendant m’explique comment on s’y prend pour dépenser encore quand on est déjà endetté jusqu’au cou ?
Mazarin : Quand on est un simple mortel, bien sûr, et qu’on est couvert de dettes, on va en prison. Mais l’Etat ? L’Etat, lui, c’est différent. On ne peut pas jeter l’Etat en prison. Alors, il continue, il creuse la dette ! Tous les Etats font ça.
Colbert : Ah oui ? Vous croyez ? Cependant, il nous faut de l’argent. Et comment en trouver quand on a déjà créé tous les impôts imaginables ?
Mazarin : On en crée d’autres.
Colbert : Nous ne pouvons pas taxer les pauvres plus qu’ils ne le sont déjà.
Mazarin : Oui, c’est impossible.
Colbert : Alors, les riches ?
Mazarin : Les riches, non plus. Ils ne dépenseraient plus. Un riche qui dépense fait vivre des centaines de pauvres.
Colbert : Alors, comment fait-on ?
Mazarin : Colbert, tu raisonnes comme un fromage (comme un pot de chambre sous le derrière d’un malade) ! Il y a quantité de gens qui sont entre les deux, ni pauvres, ni riches… Des Français qui travaillent, rêvant d’être riches et redoutant d’être pauvres ! C’est ceux-là que nous devons taxer, encore plus, toujours plus ! Ceux là ! Plus tu leur prends, plus ils travaillent pour compenser ? C’est un réservoir inépuisable » (Extrait du « Diable Rouge »)
Notons-le au passage, la nouvelle taxe sortie du Grenelle de l’environnement contre la pollution visuelle, qui va mettre au portefeuille tous les commerces ayant enseigne commerciale, n’est pas plus stupide que l’impôt que Louis XVI imposa aux portes et aux fenêtres des maisons juste avant la Révolution Française…
Et s’il s’agit de savoir quelle considération les grands de ce monde ou « les puissants » ont de nous, le bas peuple, gageons sur la plume acerbe du Marquis de Sade pour nous faire voir la réalité en face :
« Vous
voyez cette triste famille, nous dit la pauvresse ; il y a trois jours
que je n’ai un morceau de pain à leur donner ; daignez, vous que l’on
dit si riche, me mettre à même de soutenir leur triste vie. Oh !
Monseigneur, qui que vous soyez, connaissez-vous Monsieur de
Saint-Fond ?
- Oui, répondit le ministre.
- Eh bien ! Vous voyez son ouvrage : il a fait enfermer mon mari ; il
nous a pris le peu de bien dont nous jouissions ; tel est l’état cruel
où il nous a réduits depuis plus d’un an...
Et voilà, mes amis, le grand mérite que j’avais à cette scène ; c’est
que tout en était exactement vrai : j’avais découvert ces tristes
victimes de l’injustice et de la rapacité de Saint-Fond, et je les lui
offrais réellement, pour réveiller sa méchanceté.
- Ah, gueuse ! s’écria le ministre en fixant cette femme, oui, oui, je
le connais, et tu dois bien me connaître aussi... Eh bien, qu’avez-vous à
me reprocher ? J’ai fait enfermer votre époux innocent, cela est vrai ;
j’ai mieux fait encore, car il n’existe plus... Vous m’avez échappé, je
voulais vous traiter de même.
- Quel mal avons-nous commis ?
- Celui d’avoir un bien, à ma porte, que vous ne vouliez pas me vendre ;
en vous accablant, je l’ai eu... Vous mourez de faim, que cela me
fait-il ?
- Et ces malheureux enfants ?
- Il y en a dix millions de trop en France : c’est rendre service à la
société que d’élaguer tout cela ; et les retournant avec son pied : La
belle graine à recueillir ! » Plus loin : « Et
pourquoi vivre quand on est pauvre, que la vie ne vous apporte rien ?
Alors qu’il y en ait qui meurent, ou qu’on les tue, on sert au bien du
pays… Nous, les gens riches sommes comme les dieux ; car nous vivons
ici-bas et profitons des bienfaits de la vie comme eux. Comme les
étoiles brillent dans le ciel noir, nous éclairons ce bas monde, rempli
d’un peuple qui nous envie notre puissance et notre lumière ». (Marquis
de Sade – Justine ou Les malheurs de la vertu – Juliette ou Les
prospérités du vice)".
Et merci pour le compliment.
L’auteur.
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