Le titre de votre article est intéressant. L’intellectuel perdu« , dites-vous ?
Moi je pense au contraire que, loin d’être perdus, les intellectuels sont de plus en plus présents dans notre société. Ils sont en chacun de nous ou presque
. La différence est qu’ils ont bien moins de poids effectivement.
Avec les moyens énormes de diffusion modernes, la culture et les idées se répandent à une vitesse vertigineuse : lire l’oeuvre d’un penseur égyptien, aller voir un film coréen, une exposition de sculptures japonaises, écouter de la musique des ghettos sud-africains, regarder la BBC ou CNN, tout est à la portée de tous ou presque. En outre, avec internet et ses forums, avec des ouvrages de »vulgarisation« philosophique ou autres devenus courants, on peut également découvrir, partager et affiner des idées. Les gens sont de plus en plus cultivés et à même de se forger leurs propres opinions sur à peu près tout. D’où une autorité morale déclinante des intellectuels en titre ou auto-proclamés.
Par ailleurs, on assiste à un déclin des »idées« depuis la fin des années 70. Mondialisation de la culture et de l’économie, argent-roi et pragmatisme, déclin des religions et des idéologies, les causes sont multiples. Toujours est-il que les intellectuels »reconnus" peinent peut-être à proposer une lecture du monde en phase avec tous ces bouleversements, et aussi qui réponde aux préoccupations d’aujourd’hui. D’où leur manque d’influence dans la société.
Ceci dit, cela n’enlève rien bien évidemment à la qualité de la pensée des intellectuels que vous citez dans votre article (que je ne connais pas tous), exception faite de deux ou trois.