Cher Grégory,
Le juridisme de votre analyse serait acceptable si le Droit gouvernait vraiment les relations aujourd’hui.
N’y trouvez-vous pas une belle application de l’adage romain « Summun jus, summa injuria » ?
Car le jugement du conseil/tribunal des prud’hommes se fonde sur la délation qui, certes, n’est pas interdite mais ne saurait être encouragée sans ouvrir sur le type de régime horrible qu’illustre « La vie des autres » et que je vous recommande. Même si vous ne l’avez pas vu, j’en livre des traits essentiels dans cet article. Est-ce type de société dont vous rêvez où chacun susceptible de dénoncer l’autre, devient un possible ennemi ? Moi, non
La question qui se pose est d’abord de savoir si les propos tenus étaient diffamatoires. Or, aucune procédure en diffamation n’a été engagée.
En revanche, c’est une sorte d’ « appel à la rebellion » au sein de l’entreprise qui a été retenue pour justifier ce licenciement.
La liberté d’expression en démocratie ne connaît que la limite au-delà de laquelle on est tenu de répondre de ses propos supposés préjudiciables à autrui. Est-ce bien de ça dont il s’agit dans cette affaire ? Non puisque la procédure qu’appelaient ces propos, si tant est qu’ils contrevenaient à la loi, était un procès en diffamation. Or elle n’a pas été engagée. N’est-ce pas que l’issue était incertaine ?
Quant à la prudence dont on doit faire preuve sur Facebook, elle ne saurait être encouragée par ce type de jugement qui rappelle furieusement la vie en RDA. Paul Villach