• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile


Commentaire de éric

sur CPE ou emploi à vie


Voir l'intégralité des commentaires de cet article

éric (---.---.194.234) 8 mars 2006 11:55

La fin de votre article est un message d’espoir du type : toutes les semaines quelqu’un gagne au loto. Oui on trouvera toujours des gens qui ont réussi ou échoué en sortant de telle ou telle filière. Ce qui importe ce ne sont pas les exceptions mais le reste de la « troupe ». La grande majorité. Moi aussi je suis diplômé de l’université et j’y assure quelques enseignements aujourd’hui. Je suis tout à fait d’accord sur le fait que les formations universitaires n’ont rien à envier à d’autres et que l’étudiant y rencontre des enseignants de tous horizons. C’est une chance et une bien meilleure ouverture d’esprit que le « moule » des grandes écoles. Mais là où je ne vous rejoins pas c’est au sujet de l’employeur qui recrute, qui forme et qui de ce fait ne licenciera pas. J’aurai bien des exemples à citer mais je ne peux le faire ici précisément. Je cite donc quelques risques liés au CNE et CPE :

- Comment articuler droit de grève et CNE/CPE ?
- Comment devenir représentant du personnel ?
- Peut-on faire un enfant pendant le CPE/CNE ?
- Quid du malade ou du blessé pendant le contrat ?
- Comment refuser une modification de son lieu de travail ?

La liste pourrait se compléter à l’infini.

La relation contractuelle est juste si les parties au contrat sont sur un pied d’égalité au moment de la formation du contrat pour y négocier les clauses et décider de s’engager, et au cours de l’exécution du contrat pour assurer le respect des clauses. Le salarié, avec un taux de chômage structurel d’environ 10% n’est pas en situation d’égalité. Par ailleurs, le chef d’entreprise est le décideur, le salarié est son subordonné. Le droit doit donc le protéger. C’est cette inégalité qui explique la création du droit du travail.

Vous dirigez une entreprise, vous savez donc bien que le chef d’entreprise recrute parce qu’il a des besoins de main d’œuvre et non en fonction de l’état du droit. Sinon comment expliquez-vous que les entreprises aient recruté pendant les trente glorieuses alors que le droit du travail devenait de plus en plus protecteur ? Le problème de l’emploi cache le vrai problème : celui de la répartition des richesses. Et si l’on pense que seul le travail crée la richesse alors le travail doit être partagé et mieux rémunéré. Regardons la répartition de la valeur ajoutée dans l’entreprise entre facteur travail et capital. Aujourd’hui les entreprises craignent bien plus leurs actionnaires que leurs salariés. Et si comme vous le dites l’employeur ne recrute pas pour licencier, alors pourquoi ne recrute-t-il pas avec un CDI classique qu’il pourra rompre si son salarié est incompétent ou si la conjoncture économique se dégrade ? L’impossibilité de se défaire d’un salarié en CDI est une légende juridique entretenue par les partisans du « dressage » des salariés. Et l’argument des indemnités élevées à verser en est de même. Vérifiez objectivement le code du travail et votre convention collective. Je suis donc opposé à tous les types de contrats qui précarisent sauf si l’on fait de même en droit commercial. J’achète le produit fabriqué par votre société et pendant deux ans je me réserve le droit de vous le retourner sans explications. Je vous propose un nouveau concept : la vente précaire. C’est très idiot n’est-ce pas ! La vente de votre produit ne deviendra définitive qu’au-delà d’un délai de deux ans. Que va en penser votre banquier ? Vous fera-t-il confiance ? Pourrez-vous vous investir dans l’avenir sereinement ? Ce risque sera-t-il gage de motivation ? Remettons les choses dans l’ordre : l’économie est une science au service des individus et non l’inverse. Aujourd’hui l’humain, le salarié dans l’entreprise est devenu la variable d’ajustement à la conjoncture économique. Tant qu’il en sera ainsi les relations seront malsaines entre employeurs et salariés. Salariés qui par ailleurs sont aussi, trop de chefs d’entreprises l’oublient, des consommateurs.

Dernière question enfin : souhaitez-vous le CPE pour vos enfants ?


Voir ce commentaire dans son contexte





Palmarès