@ Antenor
Vous posez là la question intéressante, et d’autant plus intéressante qu’il s’agit d’une situation qui n’est pas spécifique au dilemme d’Alésia mais qui sera appelée à se retrouver à bien d’autres moments de l’Histoire jusqu’à la période récente de l’occupation et peut-être même jusqu’à aujourd’hui mais sous d’autres formes.
Plusieurs points méritent d’être soulignés.
Le rôle prééminent des Eduens et des Arvernes. Les 10 000 fantassins conduits par Litavic pour porter secours à Gergovie, et ce qu’écrit César à ce sujet, montrent bien que la population suivait ses élites.
Le soutien apporté par les cités les plus proches, même limité, ce qui s’explique par l’éloignement. Aucune n’est venue soutenir les Romains.
Les exactions inévitables commises par l’armée romaine qui, de libération (peut-être face aux Germains), est devenue armée d’occupation. Le massacre de la population d’Avaricum, femmes, vieillards et enfants, est probablement le tournant de la guerre des Gaules et je vois mal des Gaulois défendre la présence romaine après un tel génocide. Pourquoi César aurai-il inventé ce massacre ? Il était bien obligé de le reconnaitre avant qu’à Rome, on le lui reproche. Et c’est bien pour cela qu’il rejette la faute sur ses légionnaires tout en les excusant (parce que les Gaulois avaient massacré des marchands romains à Cenabum). Et je ne parle pas des autres exactions, de la prise systématique du butin, des chariots qui emmenaient tout cela à Rome, des cités systématiquement dévastées en mesure de rétorsion. Certes, je ne dis pas que Vercingétorix n’a pas agi parfois brutalement mais il me semble qu’il avait pour lui le soutien d’une majorité légale.