Merci.
Au fond, tous les programmes reposent sur le nerf de l’espoir, mettons même l’ambition, allez, la cupidité même.
Le nerf de l’espoir, l’espérance que demain sera meilleur, ce nerf les animaux l’ont-ils ?
Même la pie voleuse possède-t-elle ce nerf ? Il me semble que non.
Dès que l’homme a commencé à percevoir le concept de projection sur l’avenir, dès qu’il a inventé la conjugaison au futur, il aurait développé, tu penses, pas con, son principal nerf, je veux dire son nerf le plus spécifique à l’espèce, celui de l’espoir.
Nous le savons tous au fond que nous fonctionnons surtout à l’espoir puisque pour faire souffrir quelqu’un, pour bien le torturer, nous nous attaquons à son espoir.
Car, nous sommes bien d’accord n’est-ce pas, le gueux, le misérable, le pauvre pêcheur, lui aussi démontrerait sa cupidité s’il ne s’était fait une raison sur son infortune. Et l’espoir, c’est p’tet dommage mais c’est ainsi, va surtout au matériel (après avoir fait de le deuil de devenir plus beau, plus grand, plus fort).
En tous cas, il y a deux programmes. L’un religieux qui irait à envoyer l’espoir vers l’au-delà (fallait l’inventer !) et l’autre, politique, visant à envoyer l’espoir cristaller sur la bouffe et les pantoufles.
Malgré tout, il y a des gens, saluons les, qui font de véritables efforts pour dépasser ces deux sirènes.
Tiens, par exemple, il y a Odon Vallet. Il me semble qu’il ne croit pas au mirage de l’au-delà et a également refusé un gros héritage. Ni de l’une ni de l’autre des formules de précipitation de l’espoir ne l’intéressent.
Il me semble, mais je peux me tromper e’t c’est facile sur ce point, que s’il croit éventuellement en Dieu, il ne croit pas dans l’au-delà. Il n’investit dans aucun futur le concernant. Il croit dans l’attitude chrétienne pour ce qu’elle offre de bon à la communauté des hommes, là tout de suite, dans le présent, au quotidien. Rien de plus.
C’est une singulière façon de mobiliser son sens de l’espoir.