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Commentaire de easy

sur La liberté d'expression et ses limites à débattre


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easy easy 4 mars 2011 12:11

Concernant la liberté de faire, la seule porte franchement ouverte par la Révolution, sans aucune limitation, c’est celle de s’approprier. La seconde porte presque totalement ouverte est celle de voyager (que l’Etat peut toute fois très facilement bloquer). Cet espace ouvert permet de s’approprier tout ce qu’il y a à prendre sur la Planète et ça occupe déjà pas mal son bonhomme.

Parce cette appropriation jamais censurée aboutit à des situations matérielles insupportables pour ceux qui n’ont pas pu ou pas voulu s’approprier, les victimes de l’accaparement ont eu envie et besoin de protester publiquement. De dire d’une manière ou d’une autre que quand un patron possède la ville, ses usines, ses écoles, ses dispensaires, sa mairie, quand de surcroît il peut transmettre cette appropriation à ses enfants, il bloque le jeu et se réserve tout ce qu’il y a de bon.
Je suis convaincu que le législateur de 1789 n’avait pas cru possible que grâce à leurs lois, des bourgeois allaient pouvoir s’accaparer tous les moyens et tous les pouvoirs dans une région donnée et devenir des néoseigneurs. Ce législateur n’avait donc pas prévu d’accorder une totale liberté de protestation.

Vous parlez de dépendance économique. La dépendance est de périmètre trop large pour en parler sans en définir d’abord les contours. Le pain que mange Fernand dépend du laboureur, du vendeur de semences, de l’eau de la rivière, de ce qui reste de cette eau, ...Par ailleurs on peut être dépendant d’un patron parce qu’on est son salarié mais on dépend tout autant sinon plus gravement du chirurgien urologue pour qui on ne travaille pas mais qui demande 30 000 pièces d’or pour ses talents. Et sur le plan pécuniaire, on dépend aussi d’EDF ou de SFR dont on est pourtant le client roi. Même si on ne considère que la thune, nous dépendons exactement autant de ceux qui nous en donnent que de ceux qui nous en prennent. Alors ça fait du monde. Comme dans le village d’Astérix. Je ne vois pas lieu à dire que cette interdépendance (grosse discussion possible sur le préfixe « inter ») est par son principe, liberticide.

En dehors de ce champ d’interdépendance écononique, il y aurait eu, comme véritable champ de liberté, celui de la parole. La parole pour dire du bien de la situation n’est peut-être pas toujours explicitement autorisée mais dans les faits, elle n’est jamais interdite ou réprimée. Le problème c’est quand cette parole est une protestation, quand elle dit une souffrance, une insatisfaction, quand elle semble réclamer un changement de système et surtout quand elle est coagulante.

Il est logique que ceux qui s’engraissent de cette situation n’aient pas envie que des esprits coagulent et qu’une masse se forme allant à renverser l’ordre des choses. Il est logique que ceux qui profitent de la situation exigent le blocage non de la parole mais de la protestation coagulante et révolutionnaire.
Mais il est aussi logique que la masse, quand elle souffre trop, quand elle voit sa vie gaspillée par un jeu bloqué, explose les interdits du pouvoir en espérant changer la donne.











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