J’ai longtemps été assez indifférent au débat anti-nucléaire. Je pensais que l’atome était une solution dangereuse certes mais maîtrisable et que Tchernobyl illustrait surtout la décrépitude de l’ex-URSS.
La catastrophe se produit ici dans un pays très développé, le pays le plus strict en matière de prévention du risque naturel. Si rien ne parvient à stopper les fusions en cours dans les prochains jours, il y aura un désert humain radioactif dans un rayon d’ au moins 50 kms et une pollution radioactive énorme dans un rayon de peut-être 100kms pour un temps très très long. Des millions de gens devront quitter leur région pour toujours sans compter l’explosion des cancers.
Je pense aujourd’hui que le jeu n’en vaut pas la chandelle. Je suis d’accord avec Cohn Bendit quand il propose une sortie du nucléaire à « l’allemande », en 30 ans, sans renouvellement du parc ni prolongation des centrales. Il faudra par ailleurs développer l’éolien, le solaire, le géothermique etc... ( 20% en Allemagne contre deux fois rien en France actuellement), il faudra miser sur les techniques d’économies d’énergies et financer la recherche de nouvelles énergies.
Ceux qui affirment qu’on ne peut se passer du nucléaire oublient que beaucoup de pays s’en passent, qu’il fait l’objet en France d’un culte technocratique qui empêche tout débat réel depuis les années 70.
Pour ma part, je n’ai pas envie de devoir un jour tout quitter parce qu’un con aura fait sauter une centrale ou parce qu’un phénomène naturel rarissime se sera produit.