L’originalité, sa singularité, même si nous étions tous hermaphrodites, aurait tout de même pu passer par tout un tas d’autres critères plus subjectifs comme la beauté par exemple. Cela nous aurait donc conduits à nous chamailler sur les subjectivités. Ce qui aurait été très intéressant car nous en serions venus à parler de notre psychologie.
Tandis que là, quand bien même nous serions tous du même sexe, le subjectif n’est plus discuté « Les goûts et les couleurs, ça ne se discute pas » et seuls les chiffres forment argument.
Nous ne faisons plus argument ni de la personnalité, ni même du besoin de singularité, nous ne faisons argument que de masses. Nous ne considérons plus les autres qu’en tant que « susceptibles d’entrer dans notre chiffrage »
La dépersonnalisation et la désexualisation que nous a imposées l’industrialisation de tout, nous a conduit à des chiffres de production, à des chiffres, rien que des chiffres.
( OK, zéro killed, a remplacé « Pas de mort » et « zéro défault » a remplacé « sans défaut »).
Quand à l’argent, si autrefois il y avait des gens riches, on ne savait leur fortune et, ne sachant les classer par le chiffre, on les considérait selon ce qu’ils en faisaient. Alors que de nos jours, le Forbes ne vit que par le chiffrage des fortunes et nous considérons les milliardaires en fonction de leur chiffre.
Celui qui a raison est celui qui aligne le plus gros chiffre.