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Commentaire de Brath-z

sur Le petit postier : entre Groucho et Le Che


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Brath-z Brath-z 13 juillet 2011 23:11

Quand bien même on y rajouterait quelques « primes » et autres « dessous de table » inévitables dans ces milieux parisianistes, il n’y a quand même pas de quoi crier à l’hypocrisie. Cela ne classe pas Besancenot et sa compagne parmi les riches, il ne faut pas exagérer.

En revanche, il est plus intéressant de se poser la question du financement du parti.

Du temps de la LCR, ses 3 000 militants versaient chaque année 10% environ de leurs revenus au parti. Cela faisait une petite cagnotte. Le financement public perçu par le NPA grâce à ses participations aux élections législatives (pour peu qu’il y ai droit) est une donnée inconnue, mais n’est de toutes façons pas important.
En tous cas, les réserves de la LCR ne sont absolument pas suffisantes pour mener systématiquement campagne aux élections présidentielle, législatives, européennes et régionales. Même en admettant qu’une partie des candidats financent eux-mêmes leur campagne (comme au FN), il y a quand même certains mystères.
Par exemple, pour les élections européennes, il faut compter de 300 000 à 500 000 € minimum par liste. Le NPA avait présenté 5 listes, soit entre 1 500 000 et 2 500 000 €. Bien sûr, par rapport à de grosses machines comme l’UMP ou le PS, ça n’est rien. Mais ça fait tout de même une somme rondelette. Pas de mystère : cette somme a été prêtée. Et c’est là que vient le questionnement : quels banquiers ont pu prêter à un parti « anticapitaliste » et « révolutionnaire » ? Et puis admettons qu’il n’y ai pas d’illogisme à ce prêt (après tout, Lénine a bien justifié les aides apportées par les riches cartels bancaires des USA et de l’empire d’Allemagne au parti bolchévik et à la révolution en arguant que « les capitalistes vendront jusqu’à la corde pour les vendre »). Restent encore la question de l’intérêt des prêteurs. Et des conditions des prêts.
Comment ceux qui ont prêté au NPA ont-ils pu envisager un quelconque retour sur investissement ? Prêter au PCF, entre la caisse de la Fête de l’Humanité chaque année, les importantes cotisations des nombreux élus, le financement public important (oui, le PCF fait quand même régulièrement plus de 1% aux législatives et dispose d’élus à l’AN), ça peut se comprendre, puisqu’on a de bonnes chances d’être remboursé. Prêter au FN, c’est déjà plus délicat, étant donné que dans le mode de scrutin uninominal aux élections législatives, ce parti n’a réussi qu’à obtenir que très peu d’élus, mais ça peut se justifier car malgré tout le prêt peut être remboursé par le financement public et les remboursements de campagne (Le Pen père a fait plus de 5% aux présidentielles de 1988 à 2007).

Mais le NPA ? Comment fait-il pour réunir une telle masse d’argent ? En supposant que les moyens de la LCR suffisaient à celle-ci pour être présente dans le paysage politique (ce qui est faux), comment le NPA obtiendrait-il un prêt ? Lui dont nombre de ses militants est sensiblement le même que l’ancienne LCR mais dont les recettes sont bien moindres du fait de l’accroissement des dépenses (multiplication des réunions publiques, multiplication du matériel de promotion, etc.) et de la baisse des recettes (baisse des cotisations de 10% des revenus annuels à « environ 1% », dixit Jean-François Grond), et qui n’a jusqu’à présent jamais obtenu le remboursement des frais de campagne à l’élection présidentielle (même si ce n’est pas passé loin en 2002 puis 2007) et dont le financement public reste fondé sur les 500 000 et quelques voix de la LCR aux législatives de 2007, c’est-à-dire fort peu.
Si le NPA obtient en effet un prêt pour financer ses campagnes, ce doit être à des conditions extrêmement désavantageuses pour lui, de quoi le faire disparaître en quelques mois. Or ce n’est pas le cas. Dans ce cas, que se passe-t-il ? Ce parti dispose-t-il de dons gracieux ? Après tout, la LCR, pour sa refondation en 1969, a bénéficié d’une rondelette somme d’argent aimablement fournie par les « libertariens » du Parti Républicain des États Unis d’Amérique, c’est-à-dire l’extrême-droite de ce parti. On peut penser que certaines accointances n’ont pas disparu.


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