Donc, si je vous ai « bien lu », Soral a un avantage sur cet auteur du 19è dont vous évoquez « la fin tragique » que Soral n’a pas - encore - éprouvée, et qu’il n’éprouvera évidemment jamais, je tiens à vous rassurer pour votre idole.
(Pour autant, votre sollicitude quasi maternelle à son endroit aurait plutôt à le prévenir de son trop grand attachement au parcours de Doriot)
Revenant à Nietzsche, vous croyez bon d’insister sur ses faiblesses, « vulnerable comme un petit enfant, situation a la fois pathetique et derisoire. », écrivez-vous.
Je me risque à penser que vous n’avez pas bien saisi POURQUOI Nietzsche lui-même croit bon d’évoquer cette « situation ».
En homme lucide, il n’en a jamais fait une « question d’honneur », comme vous vous permettez de le laisser croire, mais bien plutôt un combat, SON combat, qu’il a su mener puisque l’essentiel de son œuvre a consisté, précisément, à descendre dans les tréfonds de la psychologie humaine pour donner sens aux forces qui l’agitent.
Lire Nietzsche, et en parler, consiste d’abord à rendre hommage à sa lucidité, non à le réduire à la caricature que l’on en a faite d’un homme faible et malade rêvant du surhomme.
Ainsi poursuit Nietzsche : « ... Le reste est silence ... Toutes les notions répandues sur les degrés de parenté sont un non-sens physiologique que rien ne saurait surpasser. De nos jours encore, le pape fait commerce de ce non-sens. »