@Constant danslayreur
Je vous remercie pour votre lecture attentive de mon article mais vous
me permettrez de ne pas être d’accord avec votre conclusion.
Certes, l’une des raisons de l’implantation de l’usine de fabrication
d’Airbus à Tianjin réside en effet dans le souhait des Chinois d’obtenir
des transferts de technologie.
Mais sachez que ce n’est pas de gaieté de cœur ni pour le plaisir
que EADS a dû y consentir ! C’est sous la contrainte des coûts de plus
en plus insupportables que le taux de change externe de l’euro
occasionne sur l’industrie aéronautique européenne, qui doit se battre
face à Boeing dont la majorité de la production est réalisée en zone
dollar.
Je ne saurais mieux faire que vous renvoyer à l’interview de Louis
Gallois, rien moins que Président de EADS, dans le Figaro du 27 mars
2008, et notamment à cette mise en garde terrible :
« Une baisse du dollar de 10 cents fait perdre 1 milliard d’euros à
Airbus. L’euro à son niveau actuel est en train d’asphyxier une bonne
partie de l’industrie européenne en laminant ses marges à l’exportation.
Si cela continue, l’industrie européenne fuira l’Europe ».
Or cela a continué.
Et c’est la raison pour laquelle EADS (et ses sous-traitants comme
Latécoère par exemple) n’ont pas cessé depuis lors d’externaliser ou de
délocaliser leur production autant que possible dans des pays hors zone
euro.
La Chine n’est pas le seul cas. EADS a visé aussi l’Inde (Bangalore), la
Tunisie, etc. Dans tous les cas, l’idée d’avoir une part de fabrication
locale pour percer le marché existe, bien entendu. Mais le taux de
change prohibitif de l’euro est bel et bien le premier élément qui
incite les dirigeants d’Airbus à agir de la sorte.
Je vous renvoie à de nombreux articles de presse, et notamment à
celui-ci paru dans l’Express du 9 septembre 2008 :
http://www.lexpress.fr/actualite/economie/airbus-accelere-les-delocalisations_562977.html
François ASSELINEAU