Les militaires ne sont plus que conçus par le pouvoir politique comme des commis voyageurs pour le compte d’un complexe militaro-industriel et d’intérêts pétroliers et miniers. C’est dans ce cadre politique que l’on exige discipline et soumission.
C’est le premier paradoxe de la stratégie en Afghanistan. Soit nous intervenons pour restaurer la démocratie et les notions de souveraineté... ce qui passe par le respect fraternel et la restauration de la dignité humaine.
Soit nous sommes là-bas sous un faux drapeau pour faire de la « pacification » ou « des opérations de police » en bombardant « au petit bonheur » comme au bon vieux temps de l’Indochine. Il faut choisir.
Mais si on commet a nouveau cette erreur d’une intervention militaire abusive et criminelle : dont le véritable ressort serait de vider les entrepôts et renouveler les carnets de commandes industrielles en échange de devises sur des comptes numérotés... Cette guerre n’aura pas d’issue et ne se justifie plus.
Mais c’est une question que n’envisage pas vraiment le brillant Desportes tout général commandant l’Ecole de guerre qu’il ait pu etre.
On est encore loin du Général Leclerc qui prit sur lui en patriote de serrer la main d’Hô-chi-minh, court-circuitant un instant les plans de la Banque d’Indochine, la partie « belliciste » de la Chambre et la clique autour de Thierry d’Argenlieu. Un geste qui a peut-etre été effacé et resté sans suite par la disparition du valeureux Leclerc dans un accident d’avion « opportun dans la circonstance » fin 1947.
Non la reflexion et l’action d’un Vincent Desportes ne le conduira pas a cette fin tragique.
On a les chefs et les héros qu’on mérite. Autre époque, autres moeurs...