Lorsque l’intelligence se consacre à la générosité, quand elle vise à sauver tout le monde et ne condamner personne, j’apprécie.
Alors merci de nous offrir votre travail de réflexion.
Au délà de la réflexion sur notre habitus, pour entrer dans quelque praxis sans démonter le commerce (tâche immense qui demanderait de tout reconsidérer), il y aurait à mes yeux deux choses à vérifier en permanence dans ce que nous faisons et que nous transmettons (quand j’achète des planches et que je vends des meubles, je livre un habitus amont contenu dans mon achat et j’y ajoute mon propre habitus)
Il y aurait à vérifier et donc juger que mon entreprise est généreuse (je sers tout le monde, moi compris), que je n’arnaque donc personne (Lorsque la banque Goldman Sachs invente des produits financiers tels les CDS, elle sait que ce sont des escroqueries, hélas légales. Lorsqu’on ajoute de la mélamine dans le lait en poudre idem)
Et il y aurait à placer sur l’étiquette des produits injectés dans le commerce (qu’il soient concrets ou abstraits) des indications de reconnaissance ontologique, de filiation ; historique.
Une barre de Mars comporterait alors sur son étiquette quelques indications rappelant l’historique de la plantation, du cacao, du sucre, de l’industrialisation...Alors qu’en ce moment son emballage évoque soit une planète, soit un lion.
Actuellement et à part dans le commerce équitable, l’ontologie d’un produit n’est pas indiquée et les étiquettes ne vont qu’à livrer des indications sécuritaires. Ce qui conduit les consommateurs à ne plus considérer que leur sécurité et à n’avoir aucune considération pour les conditions qui lui auront offert cette sécurité. « Ce produit garantit ma sécurité, le reste n’est pas mon affaire » « Mon pompiste me garantit que mon essence est de bonne qualité pour mon usage, d’où elle vient ne me concerne pas »
Avant les caravanes et transports de marchandises à travers les océans, ce qui nous fait remonter à très loin, chaque consommateur d’un produit du commerce savait à peu près l’ontologie de ce qu’il consommait. Dans le village d’Astérix, chacun sait l’historicité de chaque produit, chaque acheteur de menhir a vu Obélix suer sang et eau pour le sculpter.
Lorsque des villages on est passé aux cités, des pans de plus en plus importants de l’activité humaine n’était plus vus par tous. Un orfèvre put alors livrer de belles fibules en argent, n’exprimant que beauté et volupté voire pureté à des acheteurs ignorant que cet argent était extrait dans des mines par des êtres humains soumis à l’esclavage.
Face à cette problématique de la vitrine et de l’arrière-boutique, il y aurait deux options éthiques. Une consistant à imprimer sur le produit qu’il provient d’une cruauté auquel cas chacun devra faire face à ses responsabilités et ne pourra pas se prétendre ange. Une autre qui consiste à proscrire son origine cruelle.
Or, l’origine cruelle ou abusive des marchandises (concrètes et abstraites) semblant à tous les commerçants (commerce entendu au sens très large incluant même la musique) difficile à éviter, l’option la plus largement retenue a consisté depuis la nuit des temps à mentir ou dénier cette origine cruelle plutôt que de l’éviter.
Lorsqu’ailleurs on mange au restaurant un singe écervelé vivant devant soi, on est plutôt dans la franchise « OK, je ne suis pas câlin avec les bestioles même humanoïdes »
Lorsqu’ici on mange du surimi, on peut dénier complètement le sort cruel subi par les animaux et l’on peut se poser en ange, faire la morale à tout le monde.
Entre les premiers qui admettent forcément leur cruauté même s’ils lui donnent une dénotation plus neutre et qui sont alors peu enclins à se poser en anges et les seconds, je ne suis pas certain de préférer ces derniers.
Si dans le Japon médiéval le concept d’hypocrisie existait, cette mauvaise attitude dénoncée ne concernait que des périmètres courts « Il est hypocrite vis-à-vis de son voisin »
Alors qu’en France, l’hypocrisie que nous dénonçons le plus, par exemple sur ce forum, est à grand périmètre et concerne notre habitus entier. Nous ressentons confusément que nous sommes fondamentalement hypocrites sur tous les plans et vis-à-vis de toute chose (ce qui n’était pas trop le cas sous Henri IV et qui est devenu très vrai quand nous avons commencé à dissimuler les exécutions, les prisonniers, les usines, les malades, les affamés, les mendiants...)
C’est la raison pour laquelle, les occidentaux deviennent si désemparés et ont le sentiment confus de vivre une décadence morale (Où il leur faut alors désigner quelque bouc émissaire)
Je ne suis pas du tout certain que nous puissions vivre d’une chaîne ou toile faite de bontés ou de douceurs de A à Z et, dans un premier temps, je verrais que nous ne modifiions que notre religion de l’angélisme où trop de gens se croyant anges ou doux, n’ont aucun scrupule à diaboliser les autres et à crier qu’il faut avoir « le courage de les exécuter »
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