ottomatic, t’as fréquenté les cercles du pouvoir ?
.
Je n’ai jamais dit que les dirigeants étaient là pour le bonheur du peuple, tu me prêtes des propos que je n’ai pas tenu. Je suis très loin de penser ça, bien au contraire.
« Il faut sans doute y voir AUSSI la preuve de la panique qui s’est emparée des élites euro-atlantistes depuis l’annonce du référendum en Grèce. Une baisse des taux d’intérêt provoque normalement toujours une hausse des actions. Il a pu être jugé nécessaire de soutenir au plus vite, par ce moyen, les indices boursiers afin d’éviter qu’ils ne cassent des seuils surveillés attentivement par les « chartistes » du monde entier. »
Blabla conspi sans intérêt. La variation des taux d’intérêt a une corrélation négative avec celle des actions mais on ne comprend en quoi, c’est la principale préoccupation de Draghi ? La baisse des taux d’intérêt directeurs intervient surtout pour permettre aux banques de se refinancer plus facilement. Cela signifie aussi que la BCE accepte de maintenir une inflation un peu plus élevé que d’habitude qui vient compenser la croissance un peu plus faible que d’habitude pour rendre soutenable les déficits publiques. Si le taux d’intérêt de la dette publique est supérieure à la somme des taux d’inflation et de croissance, il se crée un effet boule de neige. C’est à dire que la dette publique augmente même si le déficit primaire est nul (recettes = dépenses) .
C’est étonnant qu’Asselineau ne parle pas de ces enjeux qui sont essentiels.
« En toute hypothèse, les marges de manœuvre sont extrêmement faibles. La décision prise consiste à faire baisser les taux de 25 points de base (de 1,5 à 1,25%), ce qui est surtout symbolique. S’il avait été décidé d’une vraie relance, il aurait fallu diminuer le taux directeur de 100 ou 150 points de base, en le réduisant ainsi à 0,50%, voie 0%. Mais peut-on vraiment « relancer » des économies qui ne sont plus compétitives du fait d’un euro hors de prix et d’une hémorragie constante de nos emplois industriels ? »
Asselineau tombe encore dans un autre lieu commun. Un taux d’intérêt nul ne relance pas la croissance économique. Il a beau employer du vocabulaire économique, cela ne masque pas son ignorance ou sa mauvaise foi. Les États-Unis et le Royaume-Uni ont déjà baissé leurs taux d’intérêt directeurs à moins de 1%. Pourtant la situation n’est pas meilleure là-bas tout simplement parce qu’ils sont dans une situation de trappe à liquidité. C’est ce qui est arrivé au Japon dans les années 90. Le taux d’intérêt est tellement faible que l’investissement est inélastique au taux d’intérêt, c’est à dire qu’une baisse n’aura aucun effet.
« La trappe à liquidité est un processus par lequel les agents économiques recevant des liquidités, les stérilisent sous forme de liquidité, au lieu de les investir et/ou de gonfler la consommation » Pascal Ordonneau qui explique très bien ce phénomène :
« Dans ces conditions, les politiques monétaires d’assouplissement par apport de liquidités aux marchés se révèlent inefficaces. Cette situation est caractéristique d’économies qui sont entrées dans un cycle déflationniste, taux d’intérêts bas, prix des biens et des services stagnants voire en régression, propension à épargner élevée, résultant de craintes pour l’avenir tout aussi bien que de positions d’attente vis-à-vis des prix et des taux d’intérêt.
Les apports en liquidité des banques centrales sont alors épongés par la thésaurisation, ils vont nourrir les comptes en banque ou les bas de laine et les matelas. La recherche du « cash » devient l’objectif des entreprises et des particuliers. Ainsi, les entreprises américaines détenaient à l’automne 2010, plus de 2000 milliards $ en cash. Les particuliers vendent leurs actions et leurs obligations et laissent les liquidités obtenues sur leurs comptes en banque.
Le phénomène de trappe à liquidité peut être durable. Le Japon l’a connu pendant prés d’une dizaine d’années et n’en est pas encore vraiment sorti.
L’existence de trappes à liquidité comporte un danger dérivé : la création de bulles.
Reprenons les exemples fluviaux et de disparition des eaux, la résurgence imprévue, violente signe une réapparition torrentielle de la rivière. De même l’accumulation de liquidités conduit au risque de débordement et à un déversement brutal de masses d’argent sur les marchés de biens et des valeurs. Le moindre signe inflationniste ou de remontée des taux d’intérêts déclenche alors une modification forte de la propension à épargner des agents économiques. C’est ainsi qu’une économie qui semblait languissante se transforme en économie inflationniste et que naissent les bulles financières ou immobilières. »
Asselineau oublie d’évoquer des problèmes économiques essentiels dans son article qui ne s’appuie que sur très peu de faits et cite une tribune d’opinion comme source. On ne peut pas vraiment dire que ce soit une analyse qui repose sur des faits.