Le nouveau président de la BCE, l’Italien Mario Draghi, a redit à
Francfort sa fidélité à l’orthodoxie défendue par son prédécesseur, le Français
Jean-Claude Trichet.
Le rôle de la BCE est de défendre la stabilité de la monnaie, un point
c’est tout, a-t-il martelé. "C’est la contribution majeure que nous
pouvons apporter pour soutenir la croissance, la création d’emplois et la
stabilité financière", a-t-il dit.
Pourtant, de plus en plus de dirigeants européens estiment que seule
l’institution monétaire est à même de contenir la crise, en mettant beaucoup
d’argent sur la table pour acheter la dette des pays en difficulté.
La France est ainsi revenue à la charge sur ce thème, le Premier
ministre espagnol José Luis Zapatero, dont le pays est de plus en plus dans le
viseur des marchés, a fait de même. Sans parler des investisseurs, qui placent
dorénavant tous leurs espoirs sur cette option.
"Comme sauveur de l’Italie, mais aussi des autres pays précaires,
il n’y a que la BCE", commentait l’analyste allemand Robert Halver, de
Baader Bank, "c’est la seule à pouvoir lutter contre l’explosion nucléaire
de la zone euro".
A Rome pourtant, le nouveau chef de gouvernement Mario Monti a affirmé
ne « pas voir de raison de modifier » le mandat de la BCE. Il a annoncé
un mini-sommet avec le président français Nicolas Sarkozy et Mme Merkel jeudi
prochain à Strasbourg.
Mais l’obstacle principal, c’est l’Allemagne, qui refuse au nom de l’indépendance
de la BCE et de son rôle de garant de la stabilité des prix de la laisser
s’embarquer dans cette voie.
http://www.romandie.com/news/n/Zone_euroLa_crise_s_etend_Berlin_s_obstine_a _refuser_un_role_accru_pour_la_BCE181120111811.asp