A quoi sert-il de faire de l’ironie ?
Puisque c’est à moi que vous posez la question, je vous répondrai qu’à l’heure actuelle je préfèrerais la dictature d’une personne entièrement dévouée à sa charge et au bien commun pour peu que j’ai la garantie qu’elle le soit, à tout autre système où il est question de laisser du poids politique à des gens qui risquent d’en faire mauvais usage par égoïsme ou simplement par bêtise. Je sais ce que ma réponse contient de choquant pour la culture qui est la nôtre aujourd’hui mais je l’assume.
La démocratie directe exige un préalable, un prérequis pour fonctionner, qui est un niveau de conscience politique suffisant parmi l’ensemble de la population. Si vous pensez qu’avec l’idéologie mercantile et égoïste essentiellement véhiculée par la télévision qui prévaut actuellement, on peut faire de bons démocrates soucieux du bien commun, vous êtes un sacré optimiste, dont je respecte le point de vue mais que je ne partage malheureusement pas. M’autorisez-vous seulement à ne pas être d’accord avec vous ?
Au sens étymologique, dictature ne signifie pas coercition. Je préfère le siècle de Périclès à la Terreur de 1793. Je suis d’accord avec vous pour dire que le gouvernement idéal est celui où les gens se gouvernent eux-mêmes, mais encore faut-ils qu’il sachent d’abord se gouverner eux-mêmes sans attenter à leur voisin.
Le jour où ce sera le cas, n’importe quelle forme de gouvernement sera viable. Tant que ce ne le sera pas, aucune ne le sera, et on ne pourra qu’espérer minimiser le risque d’attentat au bien commun en choisissant soigneusement la forme de ce gouvernement temporaire. Et pour minimiser ce risque, je vous laisse déduire vous-même la méthode.
Ceci dit, je ne vois pas ce que vos allusions au mysticisme ont à voir dans cette affaire, vous devez avoir lu certains de mes messages de travers, ou les avoir pris pour des revendications ; si tel était le cas, c’est bien dommage. Il ne faut pas tirer des conclusions trop vite sur les gens, encore moins établir des suppositions. En attendant que votre position à mon égard évolue, j’espère que vous ne dépenserez pas trop d’énergie à crier haro sur un âne sourd.
Cordialement 