• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile


Commentaire de lahalle

sur Le mystère des syndicats


Voir l'intégralité des commentaires de cet article

lahalle 16 janvier 2012 19:15

Hola... Un connaisseur.
La Charte d’Amiens consacrerait ’« la suprématie des réformistes »... qui aurait été une des tendances de la CGT...
Je comprends que vous ayez intitulé votre article « le mystère des syndicats » ; car leur histoire semble bien en être un pour vous...
Avez-vous seulement lu la Charte d’Amiens ???? Non, alors la voici :

« La CGT groupe, en dehors de toute école politique, tous les travailleurs conscients de la lutte à mener pour la disparition du salariat et du patronat ».Le Congrès considère que cette déclaration est une reconnaissance de la lutte de classe, qui oppose sur le terrain économique les travailleurs en révolte contre toutes les formes d’exploitation et d’oppression, tant matérielles que morales, mises en œuvre par la classe capitaliste contre la classe ouvrière. Le Congrès précise, par les points suivants, cette affirmation théorique : dans l’œuvre revendicatrice quotidienne, le syndicalisme poursuit la coordination des efforts ouvriers, l’accroissement du mieux-être des travailleurs par la réalisation d’améliorations immédiates, telles que la diminution des heures de travail, l’augmentation des salaires, etc. Mais cette besogne n’est qu’un côté de l’œuvre du syndicalisme : d’une part il prépare l’émancipation intégrale, qui ne peut se réaliser que par l’expropriation capitaliste, et d’autre part, il préconise comme moyen d’action la grève générale et il considère que le syndicat, aujourd’hui groupement de résistance, sera, dans l’avenir, le groupe de production et de répartition, base de réorganisation sociale.Le Congrès déclare que cette double besogne, quotidienne et d’avenir, découle de la situation des salariés qui pèse sur la classe ouvrière et qui fait, à tous les travailleurs, quelles que soient leurs opinions ou leurs tendances politiques ou philosophiques, un devoir d’appartenir au groupement essentiel qu’est le syndicat.Comme conséquence, en ce qui concerne les individus, le Congrès affirme l’entière liberté pour le syndiqué, de participer, en dehors du groupement corporatif, à telles formes de lutte correspondant à sa conception philosophique ou politique, se bornant à lui demander, en réciprocité, de ne pas introduire dans le syndicat les opinions qu’il professe au dehors. En ce qui concerne les organisations, le Congrès déclare qu’afin que le syndicalisme atteigne son maximum d’effet, l’action économique doit s’exercer directement contre le patronat, les organisations confédérées n’ayant pas, en tant que groupements syndicaux, à se préoccuper des partis et des sectes qui, en dehors et à côté, peuvent poursuivre en toute liberté la transformation sociale ».

Si vous l’aviez lu, vous auriez sûrement remarqué la phrase que j’ai soulignée et qui avait pour vocation de séparer activité politique et activité syndicale. C’est cette motion qui a été plébiscitée au détriment de la motion dite « Guesdiste » qui voulait associer le combat syndical et les activités politiques socialistes...

Cette motion représente la victoire de... l’anarcho-syndicalisme... C’est à dire d’un syndicalisme « qui place le syndicat comme forme naturelle d’organisation des classes ouvrière et paysanne, et refuse le principe de parti unique comme vecteur politique de la transformation sociétale ».

Le terme a été depuis pas mal galvaudé et on confond volontiers ( et volontairement ?) anarcho-syndicalisme et syndicalisme se revendiquant du milieu anarchiste

Quand au « courant réformiste » s’il en existait un, ce n’est pas au sein de la CGT de l’époque qu’il faut le chercher, mais plutôt dans les rares syndicats chrétiens créés suite à l’encyclique « Rerum Novarum » du pape Leon XIII en 1891...

Je vous laisse la responsabilité de vos propos quant à l’attentisme des syndicalistes durant la seconde guerre mondiale... Je suis sûr, qu’entre beaucoup d’autres, les descendants des cheminots cégétistes sauront les apprécier à leur juste valeur... Je vous signale, cependant, qu’avant les lois Sarkozistes, un syndicat ne pouvait être déclaré représentatif que s’il avait eu une attitude correcte durant l’occupation...

.


Voir ce commentaire dans son contexte





Palmarès