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Commentaire de Mahi

sur Les Aborigènes souffrent encore du génocide canadien


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Mahi Mahi 28 février 2012 00:32

Je crois que le débat prend une drôle de tournure.

Peu importe qui a profité le plus de la colonisation, Peu importe à qui l’on doit attribuer la faute.

L’article de Natasha ne fait que dénoncer des événements qui ce sont produits dans notre histoire et qui malheureusement sont appuyés par des faits historiques et de surcroît par des décisions politiques et des lois. Je ne vois pas en quoi le fait de parler du génocide camouflé d’un peuple, puisse insulter d’autre peuple qui ont été victime d’atrocités similaires ou encore pires comme les Juifs, les Tutsi ou la population sud africaine. S’il le faut je suis bien prêt à regrouper tout les génocides de la planète et à parler d’un seul génocide, celui de l’humanité, afin que personne ne se sente oublié ou insulté.
 
À quoi sa sert de chercher à excuser l’histoire ?

Maintenant j’vais prêcher pour ma paroisse.

Je suis un Pekuakamiulnu (Montagnais du Lac-St-Jean) et la situation politique et territoriale de ma nation est très particulière si on la compare à celle des autres nations dans le reste du Canada. La première chose qu’il faut savoir concernant l’acquisition des territoires indiens du canada, est que ça s’est fait à coup de traités (traités numérotés) légitimés par le premier document d’ordre constitutionnel du Canada, c’est-à-dire « La proclamation royale » de 1763. Ces traités ont été négociés avec une très grande partie des autochtones du Canada et visait l’acquisition des titres foncier des territoires indiens par la couronne Britannique (il y a aucun français la dedans). Mais il y a eu des exceptions, dont je parlerai plus bas. La négociation des ces traité ne s’est pas effectués de façon équitable, je l’ai mentionné plus haut dans mon premier commentaire, la preuve réside dans la comparaison des procès verbaux des négociations de ces traités, disponibles aux archives nationales, avec les traités écrits qui eux sont disponible sur le site internet du gouvernement du canada. On voit clairement que les amérindiens ne savait pas ce qu’était un titre foncier, et que les négociations verbales (puisque les amérindiens ne savaient pas lire) étaient complètement différentes de ce qui s’est retrouvé pas écrit dans les traités. Donc en bout de ligne le pays au complet s’est construit sur le manque d’instruction des amérindiens. Il n’y a qu’à mettre la main sur une copie de la loi sur les indiens avant l’amendement de l’article qui concernait l’accès à l’instruction pour comprendre que le Canada a tout fait pour bloquer le développement des amérindiens afin de terminer sa conquête territoriale sans avoir à trop négocier. Date de signature du dernier traité : 1947. Amendement de l’article en question : 1951.

Il est important de savoir que la constitution canadienne ne protège que les territoires dont les titres fonciers ont été acquis par la signature de ces dits traités. L’histoire entourant les détails des cette période, qui s’est déroulé sur à peu près 175 ans, est beaucoup plus longues mais bon… nous nous concentrerons que sur l’aspect juridique.

Les exceptions

Il y a 3 provinces ou le Canada n’a signé aucun traité.

La Colombie Britannique

Dans le cas de la Colombie Britannique, l’absence de traité vient du fait que les USA venaient d’acquérir l’Alaska et qu’à tout moment ils pouvaient décider de prendre possession de la Colombie Britannique pour se donner un accès facile à l’Alaska. Comme il y a un mur naturel (les rocheuses) qui rend difficile l’accès à ce territoire il devenait difficile de le défendre militairement parlant. Donc le Canada a maintenu le statuquo concernant la signature d’éventuels traités dans cette province.  La Colombie Britannique à été la première province à négocier avec les autochtones sur le plan territoriales et ces derniers ont obtenu différent petits pouvoirs régionaux. Il reste encore du chemin à faire les négociations n’ont pas été faites avec toutes les nations.

Les territoires du nord-ouest

Le statuquo maintenu dans les Territoires du nord-ouest vient tout simplement du fait que cette partie du pays ne représentait pas d’intérêts particulier au moment de la confédération, et ce en raison de sa situation nordique. Cependant, beaucoup plus tard, des négociations ont été entamés et ont mené à la constitution d’une 11e province, le Nunavut, où les indiens ont obtenu un pouvoir provincial. 

Le Québec

Pour ce qui est du Québec (c’est chez nous ça), rien n’a encore été réglé. La raison du statuquo est en lien avec la révolte des patriotes de 1837-1838, la province risquait de retomber à tout moment sous la main des Français. Et jusqu’à ce jour aucun traité n’a encore été signé et ce malgré plus de 25 ans de négociation. Légalement parlant dans la mesure où nous n’avons jamais cédé nos titres fonciers par aucun traité (exception : convention de la Baie James et du nord québécois) et que la colonisation de nos territoires a quand-même eu lieu, nous nous retrouvons dans un grand vide juridique qu’il faut remplir. De notre côté chez les Montagnais, nous possédons un acte notarié émis en 1851 dans lequel nous stipulons clairement que la colonisation de notre territoire est illégale. Nous avons été carrément ignorés. Ce document et l’absence de traité constituent aujourd’hui une preuve légal qui démontre clairement notre position et qui à toute sa valeur sur le plan juridique. D’où la possibilité d’une éventuel poursuite en cour suprême qui, vue les éléments historiques, l’absence de traités et d’autres preuves matérielles, risque fortement de pencher en notre faveur. La poursuite est cependant notre dernier outil, un ultime recours.

Le Canada, surtout depuis le gouvernement Harper, a très bien démontré sa mauvaise foi en se retirant des tables de négociations. Le Québec par contre semble beaucoup plus ouverts mais n’a pas le choix de se retirer aussi dans la mesure où une entente n’est possible qu’entre les 3 parties, soit : Les indiens, le provincial et le fédéral.  La poursuite de 5 milliards mentionnée plus haut par Édith, n’est qu’une tactique qui sert à ramené les 2 gouvernements à nos tables de négociation dans la mesure où ils savent très bien que nous risquons de gagner notre poursuite et en sachant qu’ils ne veulent pas nous payer un montant aussi exorbitant. Cette information est malheureusement interprétée comme un manque d’intelligence des nations autochtones du Québec, qui supposément ont des folies de grandeur. Pour ma part je ne pourrai jamais blâmer l’ignorance.

Un autre espoir pour tout l’ensemble des nations du Canada demeure dans l’éventuelle ratification de la « Déclaration des droits des peuples autochtones » promue par l’ONU, ratifiée par 143 pays sauf le Canada, les USA, l’Australie et la Nouvelle Zélande. Bizarrement ce sont les 4 plus grands empires coloniaux établis en territoires autochtones. Le Canada, en avril 2010 a manifesté officiellement son approbation à ratifier la déclaration, mais à ce jour rien n’est encore signé. Si jamais le canada signait, il serait obligé de revoir et de renégocier tout les traités numérotés qui ont été signés depuis les 200 dernières années, du moins ceux où il est clairement démontré que les amérindiens ont été floués, ca veut donc dire tout les traités.

Voilà le portrait réel de la situation autochtone au Canada. Les faits juridiques mentionnés plus haut sont indiscutables, donc rien ne sert d’argumenter avec des bribes d’information mal interprétées et mal utilisées.

L’avenir de réside pas dans le « À qui la faute ! » mais plutôt dans le « Qu’est-ce qu’on fait maintenant ! »

 






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