Christian
Prouteau, fondateur et ex-commandant du GIGN (Groupe d’interventionde
la Gendarmerie nationale), unité d’élite concurrente du Raid (police),
critique avec sévérité l’intervention du Raid, jeudi à Toulouse. Il
explique notamment que l’assaut a été mené sans schéma tactique précis.
Cela vous étonne-t-il que l’opération du Raid se termine par la mort du forcené ?
Oui. Comment se fait-il que la meilleure unité de la police ne
réussisse pas à arrêter un homme tout seul ? Il fallait le bourrer de
gaz lacrymogène à très haute dose (« incapaciteur » respiratoire). Il
n’aurait pas tenu cinq minutes. Au lieu de ça, ils ont balancé des
grenades à tour de bras. Résultat : ça a mis le forcené dans un état
psychologique qui l’a incité à continuer sa « guerre ». D’autant qu’il
avait prévenu qu’il irait jusqu’au bout, qu’il finirait avec les armes.
Le forcené aurait pu avoirdes bouteilles de gaz ou un pain de plastique et faire exploser l’immeuble...
Oui. Habituellement, on évacue les voisins avant. En fait, je pense
que cette opération a été menée sans schéma tactique précis. C’est bien
là le problème.
Cette opération était-elle l’unique solution ?
Non. On aurait pu lui tendre une souricière. Attendre qu’il sorte et
le coincer. Cela peut paraître présomptueux mais, en soixante-quatre
opérations menées par le GIGN sous mon commandement, il n’y a pas eu un
mort.