@Aloha
Je ne me vois certes pas voter pour Sarkozy après tout ce qu’il a pu faire pour démolir les acquis sociaux et après l’expérience Libyenne, mais je ne sais que trop de quoi sont capables aussi les socialistes, et leur incompétence est telle qu’ils seront assurément responsables de démolitions encore beaucoup plus graves. C’est à eux qu’on doit par exemple la destruction du système d’instruction publique et on ne peut pas l’oublier. Les conséquences à long terme en sont incalculables. Etant donné ce que l’on sait de leurs orientations, leur politique extérieure sera encore pire que celle de Sarkozy, ce qui n’est pas peu dire.
Dès lors, je ne vois pas qu’il faille diaboliser de pauvres pantins (Sarkhollande) au service d’intérêts qui ne sont plus depuis longtemps ceux de la chose publique. Admettons que Sarkozy soit un Ben Ali. On crie « dégage ! » ; on s’exalte, et on se retrouve immédiatement après dans les bras d’une espèce de pieuvre rose bête et méchante qui ne vaut guère mieux que les salafistes et les Frères musulmans réunis.
Quels seront les bénéfices à peu près certains ? Les homosexuels pourront enfin se marier. Quelle victoire extraordinaire ! je ne vois pas pourquoi le mariage qui a toujours été perçu comme une connerie par les hétéros intelligents (« J’ai l’honneur DE NE PAS te demander ta main », chantait Brassens) deviendrait pour les autres quelque chose de sublime. Certes, on pourra se débarrasser des vieux et des infirmes en les euthanasiant puisque la masse le veut. Ca rappellera l’Allemagne de la fin des années 30. Progrès considérable ! Et puis, pour plaire à la clientèle verdâtre, on démolira quelques centrales nucléaires, ce qui aura pour effet d’accentuer notre dépendance par rapport aux pays du Golfe. Pour le reste, ce sera comme avant : la finance continuera à faire ses petites affaires et on aura encore moins de mal à démanteler les entreprises : si c’est la gauche qui s’en prend aux « travailleurs », ce n’est quand même pas comme si c’était la droite. Une amputation sous anesthésie idéologique, ça laisse des traces, évidemment, mais sur le coup on ne s’en rend même pas compte et c’est comme ça qu’on a détruit l’Education nationale. Pour toutes ces raisons, je n’irai évidemment pas voter. Vous pouvez toujours essayer de démolir cet argumentaire, mais je ne pense pas que ce soit très facile, et vous en viendrez nécessairement à quelque chose qui ressemblera à un acte de foi, à la foi du charbonnier. Je doute que vous réussissiez à me convaincre mais je ne vous interdis évidemment pas d’essayer !