@ Le taulier
La BCE ne peut qu’acheter des bons du trésor revendus par des banques commerciales, elle ne peut pas prêter directement aux Etats européens. Elle rachète donc aux banques privées de la dette grecque. En réalité, ce sont les Etats européens via les FESF et MES (c’est-à-dire l’argent des contribuables européens) qui prêtent à l’Etat grec qui ne remboursera pas sa dette puisqu’on ne peut pas continuer ad vitam eternam à financer un Etat qui est de fait en faillite.
La contrepartie de cette manoeuvre c’est que l’Etat grec vende tous ses actifs à des multinationales, que les entreprises privées grecques en manquent de liquidités et de croissance nationale soldent leurs actifs, que les droits sociaux des citoyens grecs soient abolis (c’est le fameux mémorandum).
C’est bien le pillage délibéré de la Grèce qui est organisé en échange de temps gagné avant la faillite (avances et prêts pour payer le fonctionnement de l’Etat).
Or, ce n’est pas en privant l’Etat grec de ses richesses réelles (grandes entreprises, concessions autoroutières/portuaires/aéroportuaires, richesses minières, terrains agricoles, biens immobiliers) que la Grèce pourra redémarrer. La catastrophe est en train de se jouer maintenant puisque leur monnaie drachme ne pourra plus être gagé sur des richesses (réserves de la Banque Centrale grecque) ni sur la croissance puisque nous sommes en train de leur piller leurs actifs.
Après, ils pourront dire, regarder la drachme s’est effondrée, il faut rester dans l’euro à tout prix sinon ce sera la catastrophe. En attendant, ils sont en train de couler tous les autres Etats qui prêtent à ceux en faillite, alors que leurs finances sont au plus mal. Face à la catastrophe grecque, ils pourront nous vendre la fin des acquis sociaux comme en Grèce, et déjà au Portugal, Espagne, Italie, et nous dire que le retour aux monnaies nationales, à la monétarisation d’une partie de la dette publique, c’est impossible alors que c’est la solution au désastre organisé.