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Commentaire de bluebeer

sur Pourquoi Vladimir Poutine aime-t-il Bachar El Assad ?


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bluebeer bluebeer 25 mai 2012 23:36

Bonsoir.

Article étrange tant il reste dans le superficiellement orthodoxe, enfilant sagement tous les lieux communs sur le thème.

Le titre - pourquoi Vladimir Poutine aime-t-il Bachar El Assad ? - est la première bizarrerie de votre article. Nul n’imagine que Poutine aime, ou doive aimer, Bachar El Assad. Par contre, il sous entend que Poutine est le Tsar et qu’il décide seul - un dictateur, et que par conséquent, il approuve la dictature de Bachar El Assad, par sympathie confraternelle en quelque sorte.

Poutine est donc méchant, tyrannique, et sa colère est orientée contre nous, vils adorateurs de la démocratie. Les Russes ont l’habitude d’exterminer leurs ennemis dans le sang - un million de morts en Afghanistan. D’ailleurs, ne réprime-t-il pas sauvagement les opposants de son pays. Ses flics ne tabassent-ils pas des femmes enceintes ?

Le peuple syrien quant à lui a soif de démocratie, comme les autres nations arabes, et ces malheureux voient leur aspiration légitime à la liberté spoliée par le Tyran démoniaque. Je vous remercie néanmoins d’avoir évité le cliché de l’ours russe.

Bon, quelques réactions en vrac.

Poutine est effectivement une espèce de tsar, mais il est un tsar élu démocratiquement. Et contrairement à ce que vous semblez penser, il a fort à faire avec ses boyards, qui ne sont pas non plus des femmelettes.

Les médias occidentaux aiment à dépeindre la sauvagerie de la répression policière à Moscou. Selon l’article qui suit, ils forceraient peut-être un peu le trait : http://www.realpolitik.tv/2012/05/alexandre-latsa-manipulation-des-images-et-guerre-mediatique/

Ça s’est déjà vu bien sûr. Ironiquement, les russes rétorquent et interpellent les occidentaux sur leur propre propension à la répression musclée : http://www.plenglish.com/index.php?option=com_content&task=view&id=507728&Itemid=1

La réponse du berger à la bergère...

La raison pour laquelle les russes soutiennent la Syrie est complexe. Néanmoins la clé de la réponse pourrait résider dans ce bel article, très intéressant : http://www.egaliteetreconciliation.fr/La-Syrie-centre-de-la-guerre-du-gaz-au-Proche-Orient-11885.html

Je ne suis pas un expert et je ne sais pas si tout ça est vrai, mais si ça l’est, alors, c’est franchement éclairant sur la motivation des uns et des autres dans la guerre syrienne. Vous noterez au passage que l’ogre Poutine ne hait pas les européens, il fait au contraire de plantureuses affaires avec eux. Avec les germanophones en tout cas. Stalingrad, Leningrad, c’est du passé.

Maintenant, je renonce à vous fournir des liens pour vous expliquer l’implication des nations étrangères en Syrie. Disons que si vous surfez sur http://mondialisation.ca/index.php?context=home, vous trouverez votre content.

Mais vous apprécierez sans doute la vidéo suivante :

http://cercledesvolontaires.wordpress.com/2012/05/24/exclusif-temoignage-de-pierre-piccinin-apres-ses-6-jours-de-detention-en-syrie/

Je la cite parce qu’elle devrait vous plaire. Il s’agit d’une interview de Pierre Piccinin qui vient de passer malencontreusement quelques jours dans les geôles de Bachar El Assad et qui en est ressorti passablement retourné, littéralement. Piccinin avait longuement plaidé contre une intervention en Syrie, et là, après quelques passages à tabac et surtout, après avoir assisté à quelques exécutions lors de séances de torture, il revient avec des idées plutôt opposées à celles qu’il a défendu ici même auparavant (http://www.agoravox.tv/actualites/international/article/pierre-piccinin-a-propos-de-la-33643 ou http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/syrie-propagande-et-media-105059).

Je pense que cette vidéo, son contexte, ses implications, pourraient amorcer un débat intéressant sur la Syrie, sur la question du devoir d’intervention humanitaire, sur la récupération systématique qui en est faite par chaque camp, sur la géopolitique des grandes nations qui se livrent des guerres par peuples interposés, sur ceux qui en payent le prix, quelque soit leur camp.

En tout cas, il s’agirait de réalités concrètes, pas de cette éternelle ritournelle de lieux communs qui anesthésie nos pensées et nos actions, qui nous empêchent de distinguer la forêt derrière quelques arbres judicieusement plantés. Vous abordez des réalités complexes, elle ne se satisfont pas de quelques clichés.

Bonne soirée et bonne lecture quand même.


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