L’Allemagne a cyniquement sacrifié sa population la plus fragile pour permettre aux éternels privilégiés de continuer à se vautrer dans leur auge. Le drame, c’est que l’indifférence et la soumission sont dans ce pays un art national, qu’il s’agisse de dévaster l’avenir d’une jeunesse - allez donc voir le genre de vie qu’on peut s’offrir avec un job à 400 euros - ou d’envoyer ses voisins dans un ghetto puis dans des camps de concentration. Ceux qui connaissent cette magnifique patrie de la liberté et de la compassion sauront ce que je veux dire en évoquant Oskar Lafontaine (ancienne étoile du SPD et co-fondateur de Die Linke) et les réactions qu’a suscité chez les élites socio-démocrates sa rupture avec un parti qui trahissait tout simplement la population au nom des intérêts financiers. Aujourd’hui, la plupart des Allemands tiennent sur la Grèce des propos dont ils devraient avoir honte, se souvenant que leurs pères éructaient les mêmes horreurs sur les juifs et une variété de sous-hommes tout juste bons à finir dans des fours. Cerise sur le gâteau, cet abruti de Cohn-Bendit (le Bendit ne serait-il pas de trop ?) croit venir au secours de la Grèce en comparant le mémorandum de la Troïka et les compensations de guerre de 1918. Où a-t-il vu le rapport entre 4 années de massacre et le fait, même s’il était avéré, de ne pas payer ses impôts ? Et comment ose-t-il insinuer que ses chers compatriotes, eût-on été moins exigeant avec eux, se seraient abstenus de suivre leur gnome moustachu dans son délire et de mettre à feu et à sang un continent ?
Ne serait-il pas temps de se demander avec qui et comment nous avons (très mal) construit cette Europe dont on nous vante les mérites jusqu’à l’écoeurement ?