Bonjour Jeremy971,
Je ne suis pas d’accord avec tout ce que vous dites, par exemple lorsque vous semblez, (ou bien j’ai lu trop vite), remettre en question le fait de « Combattre l’excision, le mariage forcé, ... » comme s’il s’agissait d’une ingérence liée à une attitude paternaliste. Je ne suis pas d’accord avec ce point précis pour deux raisons : l’une est que ces pratiques, où qu’elles aient lieu, font souffrir les femmes, et ensuite parce que si ces pratiques ont lieu dans un pays où cela est interdit, il faut les combattre sans se poser de question.
Je pense aussi que vous êtes un peu caricatural en parlant des gens de gauche dans leur ensemble.
Maintenant je vous rejoins totalement concernant cet espèce de paternalisme bienveillant de beaucoup de personnes qui voient en l’autre, sans même s’en rendre compte, un être intellectuellement et culturellement inférieur. Même lorsque ça ne mène pas à des attitudes extrêmes, ça provoque un malaise, par exemple cette façon de changer brusquement d’attitude dès qu’arrive « l’autre », de se comporter différemment avec lui d’avec son « semblable », de lui parler sur un autre ton, de tomber dans des clichés...
Comment faire comprendre, en effet, à quelqu’un (de droite ou de gauche, les comportements sont les mêmes partout) qui croit tellement bien faire qu’il a en fait une attitude condescendante ? ou du moins une façon condescendante d’aborder un problème donné ? Serait-ce un reste de mentalité colonialiste ? Qui habite inconsciemment tant de personnes parmi nous ? « J’apporte la civilisation et mes lumières... » Je pense que oui.
Pas besoin de prendre beaucoup de recul pour être choqué par la caricature de la journée de la femme. C’est vrai que de nombreuses femmes souffrent en Afghanistan et ailleurs (partout ailleurs) mais cela sent tellement le « moi je me crois supérieur et par conséquent je me crois autorisé à me foutre de la tronche des autres » que c’en est choquant.
En plus, je suis persuadée qu’aucune femme afghane voilée n’accepterait de se voir ainsi représentée à quatre pattes comme un chien. Quelle humiliation !
Quant à la photo en gros plan de la jeune fille au nez coupé, elle me choque tant que j’arrive même pas à la regarder.
Par contre, l’utiliser en couverture d’un magazine avec juste à côté le texte : « ce qui arrive si nous quittons l’Afghanistan », si ce n’est pas de la manipulation, je ne sais pas comment il faut appeler ça. C’est vrai que ça existe, ces atrocités, et c’est épouvantable, mais s’en servir pour manipuler une opinion publique, c’est malhonnête.