Bel article Caroline.
Vous faites bien ressortir le contre-sens que la religion a bâti sur l’amour dit platonique pour en faire un amour idéalisé et éthéré du soupirant transit, sans la bassesse supposée du « commerce charnel » comme on le nommait.
Or ce que Platon exprime dans le Banquet c’est que le désir charnel vise bien une idée, celle d’accéder du beau universel (éventuellement au bien) par le plaisirs du corps.
Cette beauté universelle s’incarne de façon explicite dans le Banquet, le corps androgyne de l’éphèbe, corps encore non atteint par les stigmates du temps et la mue de la virilité, dont les manifestations étaient pour les grecs une rupture avec la beauté universelle.
Il ne faut pas oublier que ce dont parle Platon c’est qu’il s’agit d’une relation à double sens et donc en retour l’éphèbe était « éduqué » par un homme plus mûr,
capable de montrer peu à peu au jeune homme que le désir sensuel peut
conduire à l’amour de la vérité. Platon explique que l’amour est un approfondissement de l’échange intellectuel et non le contentement égoïste de soi.
« L’amour platonique » n’est pas
platonicien. C’était un parcours initiatique dans lequel l’érotisme est un chemin vers la philosophie.
« Qui n’aime pas ne pourra jamais philosopher », Platon
A l’extrême opposé de ce qu’est devenu le sexe aujourd’hui, ou la pornographie détruit l’érotisme et autrui est réduit à son utilité copulatoire.