Il ne faudrait pas tout mélanger, ça ne rend pas service au débat. Nous avons, en gros, trois problèmes.
1) Un problème de santé publique : évaluation des effets au long cours, surtout sur des adolescents et « pureté » des produits en circulation.
2) Un problème de sécurité publique : la pénalisation enrichit les réseaux maffieux et finance d’autres activités criminelles, c’est indiscutable.
3) Un problème financier : la tentation de l’État de se mettre dans la poche une manne qui lui échappe, pour le moment.
Il conviendrait de bien voir les effets et les conséquences de décisions à venir sur ces trois points. Il n’est pas sûr que ce serait positif partout.
Concernant les effets négatifs ou positifs du THC, il n’y a pas à les opposer, les deux existent, c’est tout. Pour ce qui est des « absences mentales » je m’inscrirais en faux. En trente ans d’activité j’ai pu voir que si le produit peut servir d’anxiolytique chez certains (à dose raisonnable) il peut aussi faire éclater des psychose chez d’autres. Psychoses sous-jacentes qui en seraient peut-être restée là si elles n’avaient pas rencontré ce produit. A avoir en tête quand on parle de drogues, la définition d’Olivenstein de la toxicomanie : la rencontre d’un produit avec une personnalité, à un moment de la vie (ce qui éclaire la question de pourquoi certains plongent alors que d’autres s’en tiennent à une consommation festive).