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Commentaire de volt

sur Entretien exclusif avec Jean Soler : De quoi Dieu est-il le nom ?


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volt volt 28 décembre 2012 21:42

Je n’ai jamais précisé que l’interprétation métaphorique devait nécessairement porter « sur le pire », je m’en tiens à la question particulière de Canaan, qui certes désigne un peuple au premier abord, mais surtout un principe : s’en tenir d’abord à l’épisode de Noé et ses fils, ensuite au coeur du Lévitique où les listes énumérées d’exactions dépassent le simple cadre d’un seul peuple porteur de tout cela, il s’agit bien d’un principe ; partout ailleurs, le verbe « Canna’a » - car c’est d’abord un verbe - c’est bien il « humilie », il « abaisse ». 

En finir avec Canaan concerne donc d’abord un travail sur l’élimination de cela comme comportement, et jusqu’à la racine, et en cela, la fréquentation de certains forums fait qu’on y peut, sans y prendre garde, y plonger soi-même. A moi donc de travailler josuesquement sur mon résidu cananéen...

Sur la question de savoir qui a le droit de dire ce qu’il en est de la métaphore et de son ampleur, il y a des générations entières qui traversent la tradition, et notamment les zoharistes, qui s’ils n’étaient tenus à réserve, se permettraient peut-être d’énoncer leur principe, si freudien au fond, que toute la succession patriarcale pourrait voire devrait être lisible sur le plan premier de l’événementialité intrapsychique. 

En ce sens les goyyîm, et Canaan parmi d’autres, désigneraient une topique et une dynamique intra-individuelle, d’où d’ailleurs l’absence de traces archéologiquess notables ; la sortie d’Egypte ne relève-t-elle pas d’abord d’un triomphe du Verbe ? Ne savons-nous pas que le mot « mitsraïm » (egypte) avant même de désigner une lutte, en réfère au domaine intestinal, d’où cette lutte contre les eaux vers l’assèchement - ce qui n’est pas sans rejoindre toute une pensée de l’antiquité grecque notamment héraclitéenne sur la psyché comme tentée par l’eau, plongée dans l’humide, mais trouvant son salut selon le principe du sec flamboyant ? un peu encore comme dès genèse 1, un ces eaux qui se rassemblent en un lieu unique afin que la terre apparaisse ?

Le paradoxe que vous cherchez à pointer entre métaphore et révélation transcendentale est justement ce qui est progressivement levé dans la tradition par la confrontation des interprétations, et cela en continu, aussi bien par les rabbins du zohar que par les talmudistes - travail ouvert, mais où la règle est le plus souvent justement que l’on s’en tient à la métaphore ; en tout cas, quel que soit le poids du « réel » on n’oublie jamais la présence de cette dernière.

Considérer que le métaphorique est anti-religieux parce qu’il ouvre à la contradiction comme vous l’avancez, cela est possible, et même très défendable, mais c’est une claire sortie de la tradition hébraïque qui est spécifiquement fondée là-dessus ; il n’est pas une page du talmud voire du zohar ou autres, où l’on trouvera une position tranchée : toujours on nous proposera d’abord la contradiction ouverte. Toute autre abord de la judaïté relève de la greffe, de l’artifice, ou de la profonde méconnaissance du domaine.


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