Malgré toute l’antipathie que je ressens pour Florence Cassez, et mon exaspération devant ce battage médiatique, j’ai des doutes sur le propos de votre article. Fonder son propos sur sa « beauté » est un peu léger, voire carrément douteux. Si on vous suit, une femme jolie à regarder serait donc automatiquement présumée mauvaise à l’intérieur. C’est un peu le syndrome du péché originel, et ça a suffisamment coûté aux femmes depuis la nuit des temps pour que l’on s’élève contre ce genre d’argument. A mon avis, c’est totalement involontaire de votre part mais il faut juste faire attention à ça car c’est la porte ouverte à la haine des femmes.
Son « regard dur » et son apparente force ne signifient rien non plus : ce n’est que notre perception, à travers un écran de TV qui plus est. Certaines personnes traumatisées donnent l’impression de ne pas souffrir, et pourtant... Il y a des gens qui ne montrent pas leurs sentiments : j’ai connu quelqu’un qui avait perdu l’un de ses parents et très vite, à son retour au boulot, il rigolait à toutes les blagues comme d’habitude. Cela veut-il dire qu’il ne ressentait rien ? J’en doute fort. C’est une carapace, rien de plus.
Ce qui est plus suspect, en revanche, c’est effectivement cette impression de familiarité avec les caméras dont fait preuve Cassez. Ce contrôle de son image : ça ne s’improvise pas, ça. Évidemment, il y a encore quelque chose de subjectif dans ce constat, mais il est vrai qu’on a l’impression qu’elle connait ça par cœur et on ne peut s’empêcher de penser que cette aisance est le résultat de toute une campagne médiatique orchestrée depuis des années.
J’en rajoute une couche sur ses parents : avant même l’arrivée de Cassez à l’aéroport, sa mère était sur le plateau de Canal + pour raconter son émotion à Laurence Ferrari et ses copines. Vous ne trouvez pas que c’est le comble de l’indécence ?
En tout cas, les médias auront été consternants d’un bout à l’autre. Je viens encore de regarder La Nouvelle Edition sur Canal + et l’une des chroniqueuses a osé comparer Florence Cassez à Florence Aubenas... C’est bien ce que je pensais : en France, on traite l’affaire comme s’il s’agissait de la victime d’une prise d’otage, kidnappée elle-même par des terroristes. Alors que justement, c’est ELLE qui est accusée d’avoir kidnappé des innocents. Quelle ironie...