Il y a des gens qui ont intérêt à ce que l’EN aille mal. Et ils font tout pour. Le néolibéralisme (Friedman et les Chicago boys, Reagan, Thatcher, ...) veut que l’éducation et la santé soient aussi privatisées et deviennent source de profits, et par une mise en concurrence atroce. Au détriment de qui ? de la frange la moins aisée de la population. Ils n’ont rien à faire de la solidarité nationale.
Pourquoi Sarko a-t-il supprimé la formation professionnelle des enseignants ? Pourquoi l’actuel gouvernement ne la rétablit-il pas ? Ce serait le seul métier difficile sans formation pro ?
Allons regarder les pays qui sont bien placés dans les évaluations internationales appelées « PISA ». Regardons le taux d’encadrement dans leurs écoles et leurs lycées. Et tirons les conclusions qui s’imposent, puisque nous sommes devenus si mauvais. Evitons surtout les statistiques EUROSTAT, rarement objectives, pour savoir ce qui se passe et combien dépense chaque pays dans son système d’éducation.
Un seul exemple parce que je le connais bien : les enseignants allemands sont formés pendant 4 ou 5 ans, directement après le baccalauréat, dans une voie spécifique, à la « Pädagogische Hochschule ». Dans les quartiers difficiles des grandes villes, ils connaissent les mêmes problèmes qu’en France, mais ils sont mieux préparés et surtout mieux payés. Ce qui n’empêche pas que certains flanchent, c’est devenu trop dur dans certains milieux (à Berlin, il a fallu fermer deux Hauptschulen et répartir les élèves dans toute la ville, c’était la guerre entre Turcs et Africains, paraît-il).
Dans les entreprises allemandes, autrichiennes, suisses, des formateurs payés par la boîte sont spécialisés dans la formation des apprentis qui continuent à fréquenter l’école un jour ou deux par semaine. Qu’attendent les patrons français ? Jusqu’à maintenant, la plupart se dérobent. Mais il y a une petite prise de conscience.
Commencer la formation professionnelle plus tôt ?
Quand les patrons sauront vraiment former les apprentis, les enseignants changeront leur attitude à leur égard. Ils savent reconnaître les bons patrons, ceux qui sont de vrais formateurs.
Mais que faire quand ce sont les enseignants eux-mêmes qui ne sont plus formés à leur métier ? Les IUFM avaient besoin d’être réformées, pas supprimées. Nous cherchons encore un ministre de l’Education qui soit vraiment compétent et sache adapter à la France les « meilleures pratiques » de l’étranger. Puis il faudra montrer l’estime que l’on porte aux enseignants en leur donnant un salaire comparable et des conditions de travail équivalentes.
Combien de temps faudra-t-il espérer cela ?