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Commentaire de Roger le Suisse

sur La sécurité sociale est-elle un monopole ?


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Roger le Suisse 15 février 2013 11:01

Le système est aujourd’hui miné par toutes les exonérations de « charges » (qui sont réellement des cotisations) qu’on a offert aux entreprises qui n’arrêtaient pas de se plaindre parce que leur taux de profit n’est jamais assez élevé.

Ici, vous évoquez sans doute les multinationales. Ne confondez pas tout, merci. En qualité de solopreneur, je n’ai aucun traitement de faveur, qu’on parle d’exonération ou autre. Au contraire, je paie pour maintenir des intérêts corporatistes, au détriment des miens, simplement parce que, en France, l’indépendant est perçu comme une vache à lait, le bon couillon qu’on peut tondre constamment. Cotiser, oui, aucun problème, mais alors je réclame le même traitement de faveur que la caste des fonctionnaires.

D’autre part, les cotisations que l’on donne aux mutuelles permettraient d’augmenter les prestations et les rentrées d’argent tout en faisant l’économie des agents de ces mêmes mutuelles.
Si on devait toujours faire des économies, on ferait des coupes sombres dans la fonction publique. Et si l’Etat jouait vraiment son rôle de régulateur, il s’attaquerait à la spéculation et favoriserait la création d’entreprise en laissant les gens qui le veulent profiter des fruits de leur labeur. Encore une fois, je parle ici des petits boîtes, pas de multinationales. Prenez le cas d’une SARL et du cycle de l’argent (je ne parle que de l’Etat, là). Sur 100 euros hors taxes de chiffre d’affaires encaissable par le gérant, grosso modo, l’Etat aspire 31 euros au titre des charges sociales (je parle de charges, car je cotise pour presque rien en retour et que ça sort de ma poche, mais ça il faut aller gagner son argent chez les clients pour bien l’assimiler, au lieu d’attendre son chèque de fin de mois qui tombe sans se demander d’où vient le cash). Reste 69 euros. Là-dessus, l’IRPP remet une couche assez conséquente (je ne parle même pas de l’IS) alors que je dois souscrire à tout un tas de systèmes privés si je veux m’assurer contre le chômage, protéger ma santé, etc. Et si j’en avais besoin, à l’instar de nombre d’indépendants qui ne roulent pas sur l’or comme vous semblez le croire à l’envi, eh bien, le statut même d’indépendant me fermerait l’accès à toute la nébuleuse d’aides sociales (CAF & co). Je veux acheter mon logement ? La croix et la bannière, les banques jugeant mon profil trop risqué et donnant la priorité aux fonctionnaires (ça en dit long).

Voilà les vraies raisons pour lesquelles le système ne fonctionne plus (ou très mal).
Il faut supprimer toutes ces exonérations et partager de façon plus équitable les profits.
Le système fonctionne mal parce qu’il est utilisé au seul profit de la caste de fonctionnaires.

En ce qui concerne le système suisse, il coûte deux fois plus cher qu’en France, c’est logique que cela fonctionne mieux dès l’instant où l’on y met les moyens.
Et alors ? Où est le problème ? Vous faites l’aveu par cette remarque que même dans un système reposant sur les services privés fliqués par l’Etat, ça fonctionne mieux qu’en France ! 

Sans les couillons comme moi qui créent de la valeur et font vivre directement, ou indirectement, des familles (je n’ai pas de salarié en France, mais je contribue indirectement à ceux versés par mes fournisseurs), ils vivraient de quoi les fonctionnaires ? 

Cessez de me jeter à la figure les pratiques hautement contestables des multinationales comme si les indépendants cristallisaient tous les vices de ce monde de merde. J’ai ma conscience citoyenne tranquille. Je gagne ma vie à la sueur de mon front. Je me comporte de façon responsable en faisant mes courses auprès des petits commerçants de quartier eu lieu de filer mon argent aux supermarchés. J’aide les gens dans le besoin. Etc. Je ne suis pas un monstre sanguinaire, prêt à écraser les autres pour réussir toujours plus. Mais je trouve abject qu’on me déleste d’une grande partie de mon argent durement gagné pour financer la caste des privilégiés et qu’on me désigne comme bouc émissaire alors que je n’ai techniquement droit à rien ou presque. Balayez devant votre porte.


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