La principale plaie de notre démocratie, ce n’est ni le mille-feuilles administratif, ni le coût des élus.
C’est le statut et la fonction des élus.
On nous serine depuis une décennie que l’exercice des mandats constituent une profession et qu’il faut donc « professionnaliser » le travail des élus. Le recours à ce néologisme anglo-saxon n’est pas neutre. Si les élus sont des « professionnels », pourquoi ne voudraient-ils pas de très hauts salaires et un plan de carrière qui exclut le non-cumul des mandats. Sauf que un élu n’est pas élu pour ses diplômes ou ses compétences techniques, il est en principe élu pour exercer un mandat confié par le peuple et c’est la seule source de sa légitimité.
Arguer de la pluralité des mandats pour asseoir ses compétences n’a aucun fondement juridique ou institutionnel, il n’a même pas de fondement politique ou moral.
Le rôle d’un parlementaire est de faire les lois, non de représenter ses électeurs. Ce n’est pas pour mieux légiférer que nos députés se précipitent dès le jeudi soir dans leur circonscription mais pour être réélu.
Tant que l’exercice des mandats sera objet de convoitise et non de difficile obligation, la démocratie sera pervertie.
Même si le débat sur le tirage au sort est passionnant, il importe prioritairement de limiter à un mandat non renouvelable le parlement et les pouvoirs territoriaux.